Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Richard Cœur de Lion de Régine Pernoud

Régine Pernoud
  Richard Cœur de Lion

Richard Cœur de Lion - Régine Pernoud

Chevaliers et manigances
Note :

   A une époque où je ne lisais pas plus qu’un livre tous les cinq ans, j’avais dévoré cette biographie du Roi d’Angleterre le plus connu, du moins le plus intrépide. Je me faisais donc une joie de rouvrir ce recueil d’épopées moyenâgeuses, de complots et manigances pour conquérir le pouvoir et le garder par une suite de mariages arrangés, de traités où les comtés changeaient de seigneur, les châteaux passant de main en main.
   
   Effectivement, j’ai retrouvé ces combines qui m’avaient grandement surpris à l’époque. Peu féru d’Histoire, je pensais que le moyen âge était une période barbare où chaque différend se réglait l’épée à la main dans un bain de sang. En réalité, la chose politique était largement aussi répandue que maintenant. A chaque traité de paix s’accompagnait un mariage princier.
   
   Bien sûr, il y a ces batailles épiques, des rapprochements, des trahisons. Mais on s’y perd vite dans les personnages comme lorsqu’on se retrouve invité dans une soirée où l’on ne connait quasiment personne. Régine Pernoud prend un malin plaisir à énumérer ducs, comtes, barons, seigneurs de tout poil sans parler de la description trop lourde du couronnement du Roi. Quel ennui!
   
   Peut-être aurait-il fallu se recentrer sur quelques épisodes significatifs de la vie de Richard, quitte à passer sous ombre chaque pas de sa Majesté. Après tout, personne n’ira vérifier l’exhaustivité des chapitres.
   Car justement, le récit de la croisade est tout bonnement un régal. Les péripéties du retour ne le sont pas moins et on aurait aimé que l’auteur prenne davantage de libertés avec l’Histoire pour se focaliser sur cette expédition qui vaut parfois quelques pages d’Homère. Tout concourt à faire de la vie de Richard un vrai roman d’épopée. Jusqu’à sa mort, d’une bêtise affligeante, qui lui garantit la renommée de ceux qui ne permettent pas au temps de les flétrir.
   
   Régine Pernoud n’hésite pas à citer les commentateurs de l’époque, troubadours et poètes, qui émaillent de leur verve moyenâgeuse les faits et gestes du Lion. Mais, bien vite, le naturel revient au triple galop et on se perd à nouveau dans trop de personnages, une chronologie indigeste qui noie tout ce qui se doit d’être épique en ces temps de chevaliers et l’importance de la parole donnée. Dommage.

critique par Walter Hartright




* * *