Lecture / Ecriture
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Pnine de Vladimir Nabokov

Vladimir Nabokov
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AUTEUR DES MOIS D’AVRIL & MAI 2007

Vladimir Nabokov disait avec autant de véracité que de sens de la formule : « Je suis un écrivain américain, né en Russie et formé en Angleterre où j’ai étudié la littérature française avant de passer quinze années en Allemagne. »


Nous avons ainsi un rapide survol des migrations de cet auteur hors pair. Quand vous saurez qu’il est né à Saint Petersbourg le 23 Avril 1899 et qu’il faudrait compléter sa formule par les 18 dernières années de sa vie qu’il passa en Suisse où il mourut le 2 juillet 1977 ce survol sera complété.

Nabokov, qui dans sa jeunesse avait donné des cours d’anglais, de tennis ou de boxe, fit carrière comme professeur aux Etats-Unis ou comme entomologiste (Responsable des collections du Museum of Comparative Zoology de l'Université Harvard.). Car autant que la littérature, les papillons étaient depuis toujours sa passion.

Objet de scandale grâce à Lolita, il fut surtout l’un des écrivains majeurs de 20ème siècle.


On trouvera sur ce site :
* la fiche de l’opuscule de Nina Berberova intitulé "Nabokov et sa Lolita", ainsi que celle de la biographie de Jean Blot.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


* Témoignage sur ce site dans la rubrique "Ecriture", sous le titre "Le Rubis"

Pnine - Vladimir Nabokov

Agacée !
Note :

   J’ai commencé ma découverte de Vladimir Nabokov avec ce livre. Après quelque temps d’adaptation au style et au ton de l’auteur, j’ai eu comme la sensation de ne pas avoir choisi l’ouvrage le plus représentatif de son œuvre pour démarrer (tout au moins d’après de ce que j’en avais lu et entendu).
   
   Pour le cas, le personnage de Pnine m’est très vite apparu comme un balourd qui cumule les étourderies, un personnage grotesque qui frise l’exaspération, un bouffon qui se ridiculise à tout va, un nigaud quoi ! De plus, il est affublé d’un physique loin d’être attirant. Bref, un personnage pas vraiment attachant qui a tôt fait de m’agacer.
   
   Ce qui m’a charmée, par contre, c’est avant tout l’écriture puissante et assez singulière de l’auteur en matière d’humour. Une vraie découverte pour moi ! Des phrases au vocabulaire pointu qui, sous des apparences complexes par leur longueur, s’avèrent d’une réelle limpidité. Alors, me suis-je demandé si ce style singulier correspondait au reste de l’œuvre de Nabokov. J’ai donc très tôt décidé d’ajourner cette lecture, tout au moins le temps de lire un autre livre de l’auteur (en l’occurrence le très célèbre « Lolita »).
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   Reprise de cette lecture après avoir lu le livre « Lolita » où je me suis me rendue compte assez rapidement que le style découvert dans « Pnine », que je ne pensais pas forcément caractéristique de l’auteur, était bel et bien le sien.
   
   Alors revenons à Pnine qui, avec son état d’esprit proche du benêt, a bien des difficultés à s’intégrer pleinement et faire corps sereinement avec ses fonctions de professeur d’université au milieu de l’univers bouillonnant de ses étudiants.
   Certes, je reconnais que la narration est tout en ironie, en drôlerie, accentuée par des tournures de phrases relevées d’un humour malicieux. Mais voilà, le personnage de Pnine n’a pas réussi à m’intéresser durablement même s’il se révèle bien plus subtil qu’il n’y paraît au cours du livre renversant même certaines situations.
   
   Ses souvenirs d’enfance lui confèrent assurément un côté attendrissant et son érudition en littérature russe ne fait aucun doute mais son inadaptation prononcée aux us américains devient pour le moins lourde à bien des moments.
   Même si l’auteur joue de quelques sarcasmes implicites concernant la société américaine, ce livre a davantage l’allure d’une distraction qu’il se serait offerte dans son parcours littéraire.
   
   Force est de constater que Vladimir Nabokov avait assurément le sens de la formule, élégante, nette et maîtrisait fort bien l’humour caustique et mordant. Pourtant, je ne garderai probablement pas de ce livre un souvenir impérissable.
   Son écriture est puissance et fort bien travaillée, là je n’en disconviens pas, alors je pense que ce sont les histoires que l’auteur développe auxquelles je n’adhère pas, en tout cas pour ces deux livres que je viens de lire. On y retrouve d’ailleurs quelques similitudes dans ces personnages brillants, cultivés et pourtant largement en marge de la société.
   Peut-être retenterai-je un autre ouvrage, mais alors plus tard…
   ↓

critique par Véro




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Un personnage de Gogol en Amérique
Note :

   N'ayant pas retrouvé "FEU PÂLE" dans ma bibliothèque, je jette mon dévolu sur ce petit roman de 200 pages, plein d'ironie et de tristesse à croire que Pnine, je veux dire Timofeï Pavlovitch Pnine s'est échappé des "Âmes mortes" où il aurait été un cousin de Tchitchikov. Et physiquement il est "idéalement chauve".
   
    Le roman tourne autour de Pnine, donc. C'est un Russe de l'âge de Nabokov qui a fui la Russie rouge, suivi les Russes blancs à Paris avec sa femme Lise-Liza-Elizaveta, une psychiatre qui le trompe avec un autre psychiatre, l'inconsistant Dr Wind qu'elle épouse. Liza et Pnine ont un garçon : comment l'appellent-ils ? Victor, ce qui ne traduit pas une nostalgie très évidente de la Russie ! Mais Liza attendra que ce fils ait quatorze ans pour l'expédier voir son père. D'ici là, le pauvre Victor se voit infliger tous les tests psychologiques d'où il ressort à la fois avec un QI de génie et un âge mental de débile : bref, c'est tout son père.
   
    Dans l'Amérique de Truman et d'Eisenhower Pnine tente d'enseigner la langue de Pouckhine à un groupuscule d'étudiants de l'Université Waindell, provinciale certes, mais de Nouvelle-Angleterre. Au milieu des professeurs sérieux et cancaniers il est celui dont on se moque : spécialité de Jack Cockerell pour animer les repas et les soirées. Le fait est que Pnine a le chic pour rater les trains, son mariage, ses recherches, son fils, sa vie. Tandis que Liza court après un troisième mari, il réussit à transférer chez lui 365 bouquins de la bibliothèque universitaire : trophées qu'il exhibe lors de la soirée avec vodka et buffet qui marque son triomphe et sa chute.
   
   La manière de Nabokov a de quoi surprendre et enchanter. Les maladresses anglophones de Pnine s'accompagnent d'une pittoresque invasion de "russismes". Surtout, la position du narrateur évolue ; le narrateur omniscient du début, petit à petit, se glisse dans la peau de l'auteur, et dans le chapitre final il feint de dévoiler à la première personne, dans une récit autobiographique, l'ensemble de ce que lui Nabokov savait de ce personnage comme si c'était un compatriote et à un an près son contemporain.

critique par Mapero




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