Lecture / Ecriture
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Passer l'hiver de Olivier Adam

Olivier Adam
  Passer l'hiver
  Je vais bien, ne t’en fais pas
  A l'abri de rien
  Des vents contraires
  Poids Léger
  Le cœur régulier
  Dès 09 ans: Personne ne bouge
  Les lisières
  Peine perdue
  La renverse
  Chanson de la ville silencieuse
  Ados: La tête sous l'eau

Olivier Adam est né en 1974 et a publié son premier roman ("Je vais bien, ne t’en fais pas") à 26 ans. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.

Il vit actuellement près de Saint Malo.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Passer l'hiver - Olivier Adam

Sous la neige
Note :

   Ce livre d'Olivier Adam, a été un vrai coup de coeur ! Chiné lors de ma sortie à Lyon, je l'ai dévoré en une soirée, tellement c'était bon !
   
   Il s'agit d'un recueil de nouvelles. Chacune à la particularité de se passer en hiver. Et Olivier Adam a ce 'je-ne-sais-quoi' qui fait qu'on a vraiment l'impression d'être en pleine saison hivernale ! Le choix des mots, tout d'abord. Légers et blancs, comme la neige. Et ce silence que ce livre dégage, comme la neige, toujours, feutré. Pas un mot de trop, chaque phrase est pesée, et si évidente à la fois. Comme s'il ne pouvait en être une autre, et que celle-ci est la seule valable !
   
   Des personnages un peu cabossés, qui ont dans leur âme un 'truc' brisé, cassé. Des coeurs énormes, mais des vies pas si faciles que cela. Entre l'ancien tocard, la caissière, la secrétaire, le chauffeur de taxi... on se retrouve tous un peu quelque part... Tout simplement aussi bon que les nouvelles d'Anna Gavalda, mais dans un style différent !
   
   Voici le résumé : " J'avais trop bu et Pialat était mort. J'avais appris ça dans la soirée. Les petites dormaient à l'étage. Après le repas je les avais bordées. J'avais eu un mal de chien à les laisser seules, là-haut, dans le noir de leur chambre, à m'arracher à leurs visages paisibles, leurs fronts pâles, leurs mains fines posées sur la couverture. " (il s'agit en fait d’un extrait de la première nouvelle de ce recueil...)
   
   A conseiller, et si possible en plein hiver, bien au chaud dans son lit, pour savourer avec encore plus de gourmandise ce livre qui nous inonde du talent de nouvelliste d'Olivier Adam ...
   ↓

critique par Onlykey




* * *



Trop d’alcool.
Note :

   Il ne faudrait pas négliger l’implicite du titre. «Passer l’hiver» est bien cette expression que l’on emploie pour les vieux ou les gravement malades dont on doute de la survie à une situation inconfortable de plus : la mauvaise saison.
   
   Nous avons donc ici un recueil de 9 nouvelles se passant en hiver.
   
   Cela vous donne l’atmosphère : ce n’est pas la jolie neige pure et libre des “sommets inviolés”, c’est la neige sale des villes, le froid, l’absence de luminosité, la pluie glaçante, la boue, la nuit presque tout le temps ou le jour gris. Et oui, vous avez deviné, l’ambiance est plutôt morose.
   
   Et les sujets sont parfaitement raccords : tempête, inondations, quelques deuils, une sortie de prison, la vie sans espoir de jeunes caissières, chauffeurs de taxi, infirmières ou employées, chômage, suicide, pétage de plomb et fuite vers rien.
   
   Les personnages principaux se ressemblent. Ils sont hommes ou femmes, mais ils sont assez jeunes, ils ont un ou deux enfants jeunes qu’ils aiment mais auxquels ils n’ont pas l’impression d’apporter beaucoup d’aide, parfois un conjoint qui les aime mais, là également, ils ne semblent pas croire que cet amour sauvera qui que ce soit.
   
   Bref, ils sont dépressifs et soignent leur dépression par l’alcool. Mais l’alcool n’est pas un bon antidépresseur. Il ne vous tend la main au dessus de l’abîme que pour mieux la lâcher quand vous aurez tout abandonné pour vous en remettre uniquement à lui. Il dit «Je t’aide à tenir» alors qu’en fait il vous rend aveugle à vos vraies possibilités de «changer tout». Vous étiez dans une situation difficile, c’est lui qui prétendant vous aider à la supporter, la rend en fait sans issue. Toutes ces nouvelles le prouvent, que l’auteur le veuille ou non.
   
   Sans doute plutôt «ou non».
   
   Ici donc, le thème de ce recueil de nouvelles ne m’a pas convaincue. L’hiver gris par là-dessus, c’était même carrément redondant, limite caricatural. Bien qu’on ne puisse pas nier que les situations qui semblent désespérées existent bien aussi en hiver et même que cela les aggrave. Mais bon… j’ai trouvé qu’ajouté au parti pris de désespoir, cela faisait trop.
   
   Par contre, je ne peux pas nier que je continue à penser qu’Olivier Adam écrit bien. Ce n’était pas au niveau de «A l’abri de rien», mais c’était tout de même très bien et on voyait ce que son écriture pouvait devenir.
   
   Je sais qu’il est contesté pour son attitude lors d’interviews télé etc. mais justement moi, je ne l’ai jamais vu à la télé et je ne connais de lui que quelques écrits. Alors peut-être que je n’aimerais pas la personne «Olivier Adam», mais qui s’en soucie ? Ni lui ni moi en tout cas. Je ne connais que ce que j’ai lu de lui (et même pas sur lui) et je trouve qu’il écrit bien. Je n’aime peut-être même pas sa vision du monde, mais j’aime ses phrases. C’est tout. Mais ce n’est pas rien.
    ↓

critique par Sibylline




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Les esquintés
Note :

   Ils sont bien esquintés les personnages que met en scène Olivier Adam dans ce recueil de neuf nouvelles. Fatigués, cabossés par la vie. Chaque journée qui commence est un combat contre la poisse, un combat qui les laisse un peu plus seuls, un peu plus usés par les injures de l'existence.
   
