Lecture / Ecriture
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Comment devenir un monstre de Jean Barbe

Jean Barbe
  Comment devenir un monstre

Comment devenir un monstre - Jean Barbe

La part sombre
Note :

   Ce roman date de 2004. Je l’avais vu souvent à sa sortie et même qu’au début, il était noté dans ma liste-de-listes-à-acheter-de-façon-prioritaire. On a la définition de "prioritaire" qu’on peut hein. Ça a aura pris 14 ans! Bizarrement, je ne savais pas du tout de quoi ça parlait et sérieusement, ça a été une excellente surprise. J’ai a-do-ré ce roman.
   
   Jean Barbe est parti d’un événement survenu pendant une guerre fratricide. Un milicien a tué un bébé. Comment une personne en apparence normale peut devenir un tel monstre en contexte de guerre? Est-elle responsable de tout? D’où vient le mal, la violence? Encore une fois, on cherche une réponse simple à une question compliquée, comme le dirait le narrateur.
   
   François est avocat et lassé de sa vie. Il a donc décidé, sans trop consulter son épouse, de devenir avocat sans frontière. Il atterrit donc dans un pays en guerre, une guerre entre le gouvernement et la milice. Une guerre sale, pas belle, comme toutes les guerres. Il doit défendre Viktor Rosh, dit Le Monstre. Il ne sait pas trop dans quoi il est tombé, ne connaît pas les codes et son client reste désespérément muet. Pas un mot. Il va donc partir sur ses traces, pour tenter de comprendre.
   
   La narration nous balade allègrement entre la recherche de François et le récit du Monstre. Le montre a été un enfant, il a été chef, amateur de bonne chère. Qu’est-il arrivé? Réflexion sur la part sombre qui existe en chacun de nous, récit glaçant, qui remet le lecteur en question. Nous arrivons presque, par moment, à nous identifier à Viktor et ça, ça fait peur. J’ai adoré le sarcasme sous-jacent, les bassesses et les imperfections de tous les personnages. Nous les découvrons petit à petit, la manipulation politique est omniprésente et même si j’aurais préféré une fin un peu plus nuancée mais tout de même… un grand roman. Rien de moins.

critique par Karine




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