Lecture / Ecriture
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M. Barnstaple chez les hommes-dieux de Herbert George Wells

Herbert George Wells
  L'île du docteur Moreau
  La guerre des mondes
  Les premiers hommes dans la Lune
  La machine à explorer le temps
  L'homme invisible
  M. Barnstaple chez les hommes-dieux
  Récits d'anticipation
  Les chefs-d’œuvre de H.G.Wells
  Ados: Un étrange phénomène
  Quand le dormeur s'éveillera
  Les Pirates de la mer et autres nouvelles
  Un rêve d'Armaggedon - La porte dans le mur
  Le Cambriolage d'Hammerpond Park et autres nouvelles extravagantes
  L’histoire de M. Polly
  Recueil bilingue
  Au temps de la comète
  Une tentative d'autobiographie

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2018

Herbert George Wells, plus connu sous la signature H. G. Wells est un écrivain britannique né le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent, dans une famille très modeste (petits commerçants dont le magasin n'a jamais été rentable)

Herbert George se rebelle violemment contre son destin d'employé de magasin. Il veut une vie plus intéressante et pour cela, se tourne vers les études, que sa famille n'a pas les moyens de lui payer.

Ce sont les études scientifiques qui l''intéressent le plus, et il sera l'élève éperdument admiratif du professeur Thomas Huxley, darwiniste militant et futur grand-père d'Aldous Huxley. Pourtant, ses études tourneront court et c'est sans diplôme qu'il les interrompra.

Parallèlement, il rompt avec toute religion et se passionne pour les thèses socialistes. Il conservera toujours ces idées politiques, se passionnant pour les théories de sociétés idéales. Il était frappé de voir comment les choses étaient mal organisées et rendaient tout le monde malheureux et ne cessa jamais de rechercher les modifications qui rendraient possible un monde meilleur, le but étant que chacun trouve son bonheur. Cela lui semblait très possible.

Après ses études, il trouve un emploi dans un journal où il rédige des nouvelles et des articles de vulgarisation scientifique. Le succès vient très vite et il entreprend bientôt des romans. Dès le premier (The Time Machine, 1895), il connait un succès fulgurant qui ne se démentira jamais. Il est unanimement considéré comme un des pères de la science-fiction. Il fit preuve d'un esprit novateur, d'une grande imagination et sut tirer le meilleur parti de sa culture scientifique.

Wells fut aussi un penseur politique influent, il rédigea de nombreux essais politiques et sociaux. Il fit même de certains des best sellers. Il rencontra et s'entretint aussi bien avec Roosevelt que Staline. Il avait déjà rencontré Lénine, Trostski, Gorki et de nombreux autres. Son humanisme et son ampleur de vue étaient respectés. Mais quand il meurt, le 13 mars 1946 , la deuxième guerre mondiale lui a fait perdre tout espoir d'une amélioration du monde humain.

Joseph Altairac et Laura El Makki lui ont consacré une biographie, et David Lodge, une biographie romancée.

L'œuvre de H.G. Wells étant maintenant libre de droits, vous pouvez la trouver en ebooks gratuits.
Plusieurs liens sont donnés ici, vers le bas de la page.

M. Barnstaple chez les hommes-dieux - Herbert George Wells

Mondes parallèles
Note :

   En "papa" de la S.F., H.G. Wells se pose là ! Je ne sais pas si le concept, en roman d’anticipation, des mondes parallèles avait déjà été développé avant 1923, date de la parution de "M. Barnstaple chez les hommes-dieux", mais il est ici ouvertement traité. Et d’une manière qui laisse peu d’initiatives nouvelles à ceux qui voudront reprendre le concept.
   
   M. Barnstaple, obscur rédacteur même-pas-en-chef d’une obscure publication à Londres, qui vit mal manifestement son "tournant de la cinquantaine" et qui s’embête dans sa vie "comme un rat mort" décide, un peu à l’insu de tout le monde (et notamment sa femme, ses fils), de prendre quelques jours de vacances, seul, pour tenter de se retrouver.
   
   Le voilà parti dans sa petite auto ("Péril jaune" qu’il l’appelle !) quand, au détour d’un chemin de campagne il se retrouve projeté loin de la route de Maidenhead, près de Slough, sur laquelle il circulait :
   "Soudain, comme par l’effet d’un choc, sa voiture dérapa. Elle dérapa si violemment que, pendant une minute ou deux, il perdit la tête. Il oublia tout à fait la conduite à tenir quand une auto dérape. Il crut se rappeler vaguement qu’on doit incliner le volant dans la direction où l’on glisse, mais son trouble ne lui permit pas de reconnaître cette direction.
   Plus tard, il se souvint qu’à ce moment il avait entendu un bruit, le même exactement qui résulte d’un excès de pression ; le bruit sec, comme d’une corde de violon cassée, qu’on entend au début ou à la fin d’une anesthésie.
   Il lui avait semblé se retourner vers la haie, sur sa droite, et maintenant, en face de lui, il retrouvait la route ! Il toucha l’accélérateur, puis il ralentit et stoppa. Il stoppa, au comble de l’étonnement.
   La route n’était plus du tout ce qu’elle était une demi-minute auparavant. Les haies avaient changé, les arbres s’étaient transformés, Windsor Castle s’était éclipsé. Compensation légère, M. Barnstaple revoyait la grande limousine. Elle était arrêtée, à la distance d’environ deux cents yards, sue le bas-côté de la route."
   

   Il n’est pas seul, en effet, une autre berline avec quatre autres personnes. Et pas des moindres puisque l’une d’elles est Cecil Dunleigh, le "chef du Parti Conservateur, politicien distingué, homme et philosophe éminent". En fait, on s’apercevra plus loin que d’autres "terrestres" auront aussi connu cette translation de monde, puisque c’est de ceci dont il s’agit.
   
   Ils sont arrivés dans un monde parallèle, sensiblement plus évolué que le nôtre et tout le plaisir que prend H.G. Wells dans l’écriture de ce roman consiste à imaginer de quelles manières les tares de la civilisation occidentale du début du XXème siècle pourraient être gommées, corrigées. Car c’est bien de cela qu’il s’agit plus que d’une histoire elle-même. H.G. Wells se fait manifestement grand plaisir à mettre en exergue les dérives et mauvais côtés de notre société et à imaginer de quelles manières on pourrait y apporter remèdes : Communisme (le Communisme idéal, pas celui des bolcheviks de 1920) et Anarchie pas loin.
   
   C’est pour toutes ces considérations qu’on prend grand intérêt à suivre les tribulations de M. Barnstaple dans son "Péril jaune"...

critique par Tistou




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