Lecture / Ecriture
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Nos Vies de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon
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  Nos Vies

Marie-Hélène Lafon est un écrivain français née en 1962. Professeur agrégée de Lettres Classiques, elle a choisi de continuer à enseigner, par goût et pour se maintenir indépendante du marketing de ses livres.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Nos Vies - Marie-Hélène Lafon

Une langue et un style
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
   Pour une reprise motivée, rien ne vaut un bon texte de déprime. Déprime haut de gamme certes mais tristesse du quotidien tout de même.
   
   Marie Helene Lafon dont j’avais beaucoup aimé le Joseph nous revient avec un texte parlant du quotidien dans la ville. "Nos vies" est le nouveau roman de Marie-Hélène Lafon. Il aurait pour sujet la ville et ses solitudes. Enfin c’est ce que prétend la quatrième de couverture. Mais cela pourrait être au Franprix d’un gros bourg.
   
   Une narratrice distanciée qui nous glisse à l’oreille des éléments de sa propre histoire imagine la vie de ceux qu’elle croise au moment de ses courses.
   
   "J’ai l’œil, je n’oublie à peu près rien, ce que j’ai oublié, je l’invente. J’ai toujours fait ça, comme ça, c’était mon rôle dans la famille, jusqu’à la mort de grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d’autre pour lui raconter, elle disait qu’avec moi elle voyait mieux qu’avant son attaque."

   
   Le Franprix de la rue du Rendez-Vous, à Paris. Une femme, que l’on devine solitaire, regarde et imagine. Gordana, la caissière. L’homme encore jeune qui s’obstine à venir chaque vendredi matin… Silencieusement elle dévide l’écheveau de ces vies ordinaires. Et remonte le fil de sa propre histoire.
   
   Comme toujours, une langue et un style. Même si quelqu’un m’a dit que cela faisait un peu trop "prof". "Ce que j’ai oublié je l’invente". On est bien là dans ce qui fait l’attrait d’un roman, la création, l’imagination et c’est beaucoup par les temps qui courent avec tous ces écrivains qui reprennent des faits divers pour nous les auto-biographier.
   
   Une fois happé, il est difficile de se séparer de cette musique de mots. Cela coule avec des tempos qui rappellent ceux de la musique. Doucement puis une légère accélération allant presque à l’emballement avant de retrouver le calme et le côté contemplatif. Je ne sais pourquoi, mais invariablement, la phrase qui me revient à propos de l’auteur c’est "ô temps suspend ton vol". Une impression d’immobilité de plain pied dans le quotidien tout en faisant appel sans arrêt à des images, des expressions du passé pour imaginer des avenirs à tous ses personnages.
   
   Je ne sais si je convaincrai quelqu’un avec cette lecture, mais si on aime les mots, des mots non prétentieux par l’emploi d’un vocabulaire courant mais choisi et surtout précis, ce livre court vaut d’être dans la Pal de votre rentrée.

critique par Le Mérydien




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