Lecture / Ecriture
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Meurtre au Savoy de Maj Sjöwall

Maj Sjöwall
  Le policier qui rit
  La chambre close
  L'homme au balcon
  Roseanna
  Meurtre au Savoy

Maj Sjöwall et Per Wahlöö forment un couple d'écrivains suédois de romans policiers. Maj Sjöwall est née en 1935.

Meurtre au Savoy - Maj Sjöwall, Per Wahlöö

Modèle scandinave
Note :

    Alors qu'il s'adressait à ses convives dans la salle à manger du Savoy de Malmö, le riche et puissant industriel Viktor Palmgren est abattu d'un coup de revolver par un inconnu prenant la fuite par une fenêtre ouverte. L'enquête démarre cahin-caha, conduisant jusqu'à Stockhom et le proche Danemark. Jusqu'à un épilogue qui me laissera en bouche un goût fort amer.
   
    Ce roman paru il y a quelques décennies fait partie d'un ensemble de dix, ayant comme idée fondamentale, selon les auteurs, de "montrer la coupe d’une société structurée d'une certaine manière, et d'analyser la criminalité en tant que fonction sociale." Il ne s'agit pourtant pas d'un pamphlet indigeste, mais d'un excellent polar bien mené. L'on découvre un pays où l'on peut en quasi totale impunité s'enrichir par des moyens mêmes illégaux tout en piétinant les plus faibles. La part belle est donnée aux différents policiers sur le coup (l'on retrouve certains dans la série), l'enquête tient compte de délais réalistes (tout n'est pas bouclé instantanément), d'un peu de chance aussi, et même de ratés dus à deux policiers peu futés. Les services secrets, présents aussi, sont l'objet de blagues récurrentes. Humour donc, un peu d'action, l'art de l'ellipse et un bon découpage. Bref, un polar suédois modèle d'autres à venir (Wallander?).
   
    Sur le mur du bureau d'un homme d'affaires
    "Un chalutier voguant sur une mer démontée (...). Des pêcheurs en caban et en suroît remontaient le chalut. Cette image d'hommes luttant pour arracher leur maigre pitance à la mer offrait un contraste saisissant avec ce bureau paisible et luxueux où l'on amassait des fortunes en exploitant le labeur humain. Saisissant mais sans doute involontaire. Il y a quand même des limites au cynisme."

critique par Keisha




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