Lecture / Ecriture
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La part du colibri de Pierre Rabhi

Pierre Rabhi
  Vers la sobriété heureuse
  Le monde a-t-il un sens ?
  La part du colibri

Serge Orru a consacré un ouvrage à Pierre Rabhi

La part du colibri - Pierre Rabhi

Rabhi pour débutants
Note :

   Un étrange phénomène, ce Pierre Rabhi, tout le monde l'entend, je crois que personne ne peut soutenir dans une discussion argumentée qu'il a tort, et pourtant la majorité des gens continuent à faire comme s'ils ignoraient tout cela. C'est très étonnant (nonobstant le fait que c'est consternant). En tout cas, ce tout petit livret fera que vous n'aurez plus aucune excuse si vous ignorez encore sa philosophie, car en moins de 50 petites pages, il vous en dit le principal.
   
   Tout d'abord, le titre :
   P. Rabhi a fondé le mouvement écologiste Colibris qui "tire son nom d’une légende amérindienne (que l'auteur répète sans arrête, donc, si vous connaissez, sautez le paragraphe)
   Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! " Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part.""

   C'est l'attitude qu'il nous demande d'adopter face aux problèmes écologiques.
   
   Ensuite, les idées :
   Vous avez ici, extrêmement résumées, mais en contrepartie extrêmement rapidement consultables, la philosophie de base de l'auteur.
   "Nous passons notre temps à oublier que nous vivons sur une planète limitée à laquelle nous appliquons un principe illimité . (…) tout ce que nous avons trouvé à faire, c'est le choix de l'antagonisme comme principe de vie : individu contre individu, nation contre nation, religion contre religion, etc., (...)Autrement dit, l'humanité, probablement sous l'effet de l'insécurité psychique et de l'angoisse, n'a pas compris que convivialité et solidarité valaient beaucoup mieux que division, compétitivité et accaparement sans limite, générant une sorte d’anthropophagie structurelle, où l'excès de la minorité génère l'insuffisance et la précarité de la majorité."

   
   Evidemment, c'est plus facile à dire qu'à faire, tout étant organisé, y compris notre conditionnement depuis la naissance, en fonction de ce principe de compétitivité intégré comme une loi aussi indiscutable que l'attraction terrestre. En fait, c'est même très difficile ; et difficile aussi de bien s'orienter.
   "Encore faut-il se libérer des vieux schémas et des références périmées qui nous rendent impuissants à penser le monde autrement."
   
   Rabhi donne une clé : retrouver et suivre les vraies lois de la nature. Reconnaitre nos vrais besoins des faux, s'attacher à satisfaire les premiers et refuser d'écouter les seconds malgré la publicité qui entretient une sentiment de manque permanent. Il n'y a pas que les estomacs de nos obèses qui ne reconnaissent plus la satiété, c'est tout notre être, à tous.
   "Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n'est pas de produire et consommer jusqu'à la fin de nos vies mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes."
   
   L'opuscule se termine par quelques lois de base.
   Evidemment, si vous connaissez déjà les thèses de Pierre Rabhi, il vaut mieux choisir un de ses livres plus complets, ici, il survole seulement.
   
   En ce moment fait rage une polémique autour de Pierre Rabhi. Est-il un affreux réac ? Ses positions en matière sexuelle sont un brin hyper classiques, et même, dépassées (mais le monsieur a 80ans). Est-il un exploiteur ? (nombreux sont ceux qui viennent un temps travailler gratuitement sur ses terrains). Bon, les Chantiers de bénévoles pour le patrimoine en font autant et on ne reproche rien au ministère de la Culture. Est-il de droite ? Probablement. On lui a reproché pêle-mêle de ne pas être assez qualifié en agriculture... d’avoir trop de liens du coté de l'extrême droite... Bref, peut-être un peu de vrai, mais surtout l'impression que pour une raison qui nous échappe encore, ou tout simplement parce que ses idées commencent à gagner trop de terrain, tout le monde lui est tombé dessus en cet été 2018 pour les motifs les plus variés. Une sorte de lapidation à petites pierres, personne ne semblant avoir réussi à apporter du lourd. N'ayant nul besoin de gourou, je ne suis pas plus accessible au dévissage d'idole. Je conserve mon objectivité dans cette polémique d'autant que je ne vois pas pourquoi avoir tort sur l'homoparentalité impliquerait forcément qu'on se trompe aussi sur l'écologie. Je ne suis pas plus pro-Rabhi qu'anti-Rabhi, estimant qu'il se trompe sur certains points et a raison sur d'autres... Faites-vous donc votre propre idée.

critique par Sibylline




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