Lecture / Ecriture
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Cul-de-sac de Douglas Kennedy

Douglas Kennedy
  L'homme qui voulait vivre sa vie
  Une relation dangereuse
  Cul-de-sac
  La femme du Ve
  Les charmes discrets de la vie conjugale
  La poursuite du bonheur
  Les désarrois de Ned Allen
  Piège nuptial
  Quitter le monde
  Cet instant-là
  Cinq jours
  La symphonie du hasard T1

Douglas Kennedy est un écrivain américain né en 1955 à New York. Il a été régisseur de théâtre aux Etats Unis puis en Irlande. Il commence à écrire en 1978 et quitte son emploi pour s'y consacrer dès 1983. Néanmoins, il doit encore écrire pour des journaux pour assurer sa subsistance. Sa première pièce est jouée en 1986. C'est un four. Il commence à être publié en 1988 et connaît le succès très rapidement.

Cul-de-sac - Douglas Kennedy

Cauchemar au pays du kangourou
Note :

   Nick Hawthorne est un journaliste américain sans attaches qui vivote en travaillant pour des canards locaux.
    Pour rompre avec la monotonie de son existence, il décide un jour sur un coup de tête de partir visiter l’Australie. Là-bas, il achète un minibus et entreprend de traverser le pays du nord au sud à travers l’outback, cette étendue désertique qui occupe la majorité du territoire australien. Par malheur, il écrase un kangourou par une nuit sans lune, ce qui de fil en aiguille le conduit à se retrouver prisonnier d’une communauté d’allumés vivant dans une ville minière désaffectée en plein cœur du bush. Complètement coupé de la civilisation, la ville la plus proche se trouvant à des centaines de kilomètres, Nick parviendra-t-il à s’évader ?
   
   Voici le premier roman, réussi, de Douglas Kennedy. L’intrigue de ce thriller est d’une redoutable efficacité : passés les premiers chapitres d’exposition, on entre de plain-pied dans cette histoire à la fois cauchemardesque et très crédible, au point qu’on se fait la réflexion qu’elle pourrait arriver à n’importe qui. Le suspense est roi jusqu’à la dernière page.
   
   Le style de Cul-de-sac, très imagé, se caractérise plus par sa rudesse que par son élégance, et le langage utilisé est souvent cru, voire vulgaire, mais cela colle parfaitement à l’ambiance du livre. Le ton du roman réussit l’exploit d’être en même temps drôle et féroce. L’aventure de Nick, pour angoissante qu’elle soit, est racontée avec un humour noir auquel il est difficile de résister.
   
   Mais le principal attrait du livre reste son décor, très original et dépaysant. C’est en effet le premier roman que je lis qui se déroule dans l’outback australien. La puissance d’évocation de Douglas Kennedy est telle qu’on s’y croirait : on sent la chaleur écrasante du soleil, on imagine sans peine les déserts rouges et brûlants qui s’étendent à perte de vue, les villes minables et les autochtones déjantés.
   
   Cul-de-sac constitue un excellent divertissement, d’autant qu’il a le mérite de ne pas s’étirer en longueur : tout est bouclé en moins de 300 pages, ce qui évite les baisses de tension au cours du récit.
   
   PS: Voir la fiche "Piège nuptial"
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critique par Caroline




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Voyage sans retour…
Note :

   Et oui, encore un Douglas Kennedy vous allez me dire…Mais celui-ci a une différence, c’est un thriller…
   
   Nick, sur un coup de tête, après avoir acheté une carte de l’Australie complètement par hasard, décide de prendre une sorte d’année sabbatique et de partir dans ces grands espaces, dans le bush, histoire de remettre de l’ordre dans ses idées.
   
