Lecture / Ecriture
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La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker

Joël Dicker
  La vérité sur l’affaire Harry Quebert
  Le livre des Baltimore
  Les derniers jours de nos pères
  La disparition de Stéphanie Mailer
  Ados: Le tigre

Joël Dicker est un écrivain suisse romand né en 1985.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La disparition de Stéphanie Mailer - Joël Dicker

Orphéa, une petite ville bien tranquille
Note :

    Le dernier roman de Joël Dicker, très attendu, a pourtant reçu des critiques pas toujours unanimes.
   
    D'après l'auteur, il n'a pas voulu écrire un roman policier, son inspiration a été celle de grands écrivains comme Philip Roth, et il a mentionné que ce dernier livre ressemblait plutôt à un roman russe.
    Mais alors ?
   
    D'abord c'est un pavé de 600 pages avec une enquête policière, une disparition et une intrigue sans cesse repoussée, un rebondissement en chassant un autre et une construction de chapitres égrenés par un calendrier qui rend le lecteur perplexe (et lassé aussi).
    Ce qui ressemble quand même à un roman policier.
   
    En 1994 Orphéa, petite ville tranquille des Hamptons (elle n'existe pas) voit sa communauté chamboulée par quatre meurtres : le maire, sa femme, son fils ont été assassinés dans leur maison ainsi qu'une joggeuse, sans doute témoin de la tragédie. Le coupable a été arrêté par deux jeunes policiers, Rosenberg et Scott, après une enquête difficile.
   
    20 ans plus tard, la journaliste locale Stéphanie Mailer remet en lumière cette triste affaire et informe Rosenberg des erreurs commises dans l'enquête par la police à l'époque. Elle détient des informations. Un rendez-vous est pris mais Stéphanie disparaît.
   
    Joël Dicker met en scène une pléthore de personnages dont les vies vont se croiser à un moment donné à Orphéa. Chacun porte en lui des secrets et est hanté par les démons du passé.
   
    La mécanique du policier fonctionne bien, même si c'est un peu long parfois et qu'on se perd souvent après chaque nouveau rebondissement.
   
    Je regrette un peu le côté caricatural des personnages. Que ce soit le couple adultère, le critique littéraire hystérique ou l'adolescente dépressive, ils restent dans leur superficialité, c'est dommage.
   
    Les dialogues nombreux, sont parfois d'une glaçante et creuse banalité, il manque une certaine profondeur.
    Bref, une lecture facile mais décevante.
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critique par Marie de La page déchirée




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La vérité est sous vos yeux
Note :

   1994, le soir de l'inauguration du festival de Théâtre d'Orphéa, une petite ville paisible, baignée par un doux soleil, le maire, sa femme et leur jeune fils sont abattus, le massacre fait une quatrième victime qui a été le témoin malheureux de la scène. Pourquoi le maire s'apprêtait-il à prendre la fuite le jour de son assassinat. Jesse Rosenberg un jeune inspecteur encore peu expérimenté arrive à résoudre l'affaire et à interpeller l'assassin.
   
   20 ans après, alors qu'il va prendre sa retraite pour réaliser un autre projet, lors de la réception organisée à l'occasion de son départ, le capitaine Rosenberg, est abordé par une jeune journaliste Stéphanie Mailer qui affirme qu'il est passé à côté de l'enquête et qu'il s'est trompé de coupable. La réponse était sous ses yeux et il ne l'avait simplement pas vue. Seulement ce soir-là, Stéphanie disparait.
   
   Si les cent premières pages laissent entrevoir un bon roman, l'histoire se transforme ensuite en un casse-tête chinois, les situations sont parfois invraisemblables, les personnages se multiplient, un critique théâtral qui n'hésite pas à encenser une pièce qu'il n'a jamais vue, en échange de quelques jours dans une suite d'un palace, une femme vénale qui ruine son patron. Une jeune fille de bonne famille qui se défonce avec de l'alcool et des drogues. Un maire corrompu, mais cela n'empêche pas de trouver le récit bien long.
   
   Où est donc passé le style que j'avais tant apprécié dans la vérité sur l'affaire Harry Québert. Déjà son précédent roman "Le livre des Baltimore" était un peu en deçà, mais là, à la fin de ma lecture j'ai vraiment ressenti une énorme déception. Joël Dicker, façon Agarha Christie, réunit tous les coupables possibles sur scène pour une pièce de théâtre "La nuit noire" au cours de laquelle la vérité doit surgir, mais hélas, Joël Dicker n'a pas le même talent que la reine du crime et même la fin semble bâclée.
   ↓

critique par Y. Montmartin




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Plaisant mais pas indispensable
Note :

   Le pot de départ de l’inspecteur Jesse Rosenberg se termine sur une note frustrante : une jeune journaliste, Stéphanie Mailer vient lui dire que de source sûre, il s’est trompé de coupable, lui et Derek son acolyte déjà retraité, lorsqu’en 1994, ils ont pensé avoir résolu l’affaire du quadruple meurtre de la petite bourgade d’Orphea : ils n’ont pas trouvé le vrai coupable…
   
   Au cours du festival de théâtre d’août de cette année là, une joggeuse a été abattue Meghan Padalin, ainsi que le maire Gordon son fils et sa femme, dont elle longeait la maison.
   
   Vingt ans après, l’enquête reprend donc, d’autant plus que Stéphanie, qui en sait trop, disparaît.
   
   Très sophistiquée, l’intrigue se tient ; on suit beaucoup de fausses pistes qui tiennent la route, et on ne devine pas la solution, ce qui m’est fort agréable. Il y a beaucoup de personnages, la plupart sont utiles à l’intrigue mais pas tous. Il est dommage que les trois principaux enquêteurs soient très convenus…
   
   Quelques personnages sont agréables à suivre : Kirk Harvey l’ancien chef de la police, amateur de théâtre et très fantasque, qui entreprend de refaire un festival de théâtre, avec une pièce dont il n’a que les premières répliques : le nom de l’assassin y sera donné, dit-il… les répétitions de la soi-disant pièce sont assez cocasses. La jeune Dakota, personnage inutile à l’enquête, a un peu d’épaisseur sans être très originale. L’histoire de Bergdorf et Alice est plaisante à suivre, et atteint des degrés de bouffonnerie sur la fin. Le petit chapitre mettant en scène les grands-parents de Jesse est très drôle, j’ai bien ri ! Dommage qu’il soit si court et qu’il faille attendre la page 490 pour en profiter. Joël Dicker a un certain talent pour le burlesque qu’il ne met pas assez en avant.
   
   On s’en doute, malgré le tarabiscot de l’intrigue, il y a beaucoup de propos inutiles. Lorsqu’un personnage rapporte une information, un fait, ou une conversation qu’il a eue avec un autre, hier ou vingt ans plus tôt, on peut très bien se contenter de ce propos. Mais souvent, il est repris au paragraphe suivant sous forme de scène avec des dialogues insipides.
   
   Dans l’ensemble, ce n’est pas déplaisant, sans être le polar de l’année.

critique par Jehanne




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