Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

M comme: La légèreté de Catherine Meurisse

Catherine Meurisse
  M comme: Mes hommes de lettres
  M comme: Moderne Olympia
  M comme: La légèreté

M comme: La légèreté - Catherine Meurisse

Je suis Charlie
Note :

   "Marre des gens de passage, je veux de l'immuable, que plus rien ne passe ni s'effondre"
   

   Il y a deux ans, jour pour jour, Catherine Meurisse, journaliste de presse à Charlie Hebdo, rumine un chagrin d'amour dans son lit, loupe son bus et arrive en retard au boulot.... ce qui lui vaudra d'échapper au massacre de l'équipe de rédaction du journal par les frères terroristes Kouachi.
   
   Saine et sauve mais terriblement traumatisée, Catherine n'a plus goût à rien. La mémoire lui fait défaut, elle perd l'inspiration, tout l'indiffère ou lui rappelle le drame du 7 janvier. Le soutien de son psychiatre, de ses amis, dont Sigolène Vison, rescapée du carnage, et la fille du dessinateur assassiné Honoré, l'amènent à chercher une échappatoire, après de longs mois de souffrance : le retour à la vie se fera à la manière de Stendhal, du moins le croit-elle. L'écrivain est à l'origine du fameux syndrome: la beauté de toute part, qui éloigne la barbarie et provoque le malaise (l'extase?)... Mais où trouver la beauté dans un monde qui semble s'écrouler? Dans les musées, grâce à la musique, à la poésie (aaah, les mots de Baudelaire...) parmi les ruines antiques, à la Villa Médicis...
   
   La lecture de cet album est un hasard. Je suis tombée dessus à la bibliothèque et suis revenue sur mes pas après un autre emprunt. Je ne le regrette pas et l'ai même lu deux fois. Beaucoup d'humour au milieu des larmes, (l'esprit Charlie demeure, Catherine est victime de "déformation professionnelle" et nous fait sourire lorsqu'elle croit voir un côlon géant dans une église), des dessins à la fois émouvants et marrants comme tout, ( si petite Catherine, perdue dans son grand manteau...) une table de rédaction reconstituée avec Cabu, Honoré, Tignous... qui émeut terriblement. De très belles et déchirantes doubles pages à l'aquarelle : Catherine traverse les murs, à l'appel du cri de Munch, se retrouve face à l'océan, retourne sur des lieux qui lui sont chers, admire des tableaux... Et retrouvera au bout du chemin une certaine légèreté. Car selon Nietzsche "nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité".
   

   Un magnifique album que celui-ci. Une lecture indispensable pour ne pas oublier

critique par Une Comète




* * *