Lecture / Ecriture
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Le faussaire de Yasushi Inoué

Yasushi Inoué
  Le fusil de chasse
  Le sabre des Takeda
  Le maître du thé
  Le château de Yodo
  Shirobamba
  Rêves de Russie
  La chasse dans les collines
  Le faussaire

Yasushi Inoue (井上靖) est un écrivain japonais né en 1907 et décédé en 1991.

Le faussaire - Yasushi Inoué

Recueil de trois nouvelles
Note :

   Ce fascicule est un recueil de trois nouvelles de cet important écrivain japonais (Prix Akutagawa) du 20ème siècle.
   
   La nouvelle éponyme est la première et la plus longue (75 pages sur 140). Racontée à la première personne, elle nous dévoile la curieuse histoire d'un auteur auquel une famille de notables a attribué la tâche de rédiger la biographie du défunt chef de famille, peintre célèbre. Il avait accepté sans hésiter, le travail lui semblant facile, mais il s'est avéré que l'on savait peu de chose de la vie de ce peintre en dehors de la version officielle que tout le monde connaissait déjà. C'est ainsi que, la guerre venant s'ajouter à tout cela, le travail traina dix ans et ainsi aussi et surtout, que, recherches faisant, il s'était de plus en plus intéressé à un faussaire dont l'itinéraire avait suivi celui du peintre et dont la vie offrait plus de prises. Nous suivons pas à pas la progression de son enquête qui ne suit pas celui qu'elle devrait. Un très beau récit, doux et lent qui nous en apprend beaucoup sur la mentalité des Japonais de cette première moitié du 20ème siècle et de ce récent après-guerre.
   
   Le second texte, "Obasuté", 25 pages, est également rédigé à la première personne et traite de préoccupations nettement personnelles. Le point de départ est ce conte japonais qui parle de la coutume selon laquelle les vieillards (on met en avant les vieilles femmes, mais les hommes sont concernés aussi) étaient emportés par leurs fils sur le mont Obasuté et y était abandonnés. Mais contrairement à ce à quoi s’attendait le lecteur occidental, c'est l'occasion pour l'auteur de traiter d'un "gène" familial de misanthropie qui pousserait certains de ses membres vieillissants à ne plus supporter le voisinage des autres et à se retirer de toute vie sociale. Loin de s'interroger sur le sort de ces vieillards abandonnés ou sur l'ingratitude des enfants, il considère que cet abandon était ce qu'ils souhaitaient et leur permettait une sorte de "retraite" tranquille. Revenant bien vite à lui-même, il se demande si ce "gène de misanthropie" ne se manifestera pas chez lui aussi. Ce texte m'a laissée bien dubitative malgré mon propre goût de la solitude...
   
   La dernière nouvelle, 28 pages, "Pleine lune" N'est pas rédigée à la première personne. On a un narrateur omniscient. Elle nous conte l’histoire de Kagébayashi au moment où il prend la place du PDG d'une grosse société, qui vient d'être contraint à démissionner par son Conseil d'Administration. Le président était un homme exigeant et grincheux que peu aimaient. Le fait que Kagébayashi lui succède est une surprise et est encore secret. Il revient aux plus fins de flairer où le vent tourne et de se dérouter sur le nouveau pôle. Mais combien de temps durera ce règne ? La chute est belle et profonde, mais je ne veux rien en flétrir.

critique par Sibylline




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