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Les dossiers secrets de Sherlock Holmes de June Thomson

June Thomson
  Les dossiers secrets de Sherlock Holmes

Les dossiers secrets de Sherlock Holmes - June Thomson

Du bon travail
Note :

   Titre original : The secret journal of Sherlock Holmes – 1993
   
   Si Sherlock Holmes a suscité l’écriture de nombreux pastiches et parodies, rares furent les romancières féminines à s’attaquer à ce mythe de la littérature policière. June Thomson en est une représentante de qualité.
   
   Après une préface signée Audrey B. Watson, qui n’a aucun lien de parenté avec le célèbre docteur Watson, et dans laquelle elle narre dans quelles circonstances elle a été amenée à se trouver en possession de manuscrits inédits découverts dans une malle, sept nouvelles sont ainsi proposées au lecteur holmésien averti ou non. Ces affaires s’inscrivent dans le Canon, soit parce qu’elles ont été évoquées, soit parce qu’elles possèdent un rapport direct ou non avec d’autres aventures narrées par John H. Watson.
   
   L’affaire du millionnaire persécuté se situe le 21 avril 1895, juste quelques jours avant les singulières aventures de Violet Smith qui ont été narrées dans La Cycliste solitaire. Un millionnaire, John Vincent Harden, originaire des Etats-Unis, vient de s’installer dans le quartier de Belgravia, à Londres, et a également loué une propriété à la campagne. Il doit rester en Angleterre durant un an environ dans le but de présenter sa fille Edith à la bonne société britannique. Seulement il a reçu quelques lettres le menaçant de mort et jugeant la gendarmerie locale incompétente il a préféré faire appel à Holmes.
   
   Dans La démence du colonel, le docteur Watson précise que Pour des raisons qui apparaîtront ultérieurement, il ne sera pas possible de publier un compte-rendu de cette affaire du vivant des principaux intéressés. Or Watson est le premier intéressé dans cette affaire puisqu’une dame se présente à son cabinet et s’enquiert s’il est bien Le docteur Watson ayant servi dans le 5e régiment d’artillerie du Northumberland. Devant l’approbation de celui-ci, elle lui demande s’il a bien connu le colonel Harold Warburton. Quelle n’est pas la stupéfaction de Watson à l’énoncé du nom d’un vieil ami connu quelques années auparavant en Inde, posté près de la frontière afghane, un affrontement au cours duquel Watson fut blessé. Il pensait que Warburton était parti pour la Nouvelle-Zélande, mais il n’en est rien et la dame qui est en face de lui n’est autre que l’épouse du militaire. Elle lui narre dans le détail les raisons pour lesquelles Warburton s’est installé en Angleterre, mais plus grave il semblerait que depuis peu le militaire est atteint de démence et a demandé à être enfermé dans un asile à Guilford. Une affaire qui intéresse au premier chef Watson et il en fait part à son ami Sherlock Holmes. Pourquoi cette démence, d’autant que d’autres personnes semblent atteintes du même mal ? Une visite à l’asile s’impose.
   
   L’histoire suivante, La tragédie Addleton, débute ainsi : "Comme je le mentionnais dans Le Pince-nez en or, mon vieil ami Sherlock Holmes se pencha sur un si grand nombre d’affaires, au cours de l’année 1894, qu’en compulsant les trois gros volumes contenant mes compte-rendu manuscrits, j’eus beaucoup de mal à décider lesquels valaient la peine d’être publiés."
   Une entrée en matière qui justifie toutes les histoires qui ressortent sous la plume de romanciers apocryphes, et qui s’insèrent judicieusement dans le Canon. Et Miss Addleton, qui s’adresse à Holmes, fait partie de ces nombreuses requérantes dont on n’aurait pas connu les déboires, et ceux de son père, si ces manuscrits n’avaient pas été exhumés.
   
   Cette jeune personne n’est autre que la fille du professeur Addleton qui enseigne à Oxford et a écrit un ouvrage de référence sur les Monuments et sites mortuaires préhistoriques en Grande-Bretagne, ouvrage que possède naturellement Sherlock Holmes. Le professeur Addleton a reçu par courrier provenant d’un archéologue amateur, des reliquats de poterie ancienne découverts dans un tumulus non encore recensé, dans les Cornouailles, non loin d’un lieu nommé Minions. Or depuis la réception des trois bouts de terre cuite, le professeur se comporte de façon étrange, et cela lui était déjà arrivé quelques années auparavant. Sherlock Holmes examine les trois objets de taille réduite, puis lorsque Miss Addleton repart, il montre à Watson quelques anomalies. Chaque morceau possède une trace de colle, comme si de minuscules étiquettes avaient été apposées. Naturellement la curiosité est la plus forte et l’attrait de la recherche conjuguée à la mise en cause d’un professeur dont il reconnait les mérites font que Sherlock Holmes et Watson vont se rendre sur place afin d’enquêter sur la provenance de ces reliquats de poterie.
   
   En tout sept nouvelles composent ce recueil, aux titres incitant à la lecture, les autres étant Le brocanteur terrorisé, La rixe à bord du Friesland, La succession Smith-Mortimer, Le scandale Maupertuis.
   

   Enfin ce volume se clôt par un appendice intitulé Hypothèse concernant l’identité de la seconde Mrs Watson. Un mariage évoqué par Sherlock lui-même dans Le soldat blanchi, dont il est le narrateur, et qui date de janvier 1903. Une hypothèse et des suppositions étayées par la lecture attentive de nombreuses aventures dont Watson fut le héros par procuration. Et cette hypothèse est écrite par le docteur en Philosophie, John F. Watson, l’homonyme du docteur John H. Watson, le compère de Sherlock Holmes.
   
   Et c’est ce même docteur John F. Watson qui ayant découvert la malle contenant les manuscrits du docteur John H. Watson a entrepris de les recopier afin qu’ils puissent passer à la postérité. Une prémonition heureuse, puisque la malle et les manuscrits originaux avaient été mis en lieu sûr dans un coffre de banque. Seulement nul ne pouvait prévoir les bombardements de 1942 sur Londres.
   
   Un nouvel épisode des aventures de Sherlock Holmes convainquant, respectant fidèlement l’esprit de Conan Doyle, et qui complète "Les Carnets secrets de Sherlock Holmes", ouvrage publié dans la même collection sous le numéro 2153 et par un roman sobrement intitulé Watson et Holmes qui se veut être la biographie de nos deux héros, Le masque numéro 2292.

critique par Oncle Paul




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