Lecture / Ecriture
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Les vérités provisoires de Arnaud Dudek

Arnaud Dudek
  Rester sage
  Une plage au Pôle Nord
  Les vérités provisoires

Arnaud Dudek est un écrivain français né en 1979 à Nancy.

Les vérités provisoires - Arnaud Dudek

Charmant, tendre et délicat, et plus
Note :

   Céline Carenti, jeune femme d'une vingtaine d'années a disparu depuis deux ans. L'enquête n'a pas permis de révéler quoi que ce soit sur cette disparition. Jules, son frère, finit par s'installer dans l'appartement de la jeune femme pour tenter de comprendre pourquoi sa sœur est partie, où et comment ? Il veut mener sa propre enquête. Jules est un solitaire, vaguement étudiant, menteur acharné. Un soir, le médecin coordinateur du SAMU lui demande d'aller tenir compagnie à son voisin du dessous en insuffisance respiratoire, le temps que les secours arrivent. Jules y va et en remontant chez lui, rencontre Bérénice sa jolie voisine.
   
   Un très joli roman, le quatrième de l'auteur que personnellement je découvre. Le ton est décalé, le roman vif, drôle tout en abordant des thèmes sérieux. Il y est question de l'absence, de la disparition, de la solitude, de l'amour, de la mort, ...
    "Jules n'est pas guéri car on ne guérit pas de ce dont il souffre, une douleur qui ne s'éteindra pas tant que la vérité ne se fera pas sur Céline, une douleur qui ne s'éteindra peut-être jamais. Il parvient à vivre avec, c'est différent, mais c'est mieux que survivre sans." (p.167)
   

   Jules est attachant et agaçant tout à la fois. On a envie de le secouer pour qu'il se bouge et prenne sa vie en main, qu'il ne passe pas à côté des belles rencontres qu'il fait. Et puis, on comprend qu'il lui est difficile de se lever pour aller étudier. Il est mou, mais son côté décalé, en dehors des normes et des codes le rendent sympathiques. On imagine même que les digressions d'Arnaud Dudek, souvent drôles, simples naissent dans le cerveau de Jules :
   "La voisine propose alors de poursuivre la conversation chez elle, devant une tisane aux graines de fenouil -comme deux Français sur cinq, Bérénice croit aux bienfaits de l'homéopathie, qu'il convient de ne pas confondre avec la phytothérapie. Jules n'y voit pas d'inconvénient. Bien au contraire." (p.49)
   

   C'est charmant, tendre et délicat, je n'ai pas assez d'adjectifs de ce genre pour qualifier ce roman, mais le mieux serait de faire une liste d'iceux, c'est ce qui me vient à l'esprit lorsque je parle de mon ressenti pendant et après ma lecture. Ou alors, citer des passages et encore citer, tant je me suis plu dans l'univers du romancier. Un doux moment de quiétude, sans bruit et sans fureur, mais pour autant pas sage et oubliable. Une écriture que j'aime beaucoup qui tant qu'on la lit ravit et qui, une fois quittée laisse un joli goût de revenez-y comme on dit chez moi.

critique par Yv




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