Lecture / Ecriture
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Toute la beauté du monde de Marc Esposito

Marc Esposito
  Toute la beauté du monde

Toute la beauté du monde - Marc Esposito

Il n’y a qu’un grand amour qui soit mieux que la solitude
Note :

   Si on ne s’intéresse pas beaucoup au cinéma il y a fort à parier que le nom de Marc Esposito évoque davantage un danseur de tango, un gringo propriétaire d’une hacienda espagnole ou encore un tueur à gages pour le compte des trafiquants d’opium. Rien de tout ça.
   
   Directeur du fameux magazine Première dans les années 80, il fonde le prestigieux mensuel Studio en 1987, papier glacé, belles photos, articles sobres et documentés, interviews prestigieuses. La haute couture en matière de revue cinématographique. Ca ne dure pas. Dix ans plus tard, on a en mains un magazine lambda qui parle de cinéma… mais qui a encore envie de lire du cinéma alors que les longs métrages ont perdu toute magie. S’ensuit une association avec un autre périodique et la déliquescence finale, propre à toute aventure, y compris les histoires d’amour.
   
   Toute la beauté du monde se résume à l’ile de Bali à tel point qu’on pourrait penser que le roman a été sponsorisé par le ministère du tourisme de l’ile. Le décor sera le troisième personnage du roman. Les deux principaux sont un homme à la petite quarantaine, qui n’attend plus rien de la vie que son métier de commercial dans les métiers du bois : sa famille gère une forêt indonésienne et lui la vend dans le monde entier. Le cowboy des temps modernes : pas d’attache, toujours entre deux avions, et une belle bande de potes (pour comprendre le profil et l’ambiance Esposito, je vous invite à visionner sa trilogie « le cœur des hommes » qui symbolise parfaitement le propos : blagues entre potes, insouciance apparente, bonnes bouffes, mais toujours ce lien indestructible qu’on appelle l’amitié). On imagine facilement une vie amoureuse faite de rencontres d’un soir, parfois quelques mois, guère plus. L’amitié, je vous dis! Et puis un jour, bling!, ça lui tombe dessus, comme à nous tous un jour ou l’autre. Il ne voit plus qu’elle. Elle, Tina, fraichement veuve avec deux adolescents en guise d’héritage prématuré. Pour avoir une idée du look de l’apparition, imaginez Julia Roberts (à qui Esposito voue un véritable culte - pour le film qu’il s’est permis d’adapter, il a choisi Zoé Félix, cherchez l’erreur).
   
   On a bien compris que ça ne va pas être facile pour Frank. Alors, il va jouer les bons copains au risque de finir par s’enfermer dans cette voie de garage sans issue possible et se transformer en guide pour faire découvrir son ile à celle qu’il aime. Mais pas facile de jouer les copains de régiment quand on a le cœur qui bat la chamade. Il devra se dévoiler.
   
   L’issue du roman, de l’histoire d’amour, n’est jamais sûre. Parviendra-t-il à rallumer la petite flamme dans le cœur de la belle Tina? Certains y trouverons un côté roman à l’eau de rose moderne, d’autres une platitude de situations seulement relevées par de superbes couchers de soleil. Moi, je suis client. Et, même à la seconde relecture, je me suis laissé emporter par cette magie orientale, ces parfums venus du levant et toute une batterie de pétards, champignons hallucinogènes, voire de séances d’opium. Le tout accompagné, une fois n’est pas coutume, par une bande-son du cru : Ikko & Dumbang. Renseignements pris, il existait bien un duo sévissant dans les années 90 en Indonésie mais Esposito a légèrement modifié l’orthographe de Ikko & Doel Sumbang. Après tout, un auteur a tous les droits, sauf celui d’ennuyer ses lecteurs.

critique par Walter Hartright




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