Lecture / Ecriture
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Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin

Valérie Perrin
  Changer l'eau des fleurs

Changer l'eau des fleurs - Valérie Perrin

A déguster comme un bonbon
Note :

   Ses voisins de palier, n'ont pas de soucis, ils ne payent pas d'impôts, ils sont morts, Violette Toussaint est garde-cimetière. À chaque enterrement, elle note dans des cahiers les mots, les poèmes, les chansons, les hommages, elle décrit les gens présents, la météo qu'il faisait, si un chat ou un oiseau s'est approché de la tombe.
   
   Elle est née sous x, avec son mari ils ont été gardes-barrière. Ils ont eu une fille Léonie, une magicienne. Pour cette fille, elle réapprend à lire correctement, pour le jour où elle rentrera à la maternelle. Mais avec son kit de magicienne, Léonie a vraiment disparu avec trois de ses camarades dans un incendie, quatre petites vies tombées en poussière. Son mari n'est plus là, il est parti sur sa moto faire un tour, il n'est jamais revenu.
   
   Avec ses trois amis fossoyeurs, Nono, Gaston Elvis et les frères Lucchini officiers des pompes funèbres, elle boit du café avec de grosses larmes d'eau-de-vie.
   
   Valérie Perrin nous fait partager la vie d'une femme simple qui vit au rythme des enterrements, une femme qui ne rentre pas dans les cases, qui n'est jamais rentrée dans les cases. Une écriture limpide, joyeuse et poétique, il faut savourer chaque mot. Quand le roman se fait noir, le lecteur est un peu déçu de perdre l'univers calme et reposant du cimetière, mais c'est pour nous conter un drame qui a marqué les personnages avec une fin inattendue, d'ailleurs aucune vie n'est un chemin tranquille.
   
   Des personnages attachants, tels le vieux Sasha,l'ancien gardien du cimetière, le père Cédric, le curé qui rêve d'être père, ou Julien Seul, le bien nommé.
   
   Un récit tout en sensibilité, des passages à déguster comme un bonbon qu'on laisse fondre lentement dans sa bouche, pour faire durer le plaisir plus longtemps.

critique par Y. Montmartin




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