Lecture / Ecriture
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Merci de votre attention de Pascale Clark

Pascale Clark
  Merci de votre attention

Merci de votre attention - Pascale Clark

Le miroir aux alouettes
Note :

   Au milieu des années 80, Michel Galabru avait cassé son image de beauf un peu couillon et bien franchouillard en interprétant un dangereux maniaque doublé d’un inventeur fou qui dézinguait à distance les présentatrices de la télévision. Kamikaze. Le roman de Pascale Clark y fait d’emblée penser. Des présentatrices se font refaire le portrait à grand coup de cutter. Ce faux polar est prétexte à abimer non pas les visages de celles sur lesquelles sont braquées les objectifs et les caméras, mais bien de tailler un vrai costard à notre toute puissante télévision.
   
   C’est bien connu désormais, la télévision rend stupide (ceux qui la regardent) et fous (ceux qui la font). Pascale Clark connait bien son sujet. C’est la première (et seule?) animatrice a avoir fait de la radio à la télé. On ne la voyait jamais. On entendait juste sa voix, si particulière. L’invité interviewé était seul dans une pièce. (En aparté).
   
   On va déambuler dans les coulisses du petit écran et rencontrer toute une faune déjà contaminée par ce miroir aux alouettes. Si Clark sait manier le micro, elle sait aussi tenir un stylo. Le style, car style il y a, si, si, est d’une limpidité enfantine. Constants retours à la ligne, quasiment à chaque phrase; paragraphes ne dépassant pas les deux pages même si il n’y a pas de chapitre à vraiment parler. Cette écriture aérée est toute télévisuelle. Clark écrit comme on filme, avec un montage serré et de larges plans séquence qui montrent des instantanés de chaque personnage (une vraie réussite). Une écriture visuelle. Une bouffée d’air. On pourra lui reprocher un manque de profondeur, de charpente, de construction, mais c’est un roman sur l’univers de la télé, pas une étude de mœurs au XIXème siècle. Je terminerai par cette citation empruntée à Truffaut qui résume à elle seule tout le propos du livre : aimer est un plaisir… et une souffrance.

critique par Walter Hartright




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