Lecture / Ecriture
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Chanson de la ville silencieuse de Olivier Adam

Olivier Adam
  Passer l'hiver
  Je vais bien, ne t’en fais pas
  A l'abri de rien
  Des vents contraires
  Poids Léger
  Le cœur régulier
  Dès 09 ans: Personne ne bouge
  Les lisières
  Peine perdue
  La renverse
  Chanson de la ville silencieuse

Olivier Adam est né en 1974 et a publié son premier roman ("Je vais bien, ne t’en fais pas") à 26 ans. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.

Il vit actuellement près de Saint Malo.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Chanson de la ville silencieuse - Olivier Adam

Un beau roman de sentiments
Note :

    Olivier Adam nous entraîne dans son dernier roman dans une quête mystique, celle d'une jeune fille, remplie de mélancolie et de solitude infinie.
   
    Tout au long du livre, on ne saura jamais son prénom, d'elle on sait juste qu'elle est une "fille de", inexistante.
   
    Son père était Antoine Schaeffer super star de la chanson. Alors qu'il était au sommet de sa gloire, il se retire à la campagne, vit comme un ermite loin de la scène et de son public. Il disparaît du jour au lendemain, laissant une voiture abandonnée, l'enquête conclue au suicide. Il reste une légende.
   
    Quand elle voit une photo d'un chanteur de rue qui ressemble étrangement à son père, la jeune fille décide d'aller à la recherche de son fantôme de père.
   
    A travers ses souvenirs enfouis et emmêlés, nous faisons la connaissance d'une enfance meurtrie par l'absence de parents et d'amour familial.
   
    Complètement absente, sa mère, une mannequin, l'abandonne à huit ans à son père. Elle découvre alors un monde d'adultes fait de fête, d'alcool et d'une insoutenable légèreté.
   
    Elle découvre un semblant de famille chez le couple de gardiens de la maison de son père.
   
    Olivier Adam nous émeut avec ses thèmes habituels comme la solitude, l'absence et la disparition.
   
   Ses personnages font face à une solitude et un mal-être profond. Ils sont bouleversants dans leur fuite et l'errance.
   
    La ville de Lisbonne est magnifiée par la musique et le silence des mots. Une errance que le lecteur traverse pour mieux retrouver l'héroïne qui fait face à sa vie, seule et tente d'exister au mieux.
   
    La lecture est douce de cette musicalité et de ses références que nous joue l'auteur.
   
    Il saisit avec beaucoup de sensibilité l'intime d'un artiste et ce qu'il donne de lui au public et de la difficulté d'être compris.
   
    Un beau roman de sentiments sur des airs de fado. A lire.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Pas assez surprise
Note :

   Tu attends toujours avec une grande impatience la parution d’un nouveau roman d’Olivier Adam… car ces dernières années, c’était la promesse, à chaque fois, d’une lecture d’une telle grande qualité que tu pouvais même en frissonner d’admiration. C’était encore le cas en 2016, avec "La renverse".
   
   Cette année, tu dois avouer que tu es un peu déçue. Et pourtant, tu as retrouvé avec grand plaisir l’ambiance douce amère, le désenchantement, qui sied si bien à l’écriture d’Olivier Adam en général et dans ce livre. Le lecteur s’attache à cette fille, fille d’un chanteur-compositeur très connu, ayant disparu du jour au lendemain (un suicide ?), et qui apparaît tout à coup sur une vidéo de mauvaise qualité, prise dans les rues de Lisbonne. Aurait-il finalement maquillé sa fuite ? Serait-il encore en vie ?
   
    Sa fille s’élance à sa recherche et en profite pour nous retracer le récit de son enfance particulière, où elle n’était qu’un petit paquet encombrant et discret que l’on oubliait facilement dans un coin. Aujourd’hui, elle est devenue l’amie de deux garçons, elle travaille dans le monde de l’édition, et sait que son père a emporté avec lui définitivement la tendresse qu’elle lui portait, ainsi que leurs rares souvenirs communs… Elle aimerait être seule, avec ses émotions tendres et sa sensibilité à elle, plutôt qu'être à la recherche du fantôme du chanteur, mais c’est compter sans la notoriété qu’il traîne encore dans son sillage, ainsi que l’avidité des journalistes et médias.
   
    Et toi, lectrice, tu ne sais pas vraiment ce qui t’a tenue constamment sur le côté dans ce récit, ce qui t’a un peu ennuyée. La chronologie en désordre ? Ce monde de la musique qui ne t’intéresse pas tellement ? Les longues descriptions de ce coin retiré de province où le père de la narratrice trouve refuge ? Ne jamais être réellement surprise des rebondissements de la narration ? Ce roman a laissé une douce empreinte dans ton esprit à la fin de ta lecture, et il est encore une fois très bien écrit, mais tu as hâte qu’Olivier Adam te dérange à nouveau.
   ↓

critique par Antigone




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Chanson triste
Note :

   Cela fait trois jours qu'elle sillonne Lisbonne, à la recherche d'un musicien des rues, qui, armé de sa guitare, chante les yeux fermés aux terrasses des bars, et repart sans un mot, sans même demander de l'argent. Personne ne l'a vu depuis quinze ans, depuis qu'il a arrêté sa carrière. Il vit reclus, il ne veut plus rien avoir à faire avec le monde de la musique ni avec le monde tout court.
   
   Une vie d'enfant dans un appartement où sa mère ne fait que passer pour dormir, elle ne reprend vie qu'à la tombée du jour. De temps à autre, son père se pointe sans prévenir. Une vie partagée entre une mauvaise mère et un père lointain qui ne s'aperçoit qu'à peine de son existence. Une vie singulière, mais elle ignore qu'il y en a d'autres. Elle est celle que jamais son père pas plus que sa mère ne viennent chercher à l'école, celle dont les enseignants ne demandent jamais à voir les parents, celle qu'élèvent des grands-parents qui ne sont pas les siens, celle qui grandit sans souvenirs d'enfance.
   
   Olivier Adam nous délivre le portrait intime et bouleversant d'une jeune fille délaissée par ses parents, la quête d'une jeune femme pour retrouver un père qu'elle n'a jamais eu, un chanteur, légende vivante qui va de galas en soirées où l'on dine d'alcools, où l'on change de partenaire, où l'on se défonce parfois. Un père qui décide de se retirer de la vie publique et de la vie tout court. Si l'accueil de ce roman n'a pas été enthousiaste, personnellement j'ai été une fois de plus séduit par Olivier Adam, son style fait de phrases courtes, et empreint de tristesse et de mélancolie.

critique par Y. Montmartin




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