Lecture / Ecriture
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Faire mouche de Vincent Almendros

Vincent Almendros
  Ma chère Lise
  Faire mouche

Vincent Almendros est un écrivain français né en 1978 en Avignon.

Faire mouche - Vincent Almendros

En une prise !
Note :

    Un thriller suffocant d'une centaine de pages, qui se doit d'être lu d'une traite. D'ailleurs vous ne pouvez pas le lâcher, tant l'intensité est grande.
   
    Nous sommes dans un été de chaleur, à St Fourneaux, autant dire le bout du monde. Laurent, le narrateur revient dans le village de son enfance, après de longues années d'absence pour assister au mariage de sa cousine.
   
    Ce sera l'occasion de revoir sa famille puisqu'ils habitent toujours là, et surtout sa mère.
   
    Un lieu qu'il a fui. Lui reviennent alors tous les mauvais souvenirs de l'enfance : la mort de son père, le comportement de sa mère.
   
    Une famille en fin de course, usée par la rancœur et les secrets et dont les non-dits étouffent le présent.
   
    Nous sommes happés par les mots et les descriptions très visuelles que l'auteur nous montre avec les yeux de Laurent.
   
    Un passé que le narrateur enfouit lui aussi.
   
    La construction littéraire est très efficace. Dès les premières phrases, le lecteur se retrouve face à un univers familial lourd de questions auxquelles personne ne répond.
   
    C'est oppressant et sous couvert d'une histoire simple, une tension s'installe et l'inexprimé devient essentiel.
   
    La quatrième de couverture est très réussie, vraiment tout est dit et rien n'est dit.
   
    L'auteur nous emmène sur une fin qui percute dans les dernières lignes.
    Alors... lisez
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Longue nouvelle plutôt que roman
Note :

   Le narrateur revient dans le village de St Fourneau "un trou perdu au milieu de rien" avec Claire, pour assister au mariage de sa cousine Lucie, et revoir son oncle Roland. Mais il n’a pas vraiment envie de ce séjour en famille, et la femme qui l’accompagne n’est pas Constance, sa compagne enceinte ; Claire feint d’être Constance. La famille ne l’a jamais vue de toute façon. Deux jours vont se dérouler en milieu rural ; si Laurent, le narrateur ment sur sa situation, la famille n’est pas claire non plus. La mère a pour compagne l’oncle : tous deux ont enterré leurs conjoints de longue date. Et de quoi sont-ils morts ? Laurent se souvient d’avoir bu de l’eau de Javel enfant, sa mère s’était trompée de bouteille…
   
   En exergue du roman, est placée une phrase de Sartre tirée de la pièce "les Mouches" ; on s’attendait donc à une atmosphère délétère, à des drames familiaux… et c’est surtout l’atmosphère qu’a travaillée l’auteur et de façon magistrale !
   
   La mort rôde en ces lieux de façon concrète : champignons, café, vin, la nourriture est suspecte ou a goût infect… mentions d’urnes funéraires que l’on place bien en vue, cadavres de chiens, maladie de l’oncle, aspects des gens : on voit deux jambes qui dépassent d’une voiture, puis un tronc apparaît... C’est la position d’un garagiste en partie allongé sous une voiture qui fait penser à un corps morcelé. La mère qui triture de la viande avec un entrain féroce… Le bain dans un lac boueux... et toutes ces mouches, évidemment, que l’on retrouve à chaque coin de page.
   
   Le récit de ce court séjour est sous tension : le malaise et bientôt l’effroi du narrateur, sont tellement palpables

critique par Jehanne




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