Lecture / Ecriture
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Le convalescent de Jessica Anthony

Jessica Anthony
  Le convalescent

Le convalescent - Jessica Anthony

Brillant
Note :

    "Il faut voir les choses en face : la plupart des Virginiens ne cherchent pas à interagir socialement avec des petits bonhommes poilus qui ne parlent pas, arborent une barbe hirsute et poisseuse et un pull Dysneyland." (rose et sale, le pull)
   

   Rovar Akos Pfliegman, au moins, ne se fait aucune illusion sur ses possibilités d'intégration... Sa famille (toute décédée à l'heure qu'il est) est d'origine hongroise, et il vit au milieu d'un champ, dans un ancien bus scolaire pourri et délabré, vendant de la viande à des prix défiant toute concurrence (on saura pourquoi). Ses seuls 'amis' : Marjorie, un brin d'herbe, et Madame Kipfer, une blatte.
    La rencontre avec le Docteur Monica, pédiatre proposant de soigner ses maux, va changer sa vie.
   
   "Je suis le dernier descendant d'une des lignées les plus misérables de toute l'histoire de l'humanité."
   

   Mille cent onze ans plus tôt, en Europe centrale, les Hongrois commencent à faire parler d'eux, et à leurs franges, une onzième tribu, celle des Pliegman. Sales, repoussants, muets et bouchers (tiens tiens). Histoire contée façon mythes et légendes.
   
    Après une ouverture intrigante (les deux premières pages sont extraordinaires et réussies), alternent plus ou moins les deux époques, celle au tournant du premier millénaire ayant failli me faire décrocher page 50, mais j'aurais eu tort, puisque qu'ensuite j'ai dévoré le tout!
   
    Complètement décalé et invraisemblable, mais passionnant. Là dedans se trouve la fascinante aventure des Pfliegman, avec le dernier millénaire couvert en quatre pages prodigieuses (318320), des Subdivisionnistes, une secrétaire médicale peu amène, un accident de voiture, un supermarché, tout un monde foisonnant dans l'Amérique actuelle. Drôle et triste à la fois. Jusqu'à la fin inattendue et terriblement belle, finalement. Faut que je lise Kafka, maintenant.
   
    A la fin, j'ai pu réaliser comment l'auteur a construit son roman (l'accident de voiture, par exemple), distillant aussi les petits détails entre les parties (page 289, mille ans plus tôt, Szeretlek trouve une longue herbe, une blatte et une chenille, et j'en passe...)
   
   Un brillant premier roman, comme savent nous en offrir les auteurs d'outre Atlantique (oui, en France aussi, je sais!)

critique par Keisha




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