Lecture / Ecriture
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Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ? de Annie Saumont

Annie Saumont
  Un pique-nique en Lorraine
  Un soir, à la maison
  La terre est à nous
  Le tapis du salon
  C'est rien ça va passer
  Encore une belle journée
  Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ?

Annie Saumont est une écrivaine française née en 1927 à Cherbourg et morte le 31 janvier 2017.

Qu'est-ce qu'il y a dans la rue qui t'intéresse tellement ? - Annie Saumont

Trop classique
Note :

   Même pas quatre-vingts pages pour cet opuscule réunissant trois nouvelles. S'il fallait en dégager un thème, ce pourrait être les souvenirs d'enfance ou de jeunesse. Ils sont le socle de ces trois récits.
   
   La nouvelle éponyme est la première, mais c'est celle qui m'a le moins convaincue. Je dis "mais" parce qu'étant la première et ayant donné son titre au recueil, on pouvait penser qu'elle était la meilleure, eh bien, pas à mon sens en tout cas. Un couple âgé dans un petit appartement, la femme, très active, ne cesse de parler à son mari qui, assis sur une chaise et ne disant rien, ne fait que regarder par la fenêtre. Or que voit-il à travers cette fenêtre ? Rien, ou ce qui en tient lieu : un immeuble inhabité et fermé, une rue vide. C'est que ses songeries habillent ce rien de ses souvenirs... Un peu banal et convenu à mon sens.
   
   Vient ensuite "Ce serait un dimanche". Deux jeunes femmes dans le métro. Un homme suit au moins l'une des deux, celle qui est la narratrice. L'autre est plus enjouée, bavarde. Au fil du récit, on apprend qu'elles sont amies d'enfance et amies intimes. Elles doivent se séparer, elles se retrouveront ce soir, c'est le moment que choisit le suiveur pour agir et l'on comprend la vraie histoire derrière les apparences trompeuses. J'ai davantage aimé cette nouvelle. C'est plus original. La fin surprend et l'histoire est jolie.
   
   Dernière : "Méandres" Les méandres, ce sont les boucles d'un cours d'eau; pour une route, on parlera plutôt de lacets mais ici, parce que cette route est un fleuve, le fleuve du temps, de la vie et de la mort, et qu'on peut s'y noyer, on parle de méandres. Le narrateur n'a pas quarante ans mais paraît un vieillard à tous points de vue. Il ressasse sans fin un traumatisme qu'il ne dépassera pas et on met la nouvelle à comprendre lequel, jusqu'au terme de cet irrattrapable désastre... Triste. Bien fait techniquement, bien écrit, comme les autres, pas très surprenant.
   
   Annie Saumont est LA grande nouvelliste française contemporaine. Elle aurait écrit environ 300 nouvelles, ce n'est pas rien et c'est dire qu'elle maitrisait cet art délicat du récit court. Ce petit recueil date de 2006, elle publiait alors depuis cinquante ans...

critique par Sibylline




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