Lecture / Ecriture
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Les derniers jours de nos pères de Joël Dicker

Joël Dicker
  La vérité sur l’affaire Harry Quebert
  Le livre des Baltimore
  Les derniers jours de nos pères
  La disparition de Stéphanie Mailer
  Ados: Le tigre

Joël Dicker est un écrivain suisse romand né en 1985.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les derniers jours de nos pères - Joël Dicker

Ces derniers jours ne valent pas Harry Quebert
Note :

   "Les derniers jours de nos pères", paru en 2010 est en fait le premier roman écrit par Joël Dicker, avant "La vérité sur l’affaire Harry Quebert" qui l’a propulsé sur le devant de la scène littéraire grâce aux nombreux Prix obtenus, dont "le Grand Prix du roman de l’Académie française".
   
   Un premier roman et une moins belle réalisation aussi. Autant "La vérité sur l’affaire Harry Quebert" pouvait étourdir par la virtuosité de sa conception et les imbrications complexes dans le temps du récit, autant "Les derniers jours de nos pères" est linéaire, et presque davantage une œuvre sur la Résistance , romancée mais dont on sent les travaux de recherche et de documentation qui ont été effectués en amont pour coller à la vérité historique.
   Du coup l’aspect roman, histoire racontée, passe au second plan, derrière la visible véracité historique recherchée.
   
   Plus que de la Résistance proprement dite c’est d’une branche de celle-ci dont il est question ; le "so british" S.O.E. (Special Operations Executive), unité de renseignement formée en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale pour recruter puis former des nationaux des pays occupés par l’Allemagne nazie afin d’aller faire du renseignement sur place et servir de liaison avec la Résistance locale. C’est bien du S.O.E. dont il est question, et notamment de sa branche France, ou francophone.
   
   C’est dans ce cadre que le Parisien Paul-Emile, alias Pal, est recruté, ainsi que nombre de compatriotes ou tout au moins de francophones. Joël Dicker nous décrit le "parcours du combattant" (littéralement pour le coup !) qu’ils doivent subir, surmonter, pour mériter le titre d’agents et être envoyé sur le terrain, en France.
   
   Alors bien sûr, il y a une partie romancée, de fortes histoires d’amitié, d’amour filial, d’amours tout court, mais pourquoi cela m’a-t-il semblé passer à l’arrière-plan, derrière une sorte de travail de recherches sur le S.O.E. ? Je n’y ai pas reconnu le voltigeur brillant de "La vérité sur l’affaire Harry Quebert". Hélas. Même si la lecture de "Les derniers jours de nos pères" reste agréable. C’est juste qu’après Harry Quebert…
   
   "Que tous les pères du monde, sur le point de nous quitter, sachent combien sans eux notre péril sera grand.
   Ils nous ont appris à marcher, nous ne marcherons plus.
   Ils nous ont appris à parler, nous ne parlerons plus.
   Ils nous ont appris à vivre, nous ne vivrons plus.
   Ils nous ont appris à devenir des Hommes, nous ne serons même plus des Hommes. Nous ne serons plus rien."

    ↓

critique par Tistou




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Pour que les hommes restent des hommes
Note :

   Ce roman est le premier de Joël Dicker. Comme je fais la plupart du temps les choses dans le désordre, parfois à l'envers, j'avais déjà lu les deux autres avant de me plonger dans celui-ci.
   
   A priori, rien de commun avec le pseudo polar la vérité sur Harry Québert, qui m'avait enthousiasmé au plus haut point, ni avec cette saga un brin désaxée des Baltimore.
   
   Il est ici question de la seconde guerre mondiale et des service secrets britanniques.
   Vous allez me dire : un énième bouquin sur l'occupation et la guerre psychologique. Soit. Mais ce n'est que le décor. Là où Dicker fait mouche, c'est dans les rapports humains. Et, très vite, on se rend compte que ce premier roman, en apparence si différent sur son fond, ressemble vraiment aux deux autres.
   
   Je peux concevoir que les cent premières pages, l'instruction et la formation de jeunes recrues d'origine française (quant à parachuter des agents sur le sol français, autant que ceux-ci connaissent un peu les lieux, la langue, pour mieux s'y fondre) soient un peu rébarbatives. On a même droit à une réplique des jeux débilitants diffusés sur les grandes chaines de télé : sur une quinzaine de prétendants, à peine la moitié réussira le parcours du combattant.
   
   C'est ensuite que ça devient passionnant. Au fur et à mesure des missions, les liens noués lors de la formation se resserrent, le facteur humain est au centre de l'histoire. Cette histoire qui est notre passé, celle de nos pères.
   
   Le père, justement.
   Resté seul à Paris et croyant son fils banquier à Genève.
   Ce père qui est le pivot central du livre auquel tout le drame va se jouer.
   
   L'écriture de Dicker est pragmatique, efficace. N'y allez pas chercher des envolées hautement littéraires. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas pensé non plus. La prose coule, efficace, mais totalement maitrisée.
   
   L'intérêt est ailleurs. Jusqu'à nous faire battre le cœur un peu plus vite, un peu plus fort, lorsque le dénouement semble inéluctable (ah cette impression de savoir qu'on parvient à la fin de l'histoire en sentant sous nos doigts le peu de pages qui restent - souvent je les feuillette d'un doigt distrait tout en lisant, elles me révèlent l'échéance avant la lettre).
   
   Dans une guerre, il n'y a jamais de gagnant. L'homme qui tue n'est plus un homme.
   Dans des conditions extrêmes, que choisiriez vous? La vie de l'amour de votre vie ou celle de votre père?
   La réponse est peut-être dans les cartes postales de Genève.

critique par Walter Hartright




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