Lecture / Ecriture
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Le libraire de Régis de Sa Moreira

Régis de Sa Moreira
  Le libraire
  Mari et femme
  La vie
  Comme dans un film

Régis de Sa Moreira est un auteur français né en 1973.

Le libraire - Régis de Sa Moreira

Libraire selon mon coeur!
Note :

   Voici un livre très vite lu, mais qui sonne comme un "poudoupoudoupoudou" dès que j'en évoque le souvenir. "Le libraire"... Rien que le titre m'a plu : un livre qui parle d'un métier aussi passionnant que celui ci, ce n'est pas tout les jours que l'on a l'occasion d'en lire !
   On peut résumer ce livre à : une vie de libraire.
   
   Ce roman se décompose en chapitres très courts, et correspond à la rencontre entre le libraire avec un nouveau client à chaque fois, tinté par le "poudoupoudoupoudou" de la clochette de l'entrée. Certes, on a ici affaire à un libraire comme on les imagine, passionné par son boulot, qui connaît tous ses livres par coeur, les chouchoute comme ses propres enfants et les vend à ceux qui les traiteront biens.
   
   Mais à côté de cela, il a perdu ses amis, ne voit plus sa famille à part les lettres envoyées régulièrement, et ne vit que pour sa librairie, ouverte 24/24h , 7/7jours... Ok, c'est la librairie dont nous rêvons tous, mais au final, qu'en est il du libraire, de l'homme qui se cache derrière le passionné ? Est il triste, heureux, ou tout simplement lui même ?
   
   Un livre lu en une soirée, tellement il est prenant. Vraiment beau, avec une économie du mots, mais le choix du mot juste, juste ce qu'il faut pour satisfaire le lecteur. Un coup de coeur découvert sur des blog littéraires (désolé je ne sais plus où exactement ...!). Alors merci à tous les bloggueurs qui ont fait un article sur ce livre, j'ai passé grâce à vous un très bon moment ! Et à mon tour, je conseille ce petit livre fort bien construit et attrayant !
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critique par Onlykey




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Treling treling
Note :

   Le libraire est libraire. Il vit dans, par et pour les livres ses compagnons, ceux qui restent après la perte des trois amours. Il vit pour ceux qui rentrent dans un lieu où ne résident que les livres lus et aimés, et un homme qui les entend respirer.
   
   Un joli petit roman qui, s’il m’a plu, ne m’a pas enthousiasmée. J’ai aimé le principe de cette librairie ouverte tous les jours, tout le jour et toute la nuit. J’ai aimé que les livres vivent, qu’ils bruissent, respirent, se regroupent autour de celui qui leur donne son amour et son temps, qu’ils sentent et ressentent.
   
   Les rencontres avec les clients sont souvent drôles, empreintes d’humanité et d’amour. Du témoin de Jéhovah aux enfants en passant par les couples, toutes et tous ont leur petite bizarrerie qui rend la situation absurde, parfois loufoque. Mais pour moi la métaphore de la nature et des souffrances humaines était trop poussée. Le fantastique au service de ce principe trop ou pas assez poussé.
   
   Une lecture agréable mais qui ne restera pas dans les annales pour moi. Je n’ai pas totalement adhéré au style de l’auteur et à ce fouillis. Ce n’est pas pour moi la librairie idéale, ni le libraire idéal.
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critique par Chiffonnette




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Portrait d'un libraire
Note :

   Voici un roman à déguster lentement afin de s'imprégner au mieux de son atmosphère délirante, parfois surréaliste et échevelée!
   
   Le libraire ne se nourrit que de livres et de tisanes, tisanes qui varient selon l'humeur laissée par les clients ou l'état d'esprit du libraire. Les livres sont des êtres vivants, bichonnés, caressés, donnés à celui qui les mérite. Parfois, ils reviennent chez le libraire reprendre leur place dans les rayonnages.
   
   La librairie semble immense et minuscule à la fois tel l'imaginaire de celui qui entre dans cet univers particulier.
   
   Le libraire est issu d'une famille nombreuse, dispersée aux quatre coins du monde et souvent il envoie à ses frères et soeurs une page arrachée d'un livre de la librairie... pages éparses d'une histoire familiale unique, pages "cordons" reliant la fratrie.
   
   La librairie ressemble parfois à un moulin: on entre, on sort comme on veut... Dieu, la Mort, les questions, les témoins de Jéhovah, les couples (le libraire ne les aime pas trop...trop occupés d'eux et pas assez des livres), les solitaires, les angoissés, les réjouis, les lecteurs acharnés, les lecteurs égarés qui cherchent le livre dont on parle ("c'est en face").
   
   Le libraire a des réponses à toute question ou requête gênante et comme il déteste la grossièreté, il renvoie le gêneur avec d'autres armes: "...Ces armes étaient des phrases et ces phrases, le libraire les avait apprises dans des méthodes de langues étrangères. Quelles étaient ces langues et comment se disaient ces phrases en ces langues, le libraire n'en avait aucun souvenir parce que c'était justement uniquement pour leurs phrases d'exemple qu'il lisait les méthodes de langues étrangères.
   Ces phrases, sans qu'il sache pourquoi, touchaient un pont sensible chez le libraire et résonnaient en lui comme peu d'autres. Chacune lui paraissait être une histoire à elle seule.
   "Je reviens du marché où j'ai rencontré tes parents"
   "S'il faisait chaud, nous nous baignerions."
   "Vous n'êtes pas d'accord à propos des chats;"
   "Cette maison est moins jolie que l'autre."
   "Les oranges qu'ils ont mangées étaient très savoureuses"
   Et sa préférée parmi toutes: "Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs." (p 93 et 94)
   "Il y avait quelque chose dans cette phrase. Un pouvoir magique qui marchait à tous les coups. Le libraire avait d'abord pensé qu'il était le seul à y être sensible, qu'elle réveillait peut-être en lui un rapport particulier qu'il entretenait avec les icebergs, mais il l'avait essayée dans plusieurs situations et il avait découvert que les clients aussi y réagissaient, même si leurs réactions étaient à chaque fois différentes, ainsi qu'étaient différents les clients. Un homme avait voulu le gifler, une femme l'avait embrassé dans la seconde où il avait fini de la dire.
   Mais le libraire n'abusait pas de sa phrase sur les icebergs car il savait que toute magie s'usait. Il en utilisait d'autres et gardait sa préférée pour les occasions exceptionnelles ou lorsqu'il n'avait plus d'autre recours." (p 94)

   
   La librairie a une sonnette extraordinaire qui rythme l'entrée et la sortie des clients et visiteurs en fonction de leur particularité: "Poudoupoudoupoudou" et mille et une variantes plus amusantes les unes que les autres!
   
   Le libraire ne ferme jamais sa librairie: on peut y venir à toute heure. Cependant, il y a une heure désagréable... la troisième de l'après-midi, d'ailleurs même les clients ne l'apprécient guère puisque rares sont ceux à franchir le seuil de la librairie! Cette fameuse troisième heure pendant laquelle tout le monde languit de quelque chose et pendant laquelle le temps s'étire et lambine.
   
   Régis de Sa Moreira livre un recueil de pensées philosophiques et poétiques, d'une drôlerie émouvante et pleine de tendresse.
   
   "Le libraire" et son auteur entraînent le lecteur dans un voyage magique au coeur d'une librairie idéale, guidé par un libraire idéal. Un moment de bonheur de lire, de rire et de rêver!

critique par Chatperlipopette




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