Lecture / Ecriture
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Une âme damnée - Paul Gégauff de Arnaud Le Guern

Arnaud Le Guern
  Une âme damnée - Paul Gégauff

Une âme damnée - Paul Gégauff - Arnaud Le Guern

Un pâle imitateur
Note :

    De Paul Gégauff (1922-1983), il reste quelques scénarios qui le placent immédiatement au Panthéon d'un certain cinéma français : Plein soleil pour René Clément, Que la bête meure et Docteur Popaul (entre autres) pour Chabrol, More pour Barbet Schroeder et surtout, surtout, Le Signe du Lion pour Eric Rohmer, que je tiens pour un des meilleurs films que j'aie jamais vus. De Gégauff; il reste surtout une image, une réputation, celles d'un dandy, d'un séducteur, d'un dilettante, d'un buveur, d'un provocateur qui tenait Gandhi pour le plus grand criminel de son siècle, d'un brûleur de vie qui vit la sienne s'interrompre une nuit de Noël norvégien, sous les coups de couteau de sa dernière compagne. On se réjouissait de lire ici le récit de cette vie mais la joie fut de courte durée. La faute à cet Arnaud Le Guern, admirateur de Gégauff au point de vouloir lui ressembler et de parsemer son évocation de saynètes le mettant en scène et sous-titrées "L'ai-je bien imité ?". On le voit rapidement à la lumière des noms convoqués, Arnaud Le Guern se place dans la mouvance des Charles Dantzig, Patrick Besson, Eric Neuhoff, Benoît Duteurtre et Yann Moix, à qui Le Figaro ouvre généreusement ses colonnes. Tenants d'une droite qu'ils qualifieraient de décomplexée, ils se voient, dans le champ littéraire, comme les héritiers des Hussards. Seulement, ils n'ont ni le style d'un Blondin ni la classe d'un Bernard Frank, ils sont loin de l'autocombustion d'une Sagan et ils ne porteront jamais la casquette comme Michel Déon. "Je n'écris pas sur Gégauff. Je braconne autour de sa silhouette, de ses mots", écrit Le Guern. Soit. On peut faire ça de façon élégante, subtile, respectueuse et propre, comme on l'a vu avec Bruno Vercier à propos de Charles-Louis Philippe. Le Guern fait ça comme un gougnafier. En attendant, Paul Gégauff attend toujours un biographe, un vrai. Un type qui ne donnerait pas à Henri de Régnier le prénom de Pierre, qui n'utiliserait pas "amener" pour "apporter" et qui saurait orthographier le nom d'Hubert Monteilhet par exemple.

critique par P.Didion




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