Lecture / Ecriture
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Oui mon commandant de Amadou Hampâté Bâ

Amadou Hampâté Bâ
  Amkoullel l’enfant peul
  L'étrange destin de Wangrin
  Oui mon commandant

Amadou Hampâté Bâ est un écrivain et ethnologue malien né en 1901 et mort en Côte d’Ivoire en 1991. Il fut un ardent défenseur de la tradition orale, notamment peule.
Membre du Conseil exécutif de l'Unesco de 1962 à 1970, il y lance son appel, « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle », une formule devenue proverbiale.

Oui mon commandant - Amadou Hampâté Bâ

Vie africaine
Note :

    A la fin de "Amkoullel, l'enfant peul", l'on quittait Amadou Hampâté Bâ, âgé de 22 ans et affecté en Haute-Volta (Burkina-Faso) avec le titre d’'écrivain temporaire essentiellement précaire et révocable. Autant dire le bas de l'échelle parmi les fonctionnaires de l'administration coloniale.
   
   Ce deuxième volume s'étend sur une dizaine d'années, au cours desquelles l'auteur occupera différents postes dans la sous-région, et sera donc un témoin incomparable du fonctionnement de l'administration et des rapports parfois tendus avec les autorités traditionnelles. Anecdotes amusantes ou plus tragiques, et surtout portraits de commandants de cercle ou gouverneurs, certains justes et honnêtes, d'autres plus difficiles à côtoyer. La population n'hésitait pas à les affubler souvent de surnoms savoureux.
   
    L'auteur demeure assez réservé sur sa vie personnelle, suivant en cela les habitudes peuls. Il va se marier avec une cousine (mariage arrangé et plutôt heureux) et prendra une seconde épouse à l'insu de son plein gré (si!). Rien que ces deux mariages en disent beaucoup sur lui et les traditions. Obéissance aux parents, respect à la fois des traditions et des anciens, voilà qui contribue à entériner des décisions non prises par lui au départ.
   
    Auparavant il emmagasinait dans sa mémoire les contes et traditions entendues dans son enfance, mais à partir du voyage vers son premier poste il commence à noter par écrit, rencontrant, interrogeant, ne ratant aucune occasion, et acceptant l'aide de ses amis éloignés géographiquement.
   
    Un rare portrait de lui au départ, alors qu'un griot veut chanter ses louanges (l'auteur explique bien aussi ce qu'est un griot)
    "C'est une 'oreille rouge', un Peul, un homme ni blanc ni noir."
    "Il est jeune. Il vient seulement d'être nommé, mais sa mère semble aisée; elle a dû lui donner une bonne provision d'argent. Il aime écouter les épopées. Il sait lire le Coran et n'est pas licencieux. Il n'est pas distant, mais c'est un Peul..."
   

    Ses différentes fonctions lui permettent d'observer mais aussi parfois d’aplanir des difficultés et d'éviter que des situations ne s'enveniment.
   
    La fin du livre est presque consacrée à l'enseignement de son maître Tierno Bokar, "enseignements d'amour et de tolérance".
   
    Après un rapide parcours historique, il peut donner son avis sur la colonisation (et post colonisation). Il reconnait l'intérêt du français comme "langue de communication universelle", mais n'oublions pas que les Africains connaissent en général plusieurs langues autres que le français ou l'anglais, leur permettant de communiquer, et "Les règles qui président aux échanges internationaux restent les mêmes dans les grandes lignes : acheter le moins cher possible les matières premières, et revendre le plus cher possible les produits manufacturés."
   

    J'ai adoré aussi retrouver des expressions encore utilisées de nos jours, comme 'Comment va ton étranger' ou 'demander la route'.

critique par Keisha




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