Lecture / Ecriture
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L'enfant perdue de Elena Ferrante

Elena Ferrante
  Poupée volée
  Les jours de mon abandon
  L'Amour harcelant
  L’Amie prodigieuse
  Le nouveau nom
  Celle qui fuit et celle qui reste
  L'enfant perdue

Elena Ferrante est le nom de plume d'un (ou plusieurs?) écrivain(e) italien(ne) dont on ignore l'identité réelle.

L'enfant perdue - Elena Ferrante

Deux femmes, véritables pôles opposés
Note :

   Ce quatrième tome est donc le dernier de cette saga qui relate la complexe et envoûtante relation de ses deux amies Lila et Elena, deux jeunes files issues d'un quartier défavorisé de Naples et dont l'amitié démarre à la fin des années 50.
   
   Nous sommes en 1976 et Elena accompagne son amant Nino, cinq jours à Montpellier, à une conférence, au risque de mettre toute son existence de mère en péril. Comment faire tenir ensemble sa vie amoureuse, sa vie professionnelle et ses deux filles. Ils vont devoir affronter leurs conjoints respectifs avant de vivre ensemble. Elena qui est revenue vivre à Naples souffre de l'indifférence de son amie Lila.
   
   L'une est brune, l'autre blonde, l'une est gentille, l'autre perfide, l'une est sereine, l'autre nerveuse, opposées et complémentaires. Lila est tellement désireuse d'occuper à nouveau tous les recoins de la vie d'Elena, mais ce temps est fini, elle n'exerce plus aucune autorité sur elle. Lila fait mine d'être sympathique et affectueuse, mais après elle te pousse légèrement, juste assez pour te déséquilibrer et t'égarer. Lila c'est elle qui fait et défait, elle est dotée d'une irrésistible force d'attraction, rien ni personne ne peut la rapetisser.
   
   Comme les trois volumes précédents, l' histoire de l'enfant perdu est aussi pleine d'événements, de rebondissements. Un foisonnement de personnages et d'intrigues avec un pouvoir d'attraction irrésistible. L'histoire de l'enfant perdu parle de maturité et de vieillesse, vieillesse d'une ville Naples qui se dégrade, vieillesse d'un monde dans lequel les deux jeunes filles ont grandi qui se dissout, et surtout le changement irrémédiable des corps.
   
   Si l'écriture d'Elena FERRANTE est toujours aussi agréable, j'ai eu l'impression, à la lecture de ce quatrième et dernier tome, de tourner en rond, et puis tous ces personnages, cela donne le tournis. Malgré tout "l'amie prodigieuse" reste une œuvre magistrale dont la ville de Naples est le cœur qui rythme la vie de ses habitants, une œuvre sur l'amitié de deux femmes, véritables pôles opposés de la même force, qui entrent en collision et se rencontrent, qui s' influencent l'une l'autre, s'éloignent et se réunissent, s'envient et s'admirent.
   
   Saga L'Amie prodigieuse
   L'amie prodigieuse, 2011
   Le Nouveau Nom, 2012
   Celle qui fuit et celle qui reste, 2013
   L'enfant perdue, 2014

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critique par Y. Montmartin




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C’est fini
Note :

   Il est temps pour moi de quitter Elena, Lila ainsi que tous les personnages auxquels je me suis attachée. Dans ce tome, nous retrouvons nos héroïnes mi-trentaine, alors qu’elles vivent toutes les deux des bouleversements. À la fin, elles ont la soixantaine et nous leur disons au revoir, alors que nous les avons connues enfants, adolescentes et adultes. Mêmes pour les personnages secondaires, j’étais toute émotionnée par ce qui leur arrive. C’est toujours comme ça quand je suis des personnages sur une vie entière. Je deviens nostalgique à la fin, alors que je me sens comme si je les avais connus enfants… bref, je m’égare.
   
   Ici, on boucle la boucle. Comme dans la vie, qui tend à aller dans tous les sens, comme le dit Lila, tout n’est pas clair et net, chaque fil n’est pas noué. Nous découvrons sans cesse de nouvelles facettes aux personnages, qui sont pleins de contradictions, de défauts et d’introspection. À travers leurs yeux, nous voyons aussi défiler un demi-siècle, avec ses révoltes, ses compromis et ses enjeux. De plus, petit à petit, on prend conscience du regard biaisé qui était porté sur les petits mafieux du quartier, les protagonistes les ayant connus enfants. Dans ce tome, des choses terribles, des chocs et des deuils énormes, des décisions regrettables et des personnages qu’on a souvent le goût de secouer.
   
   Je ne peux que saluer la plume de Ferrante (et de sa traductrice) ainsi que son habileté à choisir les bons détails pour que l’univers soit foisonnant et bouillonnant sans que nous nous ennuyions une seule seconde. Du moins, c’est ce qui est arrivé avec moi. Et bon, ils existent, ces personnages. Dans ma tête. Inutile de me contredire, je refuse de croire que ce ne sont que des gens de papier! Et j’ai la tête dure.
   
   Je conseille, pour ceux qui n’ont pas peur des romans fleuve!

critique par Karine




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