Lecture / Ecriture
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Stalky et cie de Joseph Rudyard Kipling

Joseph Rudyard Kipling
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  L'histoire des Gadsby
  Stalky et cie
  La plus belle histoire du monde
  La lumière qui s'éteint

Rudyard Kipling est un écrivain britannique né à Bombay, alors britannique, en 1865 et mort à Londres en 1936.

Stalky et cie - Joseph Rudyard Kipling

God save the King, Queen, Britannia etc.
Note :

   "En 1878, à l'âge de treize ans, Kipling entre comme interne dans un collège privé du Devonshire, le United Services College, où il passera quatre années et demi. En 1895, il aura l'idée de rédiger "de petits traités ou paraboles sur l'éducation des jeunes". Ce projet se transformera en une suite de récits, Stalky et Cie, où Kipling fait revivre les canulars et les aventures vécus au collège quinze ans plus tôt en compagnie de ses deux meilleurs amis, le trio étant désigné sous les pseudonymes de Beetle, M'Turk et Stalky, le meneur."
   
   Kipling, était Beetle, rôle émouvant de gamin ayant beaucoup souffert des brimades et "bizutages" avant de les pratiquer lui-même.
   
   Souvent présenté comme un roman pour la jeunesse, il me semble que ce livre dépasse largement ce cadre et bien que mes jeunes années se soient envolées depuis longtemps, je l'ai lu intégralement avec beaucoup d’intérêt. C'est qu'on y apprend beaucoup sur ces "fabriques de cadres britanniques" qui se sont chargées pendant des décennies de fournir au monde ces "gentlemen" agressifs et froids, sadiques et autonomes, persuadés au plus profond d'eux-mêmes de leur supériorité sur tout autre individu. Des prédateurs, en quelque sorte. C'est que ces collèges qui recevaient les rejetons de la classe dirigeante (souvent expatriée) étaient de drôles de lieux soumis aux règlements les plus stricts modérés par la loi du plus fort, physiquement ou intellectuellement. Même entre les amis, les contacts peuvent être rudes. C'était un monde sans pitié qui formaient des éléments tout aussi impitoyables qui ne mettaient pas longtemps à choisir leur place en haut ou en bas de la hiérarchie (quasi de la chaine alimentaire) quoi qu'il puisse en coûter à autrui.
   
   Pour l'heure, nous avons trois amis adolescents qui misent sur leur solidarité et leur débrouillardise sans scrupule pour subir au mieux les rigueurs du collège. Les portraits des enseignants ne sont guère flatteurs (leur sadisme se doit d'être supérieur à celui des élèves, question de survie pour eux, et le lecteur se dit que leur vie n'était guère amusante non plus). Les relations entre élèves relèvent de la loi de la jungle, même si on parle beaucoup d"Honneur". Les parents ne sont jamais évoqués.
   
   Nous assistons donc à une série d'aventures (traduisez, de tours pendables) joués par nos trois héros et prouvant leur habileté autant que leur absence de scrupules. C'est toujours intéressant, parfois drôle ou émouvant. L'habileté et la ruse y sont mis au-dessus de la force, sans que cette dernière soit négligée. Comme je le disais, le problème des brimades est évoqué, avec un peu de tristesse, mais sans condamnation, comme si Kipling ne voyait pas d'alternative et les prenait pour un mal inévitable.
   
   Une vision, je pense assez exacte de la vie dans ces collèges victoriens, même si les exploits de la bande ne doivent pas, eux, être pris au sérieux. Ils relèvent plus du rêve que de la réalité, mais en disent long sur l'état d'esprit des participants et la formation de ces jeunes gens. Ils deviendront pour la plupart des militaires voués (c'est évoqué) à l’expansion coloniale de la Grande Bretagne, et, pour beaucoup à une mort assez prématurée dans le courage, l'honneur et l'admiration des survivants. Eh oui, c'était cela aussi, l'Empire.
   
   Il existe de ce roman une édition bilingue très incomplète (3 chapitres sur 9).

critique par Sibylline




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