Lecture / Ecriture
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Bill the Kid de Bill Bryson

Bill Bryson
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  Bill the Kid
  L'été où tout arriva

William "Bill" McGuire Bryson est un écrivain américain né en 1951.

Bill the Kid - Bill Bryson

Ma fabuleuse enfance dans l'Amérique des années 1950
Note :

   Titre original : The Life and Times of the Thunderbolt Kid
   
   Bill Bryson, c'est un journaliste et écrivain américano-britannique qui s'est spécialisé dans les récits dans lesquels il traite nombre de sujets variés, avec, toujours, une vision un peu humoristique (le côté anglais, sans doute). Une sorte d'auteur de vulgarisation bien plaisant à lire. S'il vit son âge adulte a Royaume uni, c'est bien aux USA qu'il est né et a passé son enfance, à Des Moines, plus précisément, et c'est lui le Bill du titre. Il veut nous donner à voir une Amérique en plein âge d'or (qu'elle n'a plus connu depuis), celle des années 50. Il est né en 1951, c'est donc son enfance qu'il nous conte, nous donnant à voir à travers elle, l'Amérique qui l'entoure, en particulier celle de la paisible ville de Des Moines.
   
   Il nous montre la naissance dans l'enthousiasme général de la société de consommation. C'était un monde où les découvertes les plus modernes débarquaient tous les jours dans tous les foyers et amélioraient les vies, ou au moins donnaient l'impression de le faire : lave-linge, lave-vaisselle, télévision, automobile pour tous etc. Le monde devenait de plus en plus formidable et l'avenir souriait à tous, porteur de promesse d'amélioration du sort de chacun. "Les gens attendaient l'avenir avec une impatience qu'on n'était pas près de revoir de sitôt." On y allait gaiement avec toutes sortes d'inventions, l'ère des gadgets naissait, dont certains, joyeusement radioactifs, devaient tout de même hypothéquer gravement l'avenir de leurs utilisateurs. C'était l'époque où l'on faisait les essais nucléaires en s'estimant largement protégé par quelques kilomètres (voire centaines de mètres) de distance (et peut-être, un petit mur) et on aimait aussi beaucoup cette amusante particularité qu'avaient les objets irradiés de briller dans le noir, leur phosphorescence... "Il y avait une sorte d'innocence touchante dans l'air du temps."
   
   Les USA eux aussi sortaient juste de la guerre, mais la grosse différence, c'est qu'elle n'avait pas eu lieu sur leur sol, les civils n'avaient pas été tués, et leur bilan était loin des villes rasées et de l'économie détruite de l'Europe.
   "Au sortir de la guerre, les Etats Unis possédaient 26 milliards de dollars sous la forme d’usines qui n'existaient pas avant le conflit, 140 milliards sous la forme d'épargne et de titres d'emprunts de guerre qui n'attendaient que d'être dépensés, sans aucun dégât sur leur territoire, ni pratiquement aucune concurrence à l'échelle mondiale. Tout ce que les entreprises américaines avaient à faire, c'était d’arrêter de produire des tanks et des cuirassés pour produire à la place des Buick et des frigidaires, ce qu'elles firent massivement."

   
   Comme vous le voyez déjà un peu, Bryson aime les chiffres, et il les connait. Il donne toujours beaucoup de renseignements chiffrés à l'appui de ce qu'il dit. C'est son côté vulgarisateur scientifique, et j'ai apprécié de voir que ce n'était pas juste la vision optimiste d'un jeune enfant sur le monde qui l'entoure, mais que c'était bel et bien la situation objective, au moins pour les Blancs intégrés. On voit que derrière le ton très humoristique, les anecdotes d'enfance du Bill qui était très dégourdi (l'âge qu'il annonce pour les diverses péripéties me paraît toujours un peu trop jeune), se cache une vraie étude très documentée et approfondie. Evidemment, ce fut également l'époque du maccarthysme, mais il fut sans doute bien moins sensible dans les milieux populaires qu'intellectuels, même si Bryson souligne plusieurs fois qu'il était absolument impossible de faire quoi que ce soit qui put avoir l'air "communiste", quoi qu'on puisse penser...
   
   La vie, l'ambiance, étaient totalement différentes en France à la même époque, ce livre est d'autant plus utile car il nous aide à mieux comprendre nos "alliés" lointains. Comme de plus, sa lecture est agréable, je le conseille sans hésiter, d'autant qu'on sourit tout le temps... Exemples :
   "A l'exception de son corps médical, l'Iowa avait peu à offrir en termes de périls naturels."
   
   "A cette époque, une "chaise longue", désignait exclusivement une sorte de méridienne ajustable qui connut alors une vogue éphémère. Elle possédait un coussin matelassé qu'il fallait rentrer tous les soirs si vous pensiez que quelqu'un risquait de vous le voler. Le nôtre avait un dessin représentant une diligence et quatre chevaux au galop. Il n'avait pas besoin d'être rentré la nuit."

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critique par Sibylline




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Drôle et instructif
Note :

   Un livre de Bill Bryson ne se refuse absolument pas (surtout en bourse aux livres, à 50 centimes!)! Voilà donc une autobiographie parfois fantaisiste mais toujours drôle et passionnante dudit Bill, né dans l'Iowa en 1951. "Mon enfance s'est plutôt bien passée, dans l'ensemble. Mes parents étaient des gens patients, gentils et à peu près normaux." Une enfance normale, quoi, mais transfigurée par l'imagination et la fraîcheur du gamin, devenu un adulte qui sait tout raconter!
   
   Cette Amérique des années 50 est merveilleusement bien évoquée, avec des détails faisant souvent écarquiller les yeux. Un passé révolu (hélas ou pas) peu ou prou proche de la France des années 60 en ce qui concerne le progrès et le nombre croissant des automobiles et du matériel ménager, et l'arrivée de la télévision. Un monde rempli de gamins souvent jouant dehors (en France aussi, pour ceux qui étaient déjà nés), sans grosses zones commerciales et chaînes d'hôtels et de magasins, où la cigarette avait partout droit de cité, et où l'on admirait les explosions atomiques (pas dans l'Iowa, mais de Las Vegas, mais ça donne une idée de l'époque)
   
   Bref, un bouquin drôle, instructif, et hautement recommandable.
   
   "Je n'allais donc pas à l'école si je pouvais l'éviter.
   Et je n'y serais sans doute pas allé du tout s'il n'y avait eu les polycopiés. Parmi toutes les disparitions tragiques depuis les années 1950, celle des polycopiés est peut-être la plus regrettable. Avec leur encre bleu clair aux effluves merveilleux, ils étaient littéralement enivrants. Deux grandes bouffées d’une feuille d'exercices fraîchement sortie de la ronéo, et je voulais bien être l'esclave consentant de l'Education nationale pendant sept heures d'affilée. Allez voir n'importe quel junkie et demandez-lui comment il a commencé à devenir accro, je parie qu'il vous répondra que c'est à cause des polycopiés du primaire. Le lundi matin je bondissais de mon lit car c'était le jour où l'on nous distribuait les nouvelles feuilles d'exercices. je me les collais sur le visage et m'envolais vers un lieu secret où les champs étaient verts, où les gens marchaient pieds nus et où la mélodie suave d'une flûte de Pan résonnait dans l'air."

   
   Voilà, nostalgie, exagération parfaitement détectable, que du bonheur!
   Ce passage ne parlera pas hélas aux moins de 30 ans... Les pauvres.

critique par Keisha




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