Lecture / Ecriture
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Underground Railroad de Colson Whitehead

Colson Whitehead
  Ballades pour John Henry
  Apex
  Underground Railroad

Auteur noir américain né en 1969 à New York et dont les romans évoquent généralement les problèmes raciaux.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Underground Railroad - Colson Whitehead

Une Histoire noire
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
   Prix Pulitzer.et National Book Award
   
   "Une plantation restait une plantation : on pouvait croire ses misères singulières, mais leur véritable horreur tenait à leur universalité."
   

   Nous sommes avant la Guerre de sécession, dans une plantation de coton de Géorgie. Cora, une esclave de seize ans, a réussi à survivre, malgré la fuite de sa mère, aux conditions de travail extrêmes et aux mauvais traitements infligés par son maître.
   
   Quand un autre esclave, Caesar, lui propose de s'enfuir avec lui et de rejoindre les États Libres du Nord, elle hésite, mais finit par accepter. Commence alors un périple tragique, semé d’embûches, de dénonciations, de violences où les fugitifs rencontreront aussi la solidarité des membres de l'Underground Railroad.
   
   Ce "chemin de fer clandestin" désignait, sous la forme métaphorique, le réseau de routes clandestines emprunté par les esclaves noirs américains en fuite, aidés en cela par des abolitionnistes.
   
   Colson Whitehead a choisi délibérément de prendre cette expression au pied de la lettre, conférant ainsi à son odyssée une dimension fantastique, s'intégrant parfaitement dans l'économie du roman.
   
    On a le cœur qui bat lorsque les esclaves sont pourchassés, on est soulevés d'indignation devant la violence qui frappe indifféremment les Noirs en fuite autant que les abolitionnistes blancs. Certains épisodes m'ont fait penser à Jean Valjean pourchassé par Javert, à Anne Frank enfermée dans son grenier, ce qui montre bien l'universalité du propos de Colson Whitehead et la manière dont ce texte peut résonner en chacun de nous, quelle que soit notre culture.
   
   L'auteur remet aussi en perspective la manière dont a été envisagée l'Histoire des Noirs et analyse les raisons du racisme aux États-Unis. L'actualité récente ne peut que souligner la nécessité d'un telle démarche.
   
   Un roman riche, tant du point de vue des émotions que par sa dimension historique.
   
   398 pages, piquetées de marque-pages.
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critique par Cathulu




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Un souffle puissant
Note :

    Dans son dernier roman aux critiques très élogieuses, Colson Whitehead, explore l'histoire de l'Amérique à travers son peuple aux origines multiples.
   
    Au 19ème siècle, dans une plantation de coton d'un état du Sud où elle est née, Cora une très jeune esclave, décide de s'échapper. La violence y est implacable et l'exploitation inhumaine des esclaves par les frères Randall la pousse à sauver sa vie pour rêver d'un avenir meilleur.
   
    Avec un autre esclave et aidés par des abolitionnistes blancs, ils vont utiliser le réseau mis en place à l'époque fait de routes, de chemins, de chaîne humaine pour fuir : "L'Ungerground Railroad".
   
    Réseau mythique et réel à la fois, sa métaphore nous plonge dans la terreur quotidienne d'une population asservie, battue, affamée, torturée,vendue dans une Amérique aux valeurs humaines oubliées.
   
    Un fouet dans une main et la bible dans l'autre, on marque au fer, on vend et brade dans un but de production intensive et de reproduction humaine.
   
    Les esclaves passent des mains de propriétaires impitoyables, à celles d'une population raciste pour finir traqués par des chasseurs d'esclaves brutaux, avides de récompense.
   
    C'est dans ce monde là, que Cora, la petite fille d'esclaves, courageuse et lumineuse nous emporte dans son échappée belle vers la liberté.
   
    L'auteur nous plonge dans l'histoire du mal et de la violence qui remontent loin sur ces terres du nouveau monde où les Indiens ont été massacrés.
   
    Le livre possède le souffle puissant du témoignage de l'histoire. Très bien renseigné, Whitehead n'a pas peur de livrer les descriptions des mouvements de haine et de violence à l'encontre des noirs.
   
    Le peuple blanc effrayé du nombre croissant de la population noire, s'abandonne légalement au déchaînement des tueries et de la haine.
   
    L'écriture fluide est précise et l'histoire permet de mettre au jour le tournant de l'histoire de l'esclavage en Amérique, un pays qui n'en a pas fini avec la ségrégation raciale.
   
