Lecture / Ecriture
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Tsubaki (Le poids des secrets/T 1) de Aki Shimazaki

Aki Shimazaki
  Hotaru (Le poids des secrets/T 5)
  Tsubaki (Le poids des secrets/T 1)
  Hamaguri (Le poids des secrets/T 2)
  Zakuro (Au cœur du Yamato/T 2)
  Tsubame (Le poids des secrets/T 3)
  Wasurenagusa (Le poids des secrets/T 4)
  Mitsuba (Au cœur du Yamato/T 1)

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Tsubaki (Le poids des secrets/T 1) - Aki Shimazaki

Ce passé qui ne passe pas...
Note :

   Née de parents japonais qui se sont installés de l'autre côté de l'océan (au Canada où vit l'auteur ?) après la deuxième guerre mondiale, Namiko, la narratrice de ce court roman, et son petit garçon se partagent entre deux cultures, deux histoires. Et cet entre-deux nourrit une facette intéressante de ce "camélia" (puisque telle est la signification du mot "tsubaki") où l'on peut grappiller une foule d'informations, brèves annotations, sur l'histoire, la culture et la gastronomie japonaises...
   
   Mais ce n'est là en quelque sorte que la partie visible de l'iceberg, car la mère de Namiko, Yukiko, a légué à sa fille et à son petit-fils un passé bien plus lourd encore. Restée toute sa vie d'une discrétion absolue au sujet de ses souvenirs de guerre - des souvenirs dont on se doute bien qu'ils sont terribles car elle se trouvait à Nagasaki le jour de la bombe -, Yukiko a décidé, juste avant de mourir, de rompre le silence et de laisser à sa fille un cahier noirci de ses confidences, ou peut-être de sa confession. "Il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais. Pour moi, ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique." Cette remarque sibylline prononcée par Yukiko la veille de sa mort laisse présager d'autres secrets. La liaison que son père avait toujours tenu cachée, le fils qui en était né - le demi-frère de Yukiko, donc. Ou bien une vérité plus noire? Un secret plus lourd?
   
   Le récit de Yukiko, qui occupe une bonne part de "Tsubaki", entrecoupé des réflexions de Namiko, est étrangement lisse. Propre. Aseptisé. Comme tiré au cordeau et imprégné d'un ordre, fut-il factice, qui ne laisse rien échapper... C'est presque trop lisse, trop propre. Et cela me laisse intriguée plutôt que franchement séduite. En tout cas très curieuse de découvrir la façon dont Aki Shimazaki a fait évoluer son oeuvre car "Tsubaki" est le premier volet d'un cycle, intitulé "Le poids des secrets", qui en compte cinq au total.
   
   Suite au prochain épisode...
   
   
   Le poids des secrets:
   
   1. Tsubaki, 1999

   2. Hamaguri, 2000
   3. Tsubame, 2001
   4. Wasurenagusa, 2002
   5. Hotaru, 2005
   6. Tsubaki, 2009
   7. Yamabuki, 2013
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critique par Fée Carabine




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Secrets de famille
Note :

   Il me semblait difficile de parler séparément des cinq romans composant la pentalogie du "Poids des secrets" d'Aki Shimazaki sans tomber dans la redondance... d'autant que je les ai lus les uns à la suite des autres.
   
   Tsubaki commence le cycle du "Poids des secrets" avec Yukiko en personnage principal, celui qui va mettre le doigt sur une faille qui fera basculer son univers mais aussi revenir à la surface les secrets de famille dus au poids des traditions.
   
   Yukiko a atteint l'âge mûr maintenant. Sa mère, survivante de la bombe de Nagasaki, se meurt. Elle a toujours été réticente à parler de la guerre, de la bombe, de son passé. Yukiko n'ose la presser de questions malgré son immense envie, le poids des traditions est là: on ne dérange pas un aîné par des questions inopportunes. Le fils de Yukiko, lui, n'a pas ce frein et ne cesse de questionner sa grand-mère, lui qui est issu d'un mariage mixte américano-japonais! Yukiko s'interroge et souffre de son ignorance, elle qui porte le même prénom que sa mère.
   
   Cette dernière décède et son avocat transmet à Yukiko deux enveloppes: l'une lui est adressée, l'autre à quelqu'un qu'elle ne connaît pas. A la lecture de la lettre de sa mère, des voiles tombent: elle apprend ce qui pesait tant sur l'âme et la conscience de sa mère. Elle a commis un acte terrible... le parricide! Mais en est-ce vraiment un? Avait-elle une raison de haïr à ce point son père? C'est la question qui vient tout de suite à l'esprit du lecteur qui, éclairé par quelques pistes, ne peut juger durement la jeune Yukiko de Nagasaki qui aimait tant les tsubaki, les camélias rouges dont elle parsemait la mare avec les pétales. Tsubaki qui, sous la plume de Shimazaki, ont une grâce presque irréelle.
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critique par Chatperlipopette




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Transmission
Note :

   La mère de Namiko, Yukiko, vient de mourir. C'était une survivante de la bombe de Nagasaki, évènement sur lequel elle a toujours observé le silence. Pourtant, dans les dernières semaines de sa vie, elle a accepté d'en parler à son petit-fils et en mourant, elle a laissé deux lettres à Namiko. La première lettre lui est destinée et lui révèle des secrets que Yukiko avait gardés pour elle toute son existence. La deuxième ... il n'est pas nécessaire d'en dire plus, c'est toute l'histoire de ce court roman, qui se dévore d'une traite.
   
   L'écriture est simple et épurée, comme savent le faire les japonais et elle coule vraiment avec grâce. L'histoire est très prenante et touchante, nous nous retrouvons au Japon, avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Yukiko dévoile sa vie d'enfant et d'adolescente avec le drame qui l'a brisée. Le contexte historique est très important bien sûr et Aki Shimazaki excelle à décrire la mentalité et l'atmosphère de l'époque, bien loin de nos propres ressentis d'occidentaux.
   
   C'est cependant l'histoire sentimentale qui est mise en avant dans ce premier roman d'une série qui en comporte cinq.
   
    A noter que Aki Shimazaki est japonaise d'origine, mais vit maintenant au Canada et qu'elle écrit directement en français.
   
   * Tsubaki veut dire camélia.

critique par Aifelle




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