Lecture / Ecriture
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Trois chevaux de Erri De Luca

Erri De Luca
  Montedidio
  Trois chevaux
  Acide, Arc-en-ciel
  Le contraire de un
  Essais de réponse
  Un nuage comme tapis
  Le jour avant le bonheur
  Les poissons ne ferment pas les yeux
  Le chanteur muet des rues

Erri De Luca est né à Naples en 1950, il vit actuellement près de Rome.

Il a participé à des mouvements d’extrême gauche qui continuent à avoir sa sympathie.

Ayant quitté à 18 ans un avenir tout tracé (études, métier confortable) il a voyagé en menant une vie d’ouvrier non qualifié sans jamais cesser d’écrire. Il n’a pas été publié avant d’avoir 40 ans.

Il est actuellement un écrivain reconnu.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Trois chevaux - Erri De Luca

Que c’est beau !!
Note :

   J’avais à peine terminé ce roman que je l’ai repris à la première page et que j’ai recommencé à le lire. C’est quelque chose que je ne fais jamais. J’y pense parfois, je l’envisage plus ou moins fortement, mais toujours, l’attrait du livre que je ne connais pas encore surpasse celui du livre déjà lu. Là, non.
   
   Je l’ai donc repris à la première page et j’ai bien fait. Il y avait presque autant à récolter à la seconde lecture qu’à la première. Mais je ne lis pas de la même façon.
   
   La première fois, j’ai lu consciencieusement, en progressant presque régulièrement, malgré quelques relectures de passages et quelques prises de notes. J’ai lu. J’ai découvert des choses, dont certaines que j’ai aussitôt oubliées.
   
   La seconde fois, je lis très vite, et très lentement, certains passages que je survole, d’autres que je relis cinq, six fois, plus. J’apprends presque par cœur. Je retrouve ce que j’ai oublié, me souviens que je l’avais pourtant déjà vu. Mon cerveau est négligeant. Il égare, il sélectionne, selon des critères qu’il est seul à connaître et qui échappent à toute explication.
   
    Ce livre ne quittera plus mon chevet. Il y aura d’autres lectures.
   Je trouve ici ou là sur le net, des commentaires bien plus réservés que le mien. Bon. C’est normal. On n’est pas tous émus par les mêmes thèmes. Par contre, je lis parfois aussi ceux de lecteurs totalement hermétiques au charme et à l’intérêt de la pensée de De Luca qui se perdent à lui reprocher… « de compliquer » et là… franchement, je les plains.
   Oui, on peut faire pas plus difficile à digérer que du Marc Levy. C’est vrai, et alors ? Quel intérêt ?
   
    On l’aura compris, avec ce roman, j’entre dans l’union des inconditionnels de Erri De Luca qui se caractérise par un style de toute beauté mis au service d’une belle histoire.
   
   Ici, celle d’un homme de cinquante ans qui, après une existence assez agitée - il a participé activement et longuement à la lutte armée contre la dictature argentine-, existence enrichie d’un bel amour, se retire vaincu en Italie et devient jardinier. Un jardinier comme Erri De Luca en est un aussi dans la réalité, homme qui ne vit que dans des relations humaines belles et profondes et nous donne une leçon de vie.
   
    Ce qu’il écrit est splendide. Ce dont il parle est splendide. La façon dont il en parle ne l’est pas moins. Chaque mot est une idée, chaque mot est un poème. «Inconditionnelle» signifie bien que je suis totalement admirative et que je n’ai aucune réserve à formuler, aucun reproche à faire, tant sur le fond que sur la forme. Un verbe superbe mis au service d’une vision du monde qui a toute mon adhésion. Que dire de plus ? Erri, merci d’exister. Ca aide parfois.
   
   Extrait :
   "La terre a un désir de hauteur, de ciel. Elle pousse les continents à la collision pour dresser des crêtes.
   Elle se frotte autour des racines pour se répandre dans l’air par le bois.
   Et si elle est faite de désert, elle s’élève en poussière. La poussière est une voile, elle émigre, elle franchit la mer. Le sirocco l’apporte d’Afrique, elle vole des épices aux marchés et en assaisonne la pluie. "

critique par Sibylline




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