    J'ai trouvé particulièrement émouvant et glaçant les avis de recherche d'esclaves en exergue de chaque chapitre. Ils rendent les personnages sublimes dans leur profondeur.
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critique par Marie de La page déchirée




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Subterranean rhapsody in blues
Note :

   Encensé par la presse française lors de la rentrée littéraire "Underground Railroad" est effectivement un bon livre. Pas tout à fait l’œuvre majeure comme le disent certains. Il faut dire que "Ballades pour John Henry" m'avait tellement sonné il y a quelques années que j'ai trouvé ce dernier roman un peu plus appliqué. Je crois que le sujet est un peu connu maintenant, du moins pour ceux qui suivent les parutions car on en a pas mal parlé et il se vend assez bien. Ce fameux Underground Railroad est en fait le réseau mis en place vers 1850 par les abolitionnistes américains pour faire évader les esclaves noirs des plantations du Sud. Point commun avec le working class hero John Henry, on finit par ne plus démêler le vrai du faux, la légende de la réalité. Alors imprimons la légende (John Ford mais vous savez tous ça).
   
    Cora est une jeune esclave en fuite qui traversera plusieurs états depuis la Georgie et connaitra des fortunes diverses tout au long de ce fameux réseau dont Colson Whitehead nous conte les détails de fonctionnement avec ses gares, ses chefs de train, ses tunnels, tout cela avec une belle imagination. Mais du ferroviaire l'organisation possède surtout la terminologie et c'est d'ailleurs assez fascinant. Quoi qu'il en soit "Underground Railroad" a le souffle d'une locomotive performante et les ramifications d'une carte secrète. Habilement construit tant sur le plan chronologique que géographique le périple de Cora s'avérera épique et dangereux, tributaire des mauvaises rencontres fréquentes et des bonnes volontés, plus rares. La haine et le mépris pouvant prendre différents visages, la crédulité aussi.
   
    Une expérience de ferme participative dans l'Indiana sera cruciale dans le destin de Cora. N'en disons pas trop, le voyage au cœur américain du XIXème Siècle, se lit comme un roman, un grand roman qu'il est, et qui explore en une parabole qui frôle le fantastique, voire plus, avec ce train fantôme surgissant de nowhere, la face sombre de la construction d'un empire presque galactique où le grandiose a souvent chevauché avec l'abject. Comme partout. Je crois savoir qu'une série devrait être tirée rapidement de ce chemin de fer clandestin, sous la houlette de Barry Jenkins (oscarisé pour Moonlight).
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critique par Eeguab




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Récits de l'esclavage
Note :

   Le roman de Colson Whitehead couronné par de nombreux prix a ceci de bon, à l’époque où le racisme et les haines ancrées se réveillent aux Etats-Unis, libérées par un président irresponsable, de rappeler ce qu’était l’esclavage. L’horreur vécue par ces africains prisonniers, survivant avec peine au fond des cales d’un négrier, puis, vendus, privés de liberté, traités comme du bétail, subissant des sévices, séparés de ceux qu’ils aiment, risquant leur vie s’ils apprenaient à lire, les femmes violées par les maîtres blancs et servant de reproductrices. Je pensais tout savoir sur l’esclavage des noirs pour avoir beaucoup lu à maintes reprises des œuvres parlant de ce commerce abject d’êtres humains mais Colson Whitehaed m’en apprend encore. Par exemple les expériences médicales menées sur des esclaves servant de cobayes et le programme d’eugénisme mis en place par des hôpitaux dans certains états comme la Caroline du Sud. Il a aussi le courage de décrire comment les esclaves noirs ainsi maltraités finissent par perdre leur humanité et par instaurer la loi du plus fort dans les plantations, et ainsi ajouter à la violence de l’esclavage, une autre sorte de domination tout aussi brutale. Non seulement Cora doit défendre son petit bout de terre au péril de sa vie mais elle est violée par des hommes esclaves comme elle.
   
   L’écrivain montre aussi le courage d’une minorité de blancs qui risque sa vie pour sauver les esclaves en les acheminant vers le Nord dans ce que l’on a appelé métaphoriquement le chemin de fer souterrain. Que Colson Whitehead matérialise le chemin de fer parce c’est l’image qu’il en avait enfant, n’apporte rien au roman, je trouve, même pas un peu de fantastique, car l’imaginaire ici cède le pas au réalisme. Le chemin ainsi concrétisée est seulement peu crédible.
   
   Le roman est bon et présente de nombreuses péripéties intéressantes. Le récit est bien raconté et documenté mais je dois dire qu’il n’a pas l’envergure et l’originalité, la voix unique de "Beloved" de Toni Morrisson qui reste pour moi un chef d'œuvre et que je vous conseille vivement de lire si ce n’est déjà fait.

critique par Claudialucia




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