Lecture / Ecriture
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C'était un jour très lent de Anne Walter

Anne Walter
  C'était un jour très lent
  Les rendez-vous d’Orsay

C'était un jour très lent - Anne Walter

Chagrin d’amour
Note :

   J’ai pris ce livre car l’action se situe à Vienne et que, devant y passer des vacances, je suis actuellement à la recherche de romans se passant dans cette ville, mais la lecture ne m’a apporté que bien peu de renseignements sur le lieu et son ambiance.
   Je m’y attendais un peu et après tout, peu importe.
   
   Cela se passe dans les coulisses du cinéma (milieu dans lequel Anne Walter travaille ou a travaillé). On y apprend que la décision de faire un film peut être prise avant même de savoir sur quoi il portera. Cela m’a un peu surprise. Donc, on veut faire «un film». N’importe lequel ? Dans ce cas, qu’est-ce qui justifie le film ? Le plaisir que l’on prend à le faire ? Très bien. Mais alors qu’est-ce qui justifie que d’autres aillent le voir ?
   Je pense plutôt que les films, comme les livres, sont mis au monde par un projet et que quand ce projet n’est pas humaniste, poétique, didactique ou intellectuel d’une autre façon, il est commercial, mais que de toute façon, il est. Mais bon, c’est peut-être juste parce que je ne fais pas partie des happy few.
   
   Pour en revenir à notre jour lent, la narratrice, personnage central, armée du « Je » de narration, évoque ses souvenirs de scripte et maîtresse, les préparations, les tournages.
   Pas de drames, des choses se passent dans une bienséance égoïste et feutrée, pas très heureuses, mais sans la vulgarité du drame. On ne sait plus si ça fait mal ou pas. Qu’est-ce que cette anesthésie ? Quel est son prix ? Nous ne savons pas. Apparemment, elle ne sait pas non plus.
   La souffrance est refoulée aux cauchemars, la réalité éveillée n’affiche rien, ni douleur, ni conscience de douleur. Plutôt une sorte de commodité tiède.
   Et la vie passe.
   
   J’ai beaucoup apprécié l’écriture, belle et poétique. Il m’a semblé que les scènes n’avaient pas toujours la clarté visuelle qu’il aurait fallu. Il m’a fallu en relire certaines pour les visualiser correctement. Peut-être à cause de cette habitude du non dit … mais peut-être ma faute.
   
   C’est une nouvelle plutôt qu’un roman que nous livre la cinquantaine de pages de l’ouvrage. Anne Walter n’écrit jamais de longs romans, elle nous livre de courts ouvrages, bijoux ciselés au mot près, le plus souvent nostalgiques et tendres, dont l’ambiance douce couvre un monde de bobos d’ailleurs pas antipathiques. Une ambiance à la Carla Bruni. Les romans de cette auteur ne dépassent pas souvent les cent pages, et pas de beaucoup, mais là, vraiment, il me semble que c’est son record.
   
   Je reprends mon reproche de la brièveté excessive, de même qu’on n’organise pas une exposition de peinture si l’on n’a que 2 ou 3 toiles à présenter, je trouve qu’on ne devrait pas éditer à part un livre si court. L’édition a un coût - et il n’est pas négligeable-, le lecteur a une bourse –qui elle, l’est souvent- . Je trouve qu’il ne serait pas mauvais de veiller à respecter les deux. Dix euros pour une heure, une heure et demie de lecture, le lecteur hésite… Oui, je sais, ce sont comptes d’apothicaire, je sens peser sur moi les regards lourds de reproches des Purs, dans ce cas, mettez l’ouvrage à cinq euros et on n’en parlera plus.

critique par Sibylline




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