Lecture / Ecriture
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Les loups à leur porte de Jérémy Fel

Jérémy Fel
  Les loups à leur porte

Les loups à leur porte - Jérémy Fel

Gare au croquemitaine !
Note :

   Vous souvenez vous du terrible Keyser Söze, interprété par Kevin Spacey dans the Usual Suspects? Un malfrat capable de se venger en vous laissant la vie mais en tuant méthodiquement vos parents, vos enfants, toute votre famille un par un. Puis vos amis, vos proches, vos voisins, vos connaissances jusqu’à l’épicier chez qui vous vous ravitailliez. Le chauffeur du bus que vous empruntez, votre patron, vos collègues.
   Hé bien j’ai retrouvé sa trace. Il se nomme dorénavant Walter Kendrick et il hante les pages du premier roman de Jérémy Fel.
   
   On ne sait pas grand-chose sur ce trentenaire (d’après la photo de quatrième de couverture) si ce n’est qu’il relègue Jc Grangé et Stephen King au rang de gentils garçons racontant des histoires pour petites filles.
   Chez Fel, c’est l’horreur dans toute sa splendeur. Parce que justement il ne force pas le trait. Les histoires qui forment un gigantesque puzzle (j’ai même cru un moment que c’était un recueil de nouvelles) n’en sont que plus intenses, plus effroyables. Il sait en quelques lignes, quelques mots installer un climat de peur que le meilleur film d’horreur n’attendra jamais. Le chapitre sur Claire est édifiant et pourtant, objectivement, il ne s’y passe pas grand-chose. En revanche, on assiste à des scènes carrément insoutenables et la mise en garde envers les personnes trop sensibles s’avère, ici, très pertinente.
   La peur vous prend à la gorge à chaque recoin de page. On frissonne, on palpite, on tremble, on frémit. Cardiaques s’abstenir.
   Un coup de poing littéraire hissant l’épouvante à son meilleur niveau, c’est-à-dire celui des enfers.
   
   En jouant sur l’onirisme, Fel ajoute à la confusion et à la frayeur au fil des pages même si on n’a pas pris le soin de dévorer ce roman dans une maison isolée de tout, délabrée et vaguement hantée.
   Sans rien dévoiler du contenu, je peux tout de même vous révéler que l’action se déroule sur deux continents. Les Etats-Unis, forcément, terre propice aux débordements sanguinaires puisque née d’un génocide. Mais aussi notre bonne vieille patrie où l’horreur se dédouble en crimes sexuels et du retour du fameux croque-mitaine que l’on croyait enterré à tout jamais dans de vieux contes oubliés. Il y a davantage d’Hannibal Lecker que de l’ogre du Petit Poucet dans ce nouveau monstre. Immonde. Une impression renforcée par des gros plans sur des personnages se gavant de viande, de quoi vous faire devenir végétarien pour le reste de vos jours.
   Ca dégomme à chaque chapitre. L'horreur absolue.
   
   Ce premier roman est fort et puissant sans tomber dans le voyeurisme (le risque était grand!!).
   Enfin, pour faire passer la pilule, sachez que si vous écoutez la même musique que moi, vous allez être ravis (Smiths, Muse, Black Keys, Elliott Smith, Cocteau Twins).
   Mais je laisse à Jérémy le soin de prononcer la dernière phrase comme une invitation à succomber à sa prose : "ce rire éclaboussant de sales promesses".

critique par Walter Hartright




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