   Mais tout ne se passe pas exactement comme il l’avait prévu… Après quelques péripéties sans grandes conséquences, Nick, fait fi de la première et plus grande recommandation indispensable à la survie dans le bush qui n’est autre que de ne pas rouler la nuit… il sera obligé de faire face aux conséquences de son immaturité… Car cette simple recommandation a pour but d’éviter les accidents dus aux collisions avec les kangourous… et Nick en percutera un. Mais malgré les contusions et les dommages de son van, il s’en sort bien et décide de se reposer quelque temps dans un camping…et c’est lorsqu’il décide de reprendre la route qu’il va se retrouver confronté à un danger bien plus grand…elle s’appelle Angie, la vingtaine, robuste…il la prendra en stop et elle l’entraînera dans une sorte de clan, contre sa volonté et situé à plus de 400 kms de toute ville, sans aucun moyen de s’échapper…
   
   Un thriller vraiment bien ficelé qui commence tout gentiment et qui nous entraîne dans un univers de déjantés, coupés du monde et que l’on a pas du tout envie de rencontrer un jour. On se met à la place de ce pauvre Nick, on angoisse pour lui, on ne comprend pas, comme lui, et on espère qu’il s’en sortira vivant car si ses kidnappeurs sont allumés, ils sont aussi capables de le tuer s’il tente de s’enfuir…
   
   J’ai vraiment été impressionnée par ce thriller, je m’attendais à une lecture d’été, pour passer le temps, mais j’ai vraiment été entraînée dans cette histoire et je ne l’ai pas quittée avant d’en connaître le dénouement.
   
   Je me réjouis à l’idée que Douglas Kennedy en fasse un autre comme ça!
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critique par Mme Patch




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L’ Aventure
Note :

   Dès le début de ce roman, on se dit qu’on est parti pour une aventure peu ordinaire.
   …j’avais passé les quinze dernières années à jouer les juifs errants journalistiques…. J’avais la quarantaine en vue et comme perspective d’avenir, un autre boulot insipide dans un canard insipide.
   …je craque pour une carte périmée…et deux heures après, dans un hôtel à puces et entre deux haut-le-cœur, je décide de tout plaquer et de partir pour le trou du cul de l’Australie.

   
   Après l’achat d’un combi VW des années soixante dix, l’arrivée en Australie, la rencontre malencontreuse d’un kangourou en pleine nuit, suivie de celle- encore plus malencontreuse- d’Angie, "mangeuse d’hommes", voilà notre journaliste raté- Nick Hawthorne- au début d’un véritable cauchemar.
   
   Si l’aventure n’est pas réjouissante pour le héros, au contraire, pour le lecteur, l’écriture incisive, la langue fleurie et les considérations percutantes ne peuvent qu’attirer le sourire… C’est un moment de lecture agréable dans des conditions horribles !! Parfois on rit jaune, en pensant qu’heureusement, ça ne peut pas nous arriver ( !?) Les considérations existentielles de D. Kennedy sont cependant des plus sérieuses et en disent long sur nos modes de vie.
   
   On passe sa vie à se faire accroire que le travail qu’on s’appuie a une finalité supérieure … Mais au fond, on ne bosse que pour combler le vide des heures- pour éviter de se confronter à l’inanité de son existence.
   
   L’ennui est une maladie domestique endémique. Il faisait rage à Wollanup, la ville étant dépourvue de ces merveilleux tueurs de temps que sont la télé, les centres commerciaux, les bowlings et le Top Cinquante à la radio.

   
   A lire si vous ne craignez pas les mauvais rêves.
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critique par Jaqlin




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Perpète à Wollanup, sans conditionnelle...
Note :

   1er chapitre : Pourquoi est-ce que j'ai pris ce bouquin? Au fait qu'est-ce qu'il raconte, je n'ai même pas regardé la 4ème?
   
