Lecture / Ecriture
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Norilsk de Caryl Férey

Caryl Férey
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  Norilsk

Caryl Ferey est un écrivain français né à Caen en 1967.

Norilsk - Caryl Férey

Le Far East sibérien
Note :

   "Norilsk, un Far East sibérien avec des broussailles de glace coupante au fil du vent et pas un chat dans les rues après qu’on a flingué le shérif et ses assesseurs. Un endroit sans vitrines, sans rien."
   

   Chaud, tout chaud le nouveau Caryl Ferey arrive sur les tables des libraires. Voici que mon écrivain préféré (le bonhomme, pas forcément ses livres) se transforme en écrivain voyageur. Attention, il y a déjà du monde sur le créneau, c’est plutôt casse gueule. Tesson, Blanc-Gras, et tout ceux que je n’ai pas lus ou ne lirai pas, sont dans les startingblock, alors quel besoin de se joindre à la meute ? En même temps, comme il l’expliquait dans son livre "Pourvu que ça brûle" les voyages sur zones pour écrire ses polars ne pouvaient qu’aboutir à ce qu’un jour il en fasse un livre.
   
   Ne pouvant résister à une charmante jeune femme, surtout si elles sont deux, l’auteur qui pourtant travaille déjà sur un autre thème, se voit confier la mission, si il l’accepte, de se rendre dans un de ces trou du cul du monde comme il en existe tant sur la planète. Un endroit charmant comme en témoigne sa description.
    "Des carrières enneigées mais noires de crasse se succédaient, des enchevêtrements de pipe-lines protégés du froid par des coffrages en bois ou en carton, une cité-dortoir aux immeubles colorés pour vaincre un peu la nuit polaire, quand tous les repères s’effacent, des rails, des wagons, d’autres mines à ciel ouvert, mais pas l’ombre d’un humain, même mort… Pas de bois ici, que du minerai et des cheminées dressées dans la tempête qui grandissaient à mesure que nous approchions. Les tours du malheur. Un décor de polar. Norilsk."
   

   En même temps, c’est un peu comme à la télé, on prend en charge les frais (boissons incluses) et la paperasse et en plus on peut demander de l’aide à un ami. Cette fois, c’est la bête qui va s’y coller. La bête que l’on a déjà rencontré dans l’ouvrage précédemment nommé "Pourvu que ça brûle". La bête qui oublie à peu près tout, ce qui peut poser problème dans un patelin où l’autorisation d’aller n’est délivré que par l’héritier du KGB.
   
   Un travail de commande, mais publié sur un papier (tu rouleras pas une clope avec une couverture et sur-couverture plus bandeau), bref, le grand luxe pour le grand nord. Une enquête que certains vont qualifier de gonzo en souvenir du style de H S Thompson, un exercice où l’auto centrage est très évident, l’abus d’alcool peut nuire à la santé, mais qui se laisse lire comme un bon article de presse, l’humour en plus. Une belle galerie de gens vivant dans ces conditions, ne niant aucun des dangers qu’ils encourent, mais qui avant tout sont humains, très humains.

critique par Le Mérydien




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