Lecture / Ecriture
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Truismes de Marie Darrieussecq

Marie Darrieussecq
  Il faut beaucoup aimer les hommes
  Etre ici est une splendeur
  Le bébé
  Notre vie dans les forêts
  Truismes
  Le Pays

Marie Darrieussecq est une écrivaine et psychanalyste française née en 1969.

Truismes - Marie Darrieussecq

Métaphore à considérer
Note :

   "Je me suis demandé ce que j'aimais le plus, les racines ou la parfumerie."
   

   Ayant fait étudier à mes élèves le début de "La métamorphose" de Kafka, j'ai décidé, dans la foulée, de relire "Truismes" de Marie Darrieussecq,que j'avais lu à sa sortie en 1996.
   
   "Truismes" est le récit à la première personne d'une métamorphose. Celle d'une jeune femme, employée en parfumerie qui devient progressivement une truie. Le récit est fait a posteriori, ce qui permet à la narratrice d'analyser les faits avec du recul, recul limité vu son manque d'éducation (n'oublions pas qu'un truisme est une vérité banale).
   
   En même temps que le corps de la jeune femme change, la société évolue aussi et se dérégule progressivement tant au niveau économique (le monde du travail en particulier), politique (régime de plus en plus autoritaire) et social (paupérisation des couches laborieuses, enrichissement des élites). Quant à la sexualité, elle est sans frein pour ceux qui détiennent un pouvoir.
   
   D'emblée, la mainmise sur le corps féminin est posée avec cette scène d'entretien d'embauche où l’héroïne accepte sans broncher les services sexuels jamais identifiés clairement mais qu'elle laisse deviner et qualifie par exemple de "besogne". Au fil du roman, elle ira de plus en plus loin dans ce type de services, sans que rien ne soit décrit, mais la suggestion n'en sera que plus forte quant aux violences subies et aux tentatives de limites qu'elle pose.
   
   En ce qui concerne la métamorphose proprement dite, elle est fluctuante, évoquée par petites touches, même si l’héroïne tente de la maîtriser, oscillant sans cesse entre l'univers humain et celui de l'animal.
   
   J'ai pris beaucoup de plaisir à cette relecture, grâce au style elliptique et efficace. J'ai même trouvé que la société décrite avait de plus en plus de points communs avec la société contemporaine, ce qui n'est guère rassurant.

critique par Cathulu




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