   Oui des interrogations car ce roman commence en "guide touristique" de l'Australie. Jerry, américain, journaliste de profession vient de débarquer sur (...) "une île, presque aussi vaste que les Etats-Unis, avec, pour tout réseau routier, un fil rouge qui la coupait en deux, du nord au sud, et un autre qui en bordait les côtes, comme un feston", et nous suivons ses premières rencontres avec cette terre aride, avec les habitants éparpillés de cette île. Tout comme nous il s'interroge sur le bien fondé de sa décision jusqu'à sa rencontre avec Angie, qui lui propose de descendre avec lui vers le Sud. Idéalisée, surprenante, sa charmante auto-stoppeuse ne connaît musicalement que les années 70 (grâce à la pile de 45 tours de son oncle), sortant pour la première fois de sa ville de Wollanup. Faisant lit commun, ils poursuivent leurs découvertes respectives du pays pour l'un, du cinéma, musique et hamburgers pour l'autre. Jerry ne voit en Angie qu'une petite passade d'une semaine de vacances mais ne va prendre conscience de son erreur qu'une fois arrivé à Wollanup, où il se retrouve coincé au milieu du désert et du bush, sans aucun moyen de communication avec l'extérieur: la route de Wollanup n'existe plus sur les cartes; cette ville ne vit qu'aux yeux de la famille (élargie) d'Angie: une soixantaine de personnes. Et quand vous entrez dans cette vie/ville, vous ne pouvez plus partir. A moins que...
   
   L'intrigue est bien ficelée, je me suis prise au jeu dès l'arrivée d'Angie et de Jerry (si on peut parler d'une arrivée) dans ce cul-de-sac. Les personnages sont, comme le dit l'auteur, simiesques, grossiers. Se dégage une image de trognes, qui pourraient être risibles s'il n'y avait pas le désarroi sous jacent de certains. Comme Jerry on s'accroche à l'espoir de réussir à s'échapper à ce monde qui n'existe que par la volonté des 4 chefs de village.
    ↓

critique par Delphine




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Piège nuptial
Note :

   «Piège nuptial», c’est le titre sous lequel j’ai lu ce roman, le premier roman, de Douglas Kennedy. Au nom de quoi cette réédition bénéficie-t-elle d’un changement de titre? Il y a bien une nouvelle traduction , mais … ?
   
   Toujours est-il que ce «Cul-de-sac» paru en 2002 m’a furieusement évoqué un autre roman lu peu de temps auparavant: «Wake in fright», «Cinq matins de trop» en traduction française, roman culte en Australie publié la première fois en 1961, mais d’un australien cette fois-ci; Kenneth Cook. Et m’est avis que pour un «Aussie» de base, se faire caricaturer par un Kenneth Cook, compatriote, doit avoir un goût moins amer que de la part de Douglas Kennedy, un américain. Je parierais bien ma chemise que Douglas Kennedy avait lu «Cinq matins de trop» avant d’écrire «Cul-de-sac».
   Le format est plus long mais le délire reste le même. En pire peut-être? Ah, pour faire passer l’ «Aussie» de l’outback pour un plouc indécrottable, … difficilement mieux !!
   
   Nick Hawthorne mène une existence particulièrement terne de «journaleux» de 3ème zone dans l’Est américain et commence à trouver l’existence sans intérêt. Sur un coup de tête, il rassemble ses économies et part à la découverte de l’Australie, ce continent, et plus particulièrement de l’outback: la zone centrale en dehors des côtes, vaste désert inhospitalier et peu peuplé.
   
   Peu peuplé? Sauf par quelques spécimens particulièrement gratinés. Notamment Angie, belle femme jeune qui va s’avérer son calvaire puisqu’il va la suivre dans son «trou-du-cul-du-monde» (en français dans mon texte), un cul-de-sac en quelque sorte. S’ensuivent des événements inimaginables, grotesques … et pourtant? C’est un thriller bien ficelé dans lequel Nick comme le lecteur se sent prisonnier (ou plutôt «est prisonnier») et où le rural de base australien s’en prend plein la tête.
   
   Ce premier roman de Douglas Kennedy n’annonçait pas sa future production! Un peu comme le vilain petit canard dans la couvée du cygne.
   
   A lire, ne serait-ce que pour comparer avec «Cinq matins de trop».

critique par Tistou




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