Lecture / Ecriture
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La Saison des feux de Celeste Ng

Celeste Ng
  La Saison des feux

La Saison des feux - Celeste Ng

Comédie de mœurs
Note :

    L'histoire se passe à Shaker Heights, la banlieue très huppée de Cleveland et débute par l'incendie de la maison des Richardson, une famille emblématique du quartier puisque les grand-parents en ont été les résidents fondateurs.
   
    Les familles appartiennent à une sorte de communauté, répondant à beaucoup de codes et de règles. Elles sont les purs produits de cette Amérique si puritaine.
   
    Et madame Richardson est très fière de sa famille nombreuse et aime s'attribuer des sentiments généreux et bien pensants. Mais les apparences, on le sait, sont souvent trompeuses.
   
    Quand Mia, artiste et bohème, et sa fille de 15 ans Pearl posent leurs valises dans le quartier, elles éveillent bientôt curiosité et nouveauté. Par leur façon de vivre et de penser, et en devenant proches des Richardson, chacune des vies des protagonistes va être bouleversée à jamais.
   
    Céleste Ng nous fait pénétrer avec beaucoup d'aisance au cœur de ces familles où tout est dans la norme avec une vie qui se doit d'être planifiée.
   
    L'intrigue est menée habilement, l'auteur signe là une comédie de mœurs avec beaucoup de femmes très différentes et sincères dans leur combat.
   
    Secrets, calomnies et mensonges dans un roman qui n'est pas vraiment un thriller mais dont la lecture est agréable.
   
    C'est aussi un état des lieux d'une certaine Amérique ainsi qu'une critique sociale d'un pays ballotté par son histoire mais comme pour l'écriture de son roman, l'auteur reste dans les normes.
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critique par Marie de La page déchirée




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Roman psycho-social
Note :

   Shaker Heights une cité pavillonnaire de haut standing dans la région de Cleveland.
   
   Y vit une famille de la bourgeoisie aisée, les Richardson, traditionnelle et conformiste, père avocat, mère journaliste dans des journaux locaux avec tout de même un "mouton noir", Izzy la benjamine, révoltée, sujette à des accès de violence, mal intégrée dans sa famille.
   
   Les Richardson possèdent une maison dans une partie plus modeste du quartier : on loue le sous-sol à un chinois conducteur de bus, et le 1er étage à Mia et Pearl une femme, et sa fille. Mia fait de la photographie d’art depuis l’adolescence : elle prend des photos les retouche et les agrémente ou les modifie avec toute sorte d’objets… Pearl, devenue très vite l’amie de Moody, le garçon le plus modeste et le plus sage des Richardson, se met à fréquenter la famille, éblouie par leur richesse dans tous les sens du terme et leurs facilités.
   
   La maîtresse de maison, Elena, condescendante et pleine de bons sentiments, offre à Mia de faire le ménage et la cuisine chez eux pour payer son loyer. Mia accepte, se disant qu’elle va les observer de plus près et en faire des sujets pour son art…
   
   Les bonnes relations qu’entretiennent superficiellement les deux familles si différentes vont se gripper lorsqu’un bébé chinois se trouve écartelé entre deux mamans : L’ amie d’Elena qui s’en occupe depuis quelque temps et espère l’adopter ; la mère biologique, qui a du abandonner sa petite fille, et veut à présent la reprendre… un procès va avoir lieu : M. Richardson défend la mère candidate à l’adoption, mais Mia soutient la mère biologique et lui trouve un avocat… en même temps, les filles Richardson se plaisent mieux chez Mia que chez elles . Piquée, Elena, journaliste, décide de fouiller le passé de Mia…
   
   Roman psycho-social à suspense, bien fait, avec des personnages développés. Je l’ai davantage aimé que le précédent (Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, un peu larmoyant).
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critique par Jehanne




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Un roman noir captivant
Note :

   Célest Ng m'avait agréablement surpris avec son premier roman tout en finesse Tout ce qu'on ne s'est jamais dit , son second roman est un vrai coup de cœur tant la qualité de l'écriture rejoint la qualité de l'intrigue.
   
   Dès les premières pages, nous connaissons au moins une partie de la tragédie qui va s'abattre sur ce quartier résidentiel de Cleveland, l'incendie d'une maison, mais tout l'intérêt du récit c'est de savoir comment on en est arrivé là. La maison appartient à Elena et Bill Richardson, un couple blanc riche qui incarne le succès à la fin des années 90. Ils y vivent avec leurs quatre adolescents dont Izzy la benjamine une enfant sauvage, indomptable, et désespérée qui dénote dans ce quartier où tout le monde s'entend bien et obéit aux règles, où tout paraît beau et parfait de l'extérieur, alors que le feu couve à l'intérieur. 
   Mais l'arrivée de Mia, une artiste énigmatique, avec sa fille Pearl, va bouleverser la tranquillité et attiser les braises jusqu'à provoquer l'embrasement dans ces familles si parfaites. « Toute sa vie, elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. »
   

   J'ai apprécié tout le talent de Céleste Ng d'impliquer tous ses personnages dans le récit, d'imbriquer leurs vies, leurs secrets, chacun allume des petits feux partout. Célest Ng va revenir sur le passé de chacun pour apporter les réponses au drame qui se joue. L'auteur sait explorer la société américaine et sa moralité qui prétend que le respect des règles peut éviter un désastre. Un roman sur la classe, la famille, la race, « Peut-être qu'à la naissance on devrait tous être confiés à une famille d'une autre race. Peut-être que ça résoudrait le problème du racisme une bonne fois pour toutes ? »
   

   Une réflexion sur la maternité à travers trois portraits saisissants de femmes. L'une a été mère porteuse et a refusé au dernier moment de donner son bébé. La seconde a abandonné son enfant et fait tout pour le récupérer, la troisième prend la décision douloureuse d'avorter. « On en revenait encore et encore à la question suivante : qu'est-ce qui faisait de quelqu'un une mère ? Était-ce la biologie seule, ou était-ce l'amour ? »
   

   Un roman noir captivant porté par une écriture vivante qui nous fait entrer dans le cœur des familles de ce quartier bien trop paisible.

critique par Y. Montmartin




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