Lecture / Ecriture
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L'apiculteur de Maxence Fermine

Maxence Fermine
  Opium
  Billard Blues
  Le violon noir
  Neige
  L'apiculteur
  Le tombeau d'étoiles
  Dès 09 ans: La petite marchande de rêves
  Zen
  Chaman
  Noces de sel

Maxence Fermine est un écrivain français né en 1968.

L'apiculteur - Maxence Fermine

Miel toutes fleurs
Note :

   Un livre de Maxence Fermine, tout de miel et d'or, de tendresse, de délicatesse et de poésie... Un charme qui m'a rappelé, dans son écriture, un livre dont j'avais déjà parlé ici, et qui était "Quelle nuit sommes nous ?" de Hafid Aggoune...
   
   L'HISTOIRE
   
   A la fin du dix-neuvième siècle, Aurélien Rochefer devient apiculteur. Lorsque ses ruches sont détruites par le feu, il suit un de ses songes et décide de partir pour l'Afrique. Il découvre l'Abyssinie et fait des rencontres étonnantes : une femme à la peau couleur d'or et à nouveau des abeilles.
    De retour au pays, il met en oeuvre un projet fou : créer Apipolis, la cité des abeilles.
   
   La poésie de Maxence Fermine nous envahit à la lecture de ce conte initiatique, nous révélant que suivre ses rêves mène parfois à découvrir que ce que nous cherchons est en fait tout près de nous.
   
   EXTRAIT :
   " A la première floraison, des myriades d'abeilles s'envolèrent et butinèrent sans relâche les fleurs des champs. Pour Aurélien, c'était un spectacle magnifique que de les regarder voler d'une fleur à l'autre, du lever jusqu'au coucher du soleil, en un ballet tourbillonnant. Il resta ainsi de longues heures à s'émerveiller devant cette alchimie qui transforme en miel doré le nectar des fleurs. "
   
   Je le conseille évidemment à tout le monde... Lu en une soirée, mais ne se laisse pas pour autant oublier... Reste longtemps, très longtemps gravé !

critique par Onlykey




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Rêve d'or
Note :

   Aurélien Rochefer vit au milieu des champs de lavande, dans le pays d'Arles. Il cherche une seule et unique chose: l'or.
   
   L'or est aussi multiple que disparate et le miel des abeilles en a la couleur. Aussi, Aurélien décide-t-il de se faire apiculteur. Il passe pour un doux rêveur et un original: le dix-neuvième siècle achève son ultime ligne droite: l'année 1885 voit Aurélien rêver aux ruches. Ce dernier passe l'hiver à se documenter sur le mode de vie des abeilles, la manière d'en prendre soin, de les élever afin de récolter l'or liquide qu'elles fabriquent. Au printemps, lors du début des essaimages, il capture un essaim sauvage et obtient ainsi sa première ruche. Il achète d'autres essaims et à la fin de la saison, il vend sa belle récolte. C'est le succès mais de courte durée: en plein hiver, le feu propagé par le foehn détruit les ruches endormies. Finalement, l'or recherché en rêve n'était peut-être pas le miel des abeilles? Son rêve l'embarque vers l'Afrique, terra encore incognita et dangereuse pour les aventuriers blancs. Lors de sa halte à Arles, Aurélien demande à un peintre hirsute et étrange de lui peindre la femme à la peau dorée comme le miel qu'il a vue en rêve... ce peintre c'est Van Gogh.
   
   Au cours de son long périple africain, en Abyssinie, Aurélien fait de nombreuses rencontres en recherchant la femme de son rêve.
   
   Ici, l'or, à la fois rêve et quête, s'éloigne pour mieux revenir: Aurélien est allé jusqu'au bout de son rêve et malgré ces échecs trouve l'or tant cherché...juste à côté de lui comme dans «Le trésor de Rackham le Rouge» ou «L'Atlantique sud».
   
   «L'apiculteur» est un roman aux chapitres très courts, parfois quelques lignes, où les images sont plus belles les unes que autres, où le rythme va au fil du rêve et de la quête d'Aurélien.
   
   Pourtant, j'ai comme un goût d'inachevé: j'aurais aimé que le roman soit plus long, plus lent afin de le déguster encore et encore. Sans doute suis-je trop gourmande et trop «Madame Plus»!
   
   
   Quelques extraits:
   « Pour Aurélien, la vie était une curieuse abeille d'or qui brille au loin, s'envole, se grise de parfum en parfum, se cogne aux vitraux du soleil et cherche, dans l'immensité du ciel, le nectar de sa propre fleur » (p 15)
   
   « Quand il surveillait ses ruches, il avait le sentiment que ces insectes avaient réussi là où l'homme avait échoué. Blotties l'une contre l'autre, les abeilles gardaient ainsi une température constante. Elles oeuvraient ensemble pour leur communauté. Alors il comprit que, lors de sa lente évolution, l'homme s'était éloigné petit à petit un peu plus du paradis. Et il se prit à rêver de devenir une abeille. » (p 25)
   
   « Un matin de janvier, Aurélien trouva une abeille morte dans la neige. Elle était vêtue d'or et de noir, véritable bijou de feu dans un océan de blancheur. Il la prit délicatement entre le pouce et l'index et la posa sur sa paume.
   Au contact de sa peau, l'abeille gelée se brisa comme du verre.
   Quand il ouvrit la main et la tourna vers le sol, il vit avec tristesse un peu de poudre d'or scintiller dans les airs et disparaître sur la neige. » (p 27)

critique par Chatperlipopette




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