Lecture / Ecriture
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Quelle n'est pas ma joie de Jens Christian Grøndahl

Jens Christian Grøndahl
  Virginia
  Piazza Bucarest
  Quatre jours en mars
  Bruits du cœur
  Les complémentaires
  Les Portes de Fer
  Sous un autre jour
  Quelle n'est pas ma joie

Jens Christian Grøndahl est un écrivain danois né en 1959.

Quelle n'est pas ma joie - Jens Christian Grøndahl

La confusion des sentiments
Note :

    Dans son dernier roman l'auteur danois Jean-Christian Grondhal nous plonge dans une histoire de famille et nous parle encore une fois de l'amour et des relations compliqués dans un couple.
   
    La voix de la narratrice, Ellinor, s'adresse à sa meilleure amie Anna décédée 30 ans plus tôt. Dans une sorte de confession, une ultime lettre, elle trouve les mots pour lui parler de ce secret de famille qu'elle a porté toute sa vie.
   
    Le roman s'ouvre par la mort du mari d'Ellinor, qui a été aussi le mari d'Anna avant l'accident en montagne.
   
    Deux jeunes couples, Georg et Anna et leurs jumeaux et Ellinor et Henning, passent leurs vacances à la montagne. La mort emporte Anna et Henning alors qu'ils skiaient tous les deux. Une ombre pèse sur leur relation... ils étaient amants.
   
    Pour Ellinor, veuve, la vie continue avec ses interrogations, sa solitude et elle s'occupe des enfants d'Anna. Finalement elle se marie avec Georg et le couple poursuit son chemin tout secret gardé.
   
    A la mort de Georg, Ellinor veut quitter la maison et retourner dans son quartier de jeunesse. Elle aussi a tu de nombreux épisodes de sa vie et surtout la honte de ses origines.
   
    "Quelle n'est pas ma joie" raconte la confusion des sentiments, décrit les désirs humains si compliqués et les secrets enfouis.
   
    Comme toujours l'auteur le fait avec une belle écriture et il aide ses personnages à trouver les mots à combler les silences.
   
    C'est un livre qui interroge sur l'absence des êtres que nous avons aimé, sur les arrangements que l'on fait avec la solitude.
   
    Une voix qui nous prend et ne nous lâche pas, parce que les mots viennent enfin et on les écoute.
   
    Un très beau coup de cœur !
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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La vie par procuration
Note :

    150 pages, non pas d'une confession, mais d'une sorte de conversation intime entre deux femmes, ou plutôt d'un monologue puisque Ellinor, 70 ans, s'adresse à Anna, sa meilleure amie, morte lors d'une avalanche avec Henning, le mari d'Ellinor, quatre décennies plus tôt. La veuve s'est remariée avec le veuf, Georg, qui vient de mourir. On pourrait s'attendre à un règlement de comptes. Après tout, on le sait dès le début, Anna et Henning étaient amants. Mais le propos de Jens Christian Grondahl est tout autre.
   
    Ellinor, ci-devant femme du mari d'Anna, mère de substitution de Morten et Stefan les jumeaux, a en quelque sorte vécu à la place d'une autre. Bien sûr ce fut le mieux possible, et pour la plus belle des causes. Il se trouve que j'ai vécu, enfant, quelque chose d'assez proche et c'est l'une des raisons qui m'ont intéressé à ce roman. Je connais un peu J.C. Grondahl, ayant lu et apprécié Virginia et Les Portes de Fer.
   
    Ellinor, tutoyant longuement Anna, revient sur sa relation à sa propre mère, tondue à la libération. Ellinor est une fille de boche. Alors elle raconte les tentations de la rancœur, les regrets, un zeste de jalousie. Et ce lointain passé resurgit, mais calmement, posément. Et Ellinor de refaire le deuil, de son mari, de ses maris, peut-être de sa presque sœur, de sa non-maternité. Les mots sont magnifiques et Grondahl est vraiment un auteur passionnant, et à l'écoute de ses créatures. Et le feeling passe bien entre le lecteur et cette femme assez âgée, simple mais non sans noblesse qui décide au soir de sa vie et à l'aube d'une nouvelle solitude de regagner le quartier de sa jeunesse modeste.
   
    "Les mots s'adressent toujours à quelqu'un. Sinon ils restent dans le dictionnaire à attendre qu'il cesse de pleuvoir. On a le droit de s'en saisir à condition de les retransmettre tout de suite. On ne peut pas les garder pour soi, sinon, là, ils sont insignifiants."

critique par Eeguab




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