Lecture / Ecriture
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La fille de Brooklyn de Guillaume Musso

Guillaume Musso
  Et après ?
  Parce que je t’aime
  Seras-tu là ?
  Sauve-moi Musso
  L’instant présent
  La fille de Brooklyn
  Un appartement à Paris

Guillaume Musso est un auteur français, né en 1974.

La fille de Brooklyn - Guillaume Musso

Enquête sur une fille au-dessus de tout soupçon
Note :

   J’avoue, vote honneur, que je suis un inconditionnel de Musso. On ne se refait pas et nous avons tous nos défauts. Ce côté midinette caché au fond de moi. Ma part de féminité. Pas la plus noble, je le reconnais.
   
   Bien sûr, les histoires de l’auteur français contemporain le plus lu dans le monde (si, si, c’est marqué sur la quatrième de couverture!) ne tolèrent pas une seconde lecture. D’abord on en connait l’histoire et ses rebondissements, ses contrecoups, ses pièges et ses faux-fuyants mais surtout, un livre écrit sans style ne tient pas la route à la relecture.
   
   Cependant s’il ne fallait retenir qu’un roman dans la biographie de Musso, c’est bien celui-là. Las de ces comédies romantiques avec un soupçon de fantastique où l’on joue avec le temps, cette fois l’auteur revient aux basiques.
   Un vrai bon polar.
   Avec tous les ingrédients qu’il faut.
   
   Un enquêteur dont ce n’est pas le métier puisque, pour une fois, Musso a abandonné le récurent français exilé aux Etats-Unis et travaillant dans le milieu médical mais que les fans se consolent : cette fois c’est sa copine qui fait des études de médecine et on ne restera pas longtemps sur le territoire français : on ne se refait pas!
   Une disparition mystérieuse, des enlèvements, un clone de Marc Dutroux superbement immonde, un ex flic désabusé cachant toute la douleur du monde. Et un rythme ahurissant.
   
   D’ordinaire, dans les polars, même les meilleurs, le tempo se calme un moment, souvent aux alentours de la page 99. Là, non. Rien. Pas de baisse de tension. Pas le temps d’aller pisser. Musso nous prend à la gorge et la fameuse phrase d’accroche, souvent érigée en bandeau publicitaire : vous ne pourrez fermer le livre qu’une fois l’avoir fini pourrait ici se révéler juste.
   Musso casse un peu les conventions d’usage en faisant pulluler des bébés un peu partout. Bébés en devenir, renforçant une "émotionabilité" sous-jacente mais aussi bébé bien vivant dont s’occupe le héros en marge de son enquête. Oui, mesdames et messieurs mais surtout mesdames : c’est un signe du temps, il y a quelques années encore, c’était le papa qui s’enfuyait ventre à terre en apprenant sa paternité.
   
   Le rythme effréné court jusqu’au dernier chapitre, pirouette extravaguante alors qu’on pensait que tout était fini qui finit bien. Eh bien non, justement. Il subsiste comme un arrière goût d’inachevé. Comme si le monde dans lequel nous croyons vivre le temps d’un roman de 500 pages nous paraissait en demi teinte. Bien sûr tout se finit bien mais la plupart des méchants ne sont pas sous les verrous et les autres doivent continuer à vivre avec leurs blessures, leurs cicatrices, leur passé indélébile.
   Comme dans la vraie vie.

critique par Walter Hartright




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