Lecture / Ecriture
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La prisonnière de la tour de Boris Akounine

Boris Akounine
  La maîtresse de la mort
  L'amant de la mort
  Azazel
  Leviathan
  La prisonnière de la tour

Boris Akounine est le nom de plume de Grigori Chalvovitch Tchkhartichvili, historien et écrivain russe, né en Géorgie (URSS) en 1956.

La prisonnière de la tour - Boris Akounine

Médiocre
Note :

   Ayant goûté avec plaisir aux romans policiers de Boris Akounine dans lesquels son habile détective Eraste Fandorine exerce ses talents, je me suis laissé tenter par ce recueil de trois nouvelles policières qui s'amusent à lui faire rencontrer les plus grandes stars des débuts du roman policier. Respectivement dédiée à E. A Poe, George Siménon et Maurice Leblanc. Ces nouvelles mettent, pour les deux premières, Fandorine dans un univers qu'Akounine estime semblable à ceux des auteurs évoqués et, pour la troisième, lui fait de plus rencontrer Lupin, Holmes et Watson, rien de moins. Comme tout cela est annoncé en quatrième de couverture, vous pensez bien que cet appétissant programme attire les amateurs, dont je fais partie. Hélas, le contenu est loin de leur apporter la satisfaction espérée.
   
   Il se trouve que les trois nouvelles se présentent par ordre croissant de taille. La première, sensée évoquer ce pauvre Poe, est banale et sordide, sans rien dire de l'aspect plus que rudimentaire de la psychologie des personnages. C'est affreux. Ce pauvre Alan ne méritait pas cela. L'écriture et la structure aussi sont rudimentaires, on a l'impression d'un texte de (grande) jeunesse. Je ne sais ce qu'il en est.
   
   La seconde est dédiée à Simenon et je n'ai pas pu deviner à quoi elle doit cette dédicace. Cela se passe en Russie et les personnages sont on ne peut plus russes. Adieu Belgique. Nous voyons apparaître un commissaire d'une grossièreté tant de manières que de parole qui dépasse toute vraisemblance (du moins, je l'espère) et dont l'esprit et les capacités de déduction sont tout aussi lourds. D'ailleurs, tout le monde est peu ou prou grossier dans ce récit, je ne sais pas pourquoi. L'intrigue aurait pu être pas mal, bien que pas vraiment très originale, mais c'est mal traité, trop rapide ou trop lent justement là où il ne faut pas. Alors Simenon ? Où ça ? Tout ce que j'espère, c'est que son commissaire n'est pas censé évoquer Maigret, même de loin...
   
   La troisième nouvelle est longue, très longue, trop longue et... pour tout dire, mauvaise. Une énigme simple, artificiellement compliquée à l’infini pour la faire paraître complexe, embrouiller lecteur et essayer d'éviter qu'il ne devine tout avant les limiers. Holmes n'a pas le caractère de Holmes, Lupin n'est pas fidèle aux standards du rôle et on se demande pourquoi ils ont tous été réunis là alors qu'il aurait été si simple de... bref, je ne déflore pas. Fandorine frétillant comme un chiot trouve tout (c'est quand même lui le héros de l'auteur) et Holmes, qu'on ne peut pas non plus faire passer pour une andouille, se contente d'approuver en disant "je le savais". Holmes fait d'ailleurs une grosse erreur de jugement qui empêche un succès total. Tout cela dure 150 pages au lieu de trois fois moins comme cela l'aurait dû, si bien que pour ma part, arrivée aux explications finales, je commençais à me désintéresser nettement de la question.
   
   L'ouvrage est illustré de dessins en noir et blanc de I. Sakourov. C'est bien, cela faisait un certain temps que je n'avais pas lu de livre illustré...
   
   En conclusion, je reviendrai sûrement vers les romans policiers de Boris Akounine, mais je ne compte pas m'intéresser aux autres recueils de nouvelles de cette série intitulée "Dédicaces" qu'il semblerait que l'on puisse qualifier de malencontreuse.

critique par Sibylline




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