Lecture / Ecriture
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Une catastrophe naturelle de Margriet de Moor

Margriet de Moor
  Le peintre et la jeune fille
  Une catastrophe naturelle

Margriet de Moor est le nom de plume de Margaretha Maria Antonetta Neefjes, écrivaine néerlandaise née en 1941.

Une catastrophe naturelle - Margriet de Moor

Une lecture impressionnante
Note :

   Il est des livres dont on retarde la lecture… pour des raisons évidentes. Lors de la tempête Xynthia, à La faute sur mer, en février 2010, non loin de chez toi, la mer n’a pas été retenue très longtemps par des digues censées parer à toute épreuve, et l’eau a rapidement envahi les lotissements et les habitations construites en zone inondable. Il y a eu de nombreux morts. Une de tes collègues faisait partie des rescapées. Quand on tente de gagner du terrain sur la mer… L’envie de lire sur le sujet est donc parti avec la présence trop proche d’une réalité tangible. Ce livre était sorti en janvier 2010, on en parlait beaucoup. Et là, les derniers ouragans t’ont bizarrement donné envie de l’ouvrir enfin, ce fameux livre, qui parle d’une catastrophe naturelle, réellement survenue aux Pays Bas en 1953.
   
    Encore des digues, du terrain gagné sur la mer par les hommes. 1853 personnes décédées ou disparues. Armanda, avant cette catastrophe, avait convaincu sa sœur Lydie, jeune mère de famille, de partir à sa place en Zélande, passer le week-end avec sa filleule, dont c’est l’anniversaire. Lydie est enchantée de cette escapade, sans se douter du danger qui l’attend. Les deux sœurs se ressemblent énormément et Armanda prend facilement le rôle de Lydie pour ce week-end. Elle part à la place de sa grande sœur pour une soirée au bras de son charismatique beau-frère. Faire face ensuite à la disparition de Lydie, se glisser dans son existence, presque sans culpabilité, épouser son mari, avoir deux autres enfants de lui, est une étrange et simple chose pour Armanda… Et toi lectrice, tu suis à la fois le lent et terrible calvaire d’une inondation sans échappatoire et la trajectoire d’une famille qui tente de vivre malgré et avec l’absence.
   
   Un très beau roman, à la langue parfois abrupte (la traduction du néérlandais ?), qui recèle aussi de très beaux passages. Tu te souviendras longtemps de cette fin fraternelle et tu as particulièrement aimé cette déambulation d’Armanda dans les rues, tourneboulée par la mort de son père, et qui s’adresse à des inconnus pour le raconter. Tu n’oublieras jamais non plus les cris dans la nuit, l’eau qui monte sans fin, et ces mains qui lâchent prise. Une lecture impressionnante.

critique par Antigone




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