Lecture / Ecriture
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L'écrivain de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane
  L'outrage fait à Sarah Ikker

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

L'écrivain - Yasmina Khadra

Une enfance Algérienne
Note :

   Dans ce livre l’auteur nous entraîne dans ce qui a été son enfance. Entre souvenirs douloureux, choix à faire, ses goûts pour la littérature et le théâtre, Mohammed Moulessehoul, nous raconte l’avant Yasmina Khadra.
   
   Nous sommes en 1964. A Oran. Son père, qui est officier dans l’armée algérienne, a pour ce fils de très hautes ambitions. Mohammed sera officier, comme lui. Et c’est ainsi que, à même pas dix ans, celui qu’il considère comme son idole, le fera rentrer dans cette école militaire d’El Mechouar.
    Accompagné de son cousin Kader, il fera dans cette institution cernée de hautes murailles, ses débuts « d’homme » parmi les recrues de l’ENCR, école nationale des cadets de la révolution. Là, il percevra sa tunique vert bouteille, son béret, ses pataugas, pour devenir le matricule 129. Il va apprendre ce qu’est la vie, loin des siens, la discipline, la dure loi de la collectivité. Ici pas de régime particulier, quelque soit le niveau social, tout le monde est logé à la même enseigne. Mélangé aux orphelins de guerre, à ces traumatisés de la violence, il devra apprendre à marcher au pas. Oubliées les douceurs d’une famille unie, d’une mère protectrice…
   
   Excellente recrue, élève brillant, il se passionnera pour la littérature et se découvrira un don pour l’écriture. Auteur d’une pièce de théâtre, il écrira pour un journal, et fera ses premiers pas comme écrivain sur ses feuilles de dissertation…
   
   Mais dans un pays où la parole est surveillée, où la censure veille, il apprendra à ses dépens qu’il est des choix difficiles à faire. Entre le métier des armes qui fait la fierté des siens et celui de la plume auquel il aspire, il est des dilemmes bien difficiles à résoudre.
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critique par Patch




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Naissance d’un écrivain chez les militaires
Note :

   «Une vie, c’est une histoire. Et une histoire n’est pas forcément un conte de fées. Elle est quelque chose qui arrive à quelqu’un, qui le conçoit ou le déçoit, le fait ou le défait, souveraine et immuable, intransigeante et inexorable. Ce qui importe, c’est ce qu’on en tire, pas ce qu’on y laisse.»
   Cet extrait résume tout. C’est l’histoire d’une vie, plus exactement d’une jeunesse. Les choix et les non-choix. Les envies et les doutes. La vocation et les réalités.
   Nous suivons le parcours de l’auteur à partir du moment où son père décide de le confier à l’école des Cadets à l’âge de 9 ans. Ecole militaire formant les futurs officiers de l’armée algérienne.
    Le livre est alors découpé en deux parties.
   
    D’abord, les murailles d’El Méchouar derrière lesquelles sont récupérés et formés nombre d’orphelins d’Algérie ainsi que des garçons, dont Mohamed Moulessehoul (notre auteur), pour lesquels leur famille souhaite un avenir militaire. Séparé de sa famille, la vie du jeune Mohamed est bouleversée. Nous suivons cette perte de repère et la découverte du milieu militaire jusqu’à l’examen d’entrée au collège.
   
   Ensuite, l’île Koléa, changement de lieu et suite logique de la formation militaire. Mohamed y poursuit son cursus et surtout y découvre sa vocation d’écrivain. A l’occasion des vacances et des permissions, il retrouve sa famille qui se décompose. Jeune homme doué et plein de doutes, il nous raconte la vie militaire, la vie collective, ses états d’âme, ses doutes, ses envies…
   
   J’ai l’impression de lire Khadra à l’envers. J’ai lu en premier «l’imposture des mots», dans lequel il exposait sa vie d’écrivain après révélation à la fois de son identité et de son passé militaire. Ce livre-là raconte la naissance de la vocation d’écrivain du jeune homme qu’il était et qui a grandi au sein de l’institution militaire.
   
   Le sujet est très intéressant: la formation et les anecdotes militaires, la description de la famille qui se décompose (mère et père), les doutes d’un jeune homme sur son avenir...
   Et puis, il y a le talent, évident, d’écrivain…

critique par OB1




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