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Protocoles fatals de Fabrice Pichon

Fabrice Pichon
  Protocoles fatals

Protocoles fatals - Fabrice Pichon

Des protocoles pas vraiment protocolaires…
Note :

   Savent-ils ces deux amoureux qui viennent de sortir d’un appartement cannois en ce mois de mai 1995, où ils ont participé à une petite fête, qu’un individu les attend puis se met à la suivre ? Un homme animé d’intentions mortifères. Il a été payé pour éliminer l’un des deux, et comme il respecte toujours les contrats qui lui sont confiés, il patiente jusqu’à ce qu’un moment favorable se présente.
   
   Enfin, après un interlude agréable dont ont profité les deux amoureux, l’occasion se précise. Seulement, un dommage collatéral n’est pas évité. Lisbeth, la jeune fille, est atteinte de deux balles, et son compagnon, après s’être défendu avec hargne, bascule par-dessus un muret, s’étalant quelques mètres plus bas.
   
   Le commissaire Acquatella, qui n’est en poste que depuis deux ans, est chargé de cette affaire délicate. Lisbeth, la jeune fille est emmenée aux urgences, tandis que son partenaire n’est pas retrouvé.
   
   Vingt-trois ans plus tard, Lisbeth vit dans un fauteuil roulant. Elle est mariée avec un directeur d’agence immobilière. Et est devenue amie avec l’avocat qui l’avait assistée au procès, maître Olivier Banette. Le commissaire Acquatella est en poste à Dijon, et ce n’est pas un hasard. Car l’agresseur de Lisbeth vient de purger vingt-trois en prison, dans cette ville ducale, et il est libéré pour remise de peine. Grâce à ses empreintes ADN il avait été localisé et arrêté. Mais Acquatella ne s’estime pas satisfait de cette enquête et il pense qu’éventuellement, l’homme, Vincent Reître, pourrait retourner à Cannes achever ce qu’il n’avait pas terminé.
   
   L’avocat qui pense, tout comme Lisbeth, que la sortie de prison de Reître est synonyme d’ennuis futurs et dommageables pour sa cliente, décide d’appeler un cabinet situé en Suisse. Une officine particulière spécialisée dans la protection des individus. Le dirigeant est un certain Dassino, qui fut l’ami et l’associé de Reître, autrefois. Alors le chef d’entreprise décide d’envoyer sur place un de ses hommes et accessoirement filleul, Francesco Bravi, afin de s’occuper de ses nouveaux clients.
   
   Oserai-je écrire que Fabrice Pichon nous a concocté une délicieuse histoire tarabiscotée avec des intervenants qui ne respectent pas toujours le protocole édicté ? Eh oui, un protocole, cela se respecte, ou alors il faut recourir à un second procédé qui lui aussi est inscrit dans le protocole. Mais quand ceux qui sont chargés de mettre en place ces protocoles préfèrent emprunter une troisième voie, cela devient un brin compliqué, surtout pour ceux qui doivent en subir les conséquences et qui pourtant les ont provoquées.
   
   De Cannes, ah, le festival de Cannes, ses films, tout un cinéma, en passant par la Suisse, c’est bien la Suisse, c’est neutre, avec un détour par Dijon, alors que la moutarde monte aux nez de certains (eh, je n’ai pu m’en empêcher !), trois endroits qui semblent tout désignés pour servir de décor à une histoire de manigance diablement construite.
   
   Un roman original, précise la quatrième de couverture. Effectivement, car la mise en scène est soignée et les contrecoups ne manquent pas, déclenchant une sorte de séisme avec répliques et ricochets. Et le lecteur se demande bien où l’auteur veut les emmener, même s’ils se doutent d’un coup fourré et d’un rebondissement prévisible. Presque prévisible.
   
   Toutefois, il me semble, et peut-être l’auteur dont la passion est la littérature policière, que ce roman est un clin d’œil est adressé à des maîtres du genre, spécialistes de la psychologie et des trames tortueuses, j’ai nommé Boileau et Narcejac.
   
   Roman policier mais pas que…

critique par Oncle Paul




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