   
   Neuf nouvelles, neuf portraits d'hommes et de femmes d'aujourd' hui. Neuf solitudes qui tentent tant bien que mal de passer l'hiver.
   
   Ces neuf textes ont effectivement l' hiver en toile de fond, l'hiver saison du dépouillement, saison difficile et cruelle à ceux qui n'auront pas la force de voir venir le printemps. Mais c'est surtout l'hiver métaphorique qui s'installe en chacun de nous que nous décrit ici Olivier Adam, cet hiver intérieur qui nous étreint après la mort d'un proche, la perte d'un emploi, d'un amour, ou tout simplement de nos illusions piétinées par le sort.
   
   Olivier Adam nous fait partager quelques heures ou quelques jours de ces vies brisées ou en passe de le devenir. Il nous raconte ces hommes et ces femmes aux prises avec l'adversité du quotidien, avec ces douleurs muettes qui se cachent derrière les fenêtres des cités pavillonnaires éclairées par les écrans de télévision, avec ces chagrins refoulés sous les néons de ces zones commerciales dont on ne sait plus où elles commencent et où elles prennent fin, avec ces envies de tout foutre en l'air qui survient lors de ces nuits interminables passées à contempler derrière une vitre les lumières de ces villes glacées.
   
   « [...] et c'est la nationale et les enseignes alignées, les feux, les voitures, les restaurants, les cubes en tôle, Saint-Maclou, But, La Halle aux chaussures, les zones commerciales, les zones d'activité, les zones industrielles, plus haut l'hôpital et la gare RER, plus bas la maison de quartier, l'ANPE et les alignements de pavillons, les jardins, les terrains vagues. C'est là que je vis. »
   
   Ils sont tous là, ceux qui ne passent pas l'hiver à Megève ou aux Caraïbes. Ils sont chauffeurs de taxi, employés de supermarché, vendeuses dans une station-service, infirmières, professeurs des écoles, taulards récemment libérés, ouvriers, employées de bureau...
   
   Tous essaient à leur façon de passer l'hiver, soit en rentrant les épaules et en attendant que cela se passe, soit en décidant de tout envoyer paître et d'abandonner un quotidien devenu insupportable.
   
   Ils sont comme ça les personnages que nous dépeint Olivier Adam dans ces neuf nouvelles qui sont autant de facettes de nos vies dérisoires, neuf tableaux qui décrivent avec une froide lucidité la France d'en bas, celle qui se lève tôt et qui souvent ne se couche même pas tant elle ressasse les crachats et les affronts de l'existence.
   Pour eux, pour nous, l'hiver est toujours là, dans ces nuits d'insomnie, dans ces moments où tout ce qui nous entoure semble se réduire en cendres parce que quelqu'un nous a quitté, parce qu'un être cher meurt d'un cancer sous nos yeux, parce qu'il faut chaque jour se faire humilier par un petit chef pour ne pas se retrouver dans la rue, parce que la vie, finalement, se présente parfois comme notre pire ennemie.
   
   Avec «Passer l'hiver», Olivier Adam s'est vu décerner le Prix Goncourt de la Nouvelle en 2004. Les neuf textes qui composent ce recueil n'incitent certes pas à la gaudriole mais sont, par certains aspects, le reflet sans fard de la réalité sociale de notre pays.
   Une réalité crue, dure, et qui fait mal.
    ↓

critique par Le Bibliomane




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9 nouvelles
Note :

   Neuf nouvelles dans ce recueil d’Olivier Adam, neuf nouvelles qui tournent autour des bobos de la vie quotidienne, pas forcément les gros, ceux qui nous empoisonnent un peu l’existence d’abord mais pas suffisamment pour qu’on les prenne au sérieux, et puis qui s’avèrent au fil du temps des «pourrissoirs de vie». Nous connaissons tous de tels phénomènes : une faille dans le couple qui finit béante, la monotonie du quotidien qui tue l’étincelle, des choses ordinaires qui vous apparaissent un jour comme insupportables, …
   
   C’est très bien rendu car très bien écrit. Mais je me demande si Olivier Adam n’aurait pas oublié parfois de retourner les jumelles pour inverser la vision, regarder par le grand bout quoi ! Il me semble que même au fond des (petits) trous qu’il décrit, il y a quand même des moments de rémission, des moments «d’oxygène», des moments en tout cas totalement absents de ses contes.
   
   Noir, c’est noir. Monochrome, monosentiment. Peut-être un peu réducteur, ça en devient oppressant par moment.
   
   La manière de raconter d’Olivier Adam c’est l’hiver qui arrive après l’automne …
   Hey Olivier ! Et après l’hiver ? C’est bien le printemps qui arrive ? Ou du moins ses prémices. Foin de prémices de printemps chez Olivier Adam. On attaque automne, on termine hiver. Systématiquement. Je pense que ça aurait gagné à être un tant soit peu nuancé.
   
   La galerie de personnages est des plus variée. De façon surprenante, beaucoup sont des femmes. Pour lesquelles il raconte à la première personne. Beaucoup. De là à en déduire que ce sont surtout des femmes qui vivent des galères … !
   
   Petite curiosité, il cite un extrait de la chanson de Dominique A ; «Passé l’hiver» en exergue ;
   «Et dire que nous n'avons même pas passé l'hiver» …

critique par Tistou




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