Lecture / Ecriture
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Vipère au poing de Hervé Bazin

Hervé Bazin
  Vipère au poing

Vipère au poing - Hervé Bazin

Voir les feuilles à l'envers
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   "Ce roman, le plus célèbre de l'auteur, est aussi largement autobiographique. Comme dans l'ensemble de son oeuvre, Hervé Bazin y donne les raisons de sa haine et de son combat contre toutes les oppressions familiales et sociales. Vipère au poing raconte la lutte impitoyable livrée par Brasse-Bouillon, alias Jean Rezeau, ainsi que ses frères, contre leur mère, une marâtre odieuse, calculatrice et violente. Folcoche, ainsi que ses enfants la nomment, règne avec autorité sur une famille angevine bien-pensante, ne lésinant pas sur les coups de fouet, les brimades et les humiliations. Mais Brasse-Bouillon est malin, vif et clairvoyant. Il affronte sa mère en lui tendant à son tour les pièges qui l'aideront à avoir raison d'elle.
   Au premier degré, le livre possède un incontestable humour qui marque les esprits (inoubliable Folcoche, parangon de méchanceté !). Mais, il est avant tout un cri d'enfant et la dénonciation d'un certain modèle d'éducation qui fit longtemps les beaux jours des familles françaises. Pour son auteur, cela reste à tout jamais un traumatisme et un échec."

   
   
   "Chaque dimanche, il me suffit d'être sous le cèdre où Madeleine vient chercher sa ration hebdomadaire de feuilles à l'envers".
   Je retrouve dans cette phrase une expression que j'apprécie particulièrement : "regarder, voir ou contempler les feuilles à l'envers", qui signifie faire l'amour au grand air. C'est d'ailleurs cette phrase qu'utilise comme exemple "Le Trésor de la langue française", avec celle-ci, tirée de "La Terre", de Zola :
    "Avec ça que vous êtes arrivée à l'âge de trente-deux ans sans avoir vu la feuille à l'envers !"

    Le TLF précise toutefois que l'expression ne peut être utilisée qu'avec un sujet féminin. Le village de Vioménil dans les Vosges, possède une place Hervé-Bazin. L'écrivain était venu l'inaugurer en 1982, après être entré en correspondance avec André Poirot, professeur à Darney, à qui il expliquait la genèse de son livre :
    "Mon père s'est marié en 1909 et mon frère Ferdinand est né en décembre. Moi en avril 1911. Notre benjamin en août 1912. Aussitôt nés, nous avons été confiés à notre grand-mère. Papa a été grièvement blessé en 1916, réformé puis envoyé en Chine où il resta après l'armistice parce qu'il s'y était fait une belle situation. Grand-mère mourut en 1920, et ses [sic] parents durent rentrer. Nous ne les connaissions pas, nous n'avions aucun souvenir d'eux et ils n'étaient pas très chauds eux-mêmes pour reprendre trois enfants qui leur faisaient perdre les "avantages coloniaux" bien connus de ce temps-là. Ce fut le choc raconté dans "Vipère au poing". La vie commune s'avérant impossible, notre père nous mit chez les jésuites, au Mans. Mais le mal était fait et ils eurent fort à faire avec nous."

    Renvoyé du Mans, Hervé Bazin fut confié par son père à l'abbé Maire, curé de Vioménil, auprès de qui il apprit le latin et le grec dans les années 1923 et 24. De Vioménil, Bazin se rendait fréquemment à Gruey-lès-Surance, distant de 7 kilomètres, c'est du moins ce qu'on m'a affirmé là-bas. A cette date, Ernest de Gengenbach, l'enfant du pays, était déjà parti au séminaire mais il n'est pas interdit de penser qu'à l'occasion d'un retour au bercail il ait pu croiser Hervé Bazin.

critique par P.Didion




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