Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Parmi les miens de Charlotte Pons

Charlotte Pons
  Parmi les miens

Parmi les miens - Charlotte Pons

C'est pas une vie
Note :

    Rentrée littéraire 2017
   
    Charlotte Pons dans son premier roman, "Parmi les miens", donne la parole à Manon une jeune femme confrontée avec sa sœur Adèle, son frère Gabriel et leur père, à leur mère victime d'un très grave accident de la route.
   
    Autour de leur mère et épouse à l'hôpital, ils écoutent le médecin leur annoncer la situation : coma, état de mort cérébrale.
   
   Manon s'empare de l'histoire. Pour elle, il est impensable de laisser leur mère comme ça, elle préfère qu'elle meure là, maintenant, et elle le dit. La famille réagit violemment et met en place les visites, puis commence l'attente.
   
    A travers un drame familial, l'auteur réussit créer une tension psychologique très forte.
   
   Manon est très perturbée, elle laisse son mari et son petit garçon pour s'installer auprès de sa mère dans la maison familiale.
   
    Les personnages sont attachants, chacun retrouvant le chemin de la famille pour vivre l'ultime étape tout en voulant conserver l'espoir.
   
    Nous assistons à l'évocation des souvenirs d'enfance, de jeunesse. La famille aujourd'hui éclatée et éloignée se recompose au gré de la mémoire.
   
    Les enfants n'ont pas tous eu le même rapports avec leurs parents, leur mère. L’introspection se fait douloureuse.
   
    Il est bien sûr question de secrets et les secrets de famille sont toujours douloureux. Que cachait cette mère finalement, pourquoi cette route le jour de l'accident.
   
    En dehors de la question de l'euthanasie qui traverse le roman d'une façon essentielle par son côté légal et moral, le thème de l'enfance reste puissant.
   
    C'est un très beau roman dont la fin inattendue donne force et originalité à l'histoire de cette famille.
   
    Beaucoup de mélancolie aussi devant la fuite du temps, les souvenirs nous touchent.
   
    L'auteur n'a pas situé la ville, juste une montagne, un lac et le casino de la ville... comme pour rendre l'histoire plus vraie encore. Le lecteur imagine... c'est bien.
   
    Un premier roman très réussi à l'écriture précise sans tomber dans le mélodrame.
   
    A lire bien sûr.
   ↓

critique par Marie de La page déchirée




* * *



Pas gaies, gaies !
Note :

   Manon, trentenaire un peu paumée et maman débutante, apprend l'accident de voiture de sa mère en état végétatif. Plus décidée que les siens du sort de cette dernière, l'héroïne va quêter l'affection du clan en même temps qu'enquêter sur le passé maternel.
   
   "Parmi les miens" est un joli roman, frais, sans fioritures, sans concession, qui ne se soucie pas des convenances. Il y a une belle énergie et la rage de vivre. L'euthanasie est abordée de manière frontale tout comme les réflexions et choix des survivants. La fin est magnifique et rappelle "En attendant Bojangles" d'Olivier Bourdeaut.
   
    Une lecture sombre mais assez vivifiante... Si, si c'est possible !
    ↓

critique par Philisine Cave




* * *



Toute la complexité du lien parent-enfant
Note :

   Charlotte Pons nous renvoie à ce qui est le plus déchirant pour grand nombre d’humains : la perte de ses parents. La déchéance, l’euthanasie, les ressentiments, tout y est évoqué.
   
   Manon est jeune maman, ainée des trois enfants. Quand on lui annonce que sa mère a eu un accident de voiture et qu’elle est dans le coma, elle abandonne mari et enfant pour retrouver sa sœur, son frère ainsi que son père.
   
   Leur mère est maintenue est en vie mais dans un état qu’elle ne quittera sûrement jamais. Les entend-elle ? Les perçoit-elle ? Pour les médecins, il faut patienter. Manon ne comprend pas cet acharnement. Elle ne sera plus la mère qu’elle a connue alors pourquoi attendre ? Elle n’a qu’à mourir.
   
   Adèle sa petite sœur et Gabriel le frère bourré de médicaments, sont offusqués. Elle pense déjà à la mort de leur mère !!! Une sœur sans cœur décidément.
   
   Manon reste près de son père qui reste dans un mutisme absolu.
   
   Manon qui se débat contre le rejet de son enfant. Aucune sensation d’être mère. Elle voudrait mais n’y arrive pas.
   
   Et puis que savent-ils, les enfants, du passé de ce corps qui reste cloué au lit, qui ne parle plus, qui
   reste dans son état végétatif ?
   
   Très peu car de la jeunesse de leurs parents, les enfants n’en connaissent que des bribes.
   
   La fratrie sait que leur mère était suédoise. Langue que leur mère ne leur a jamais apprise. Elle a repris ses études d’anthropologue après la naissance de ses trois enfants, souffrant souvent de mélancolie. Une mère dépressive dont Manon s’est toujours sentie dépossédée.
   
   Elle se souvient de cette grand-mère suédoise qui est apparue un jour à la porte de leur maison. Maison d’enfance que les parents ont revendue pour venir se loger dans un horrible pavillon sans âme.
   
   Elle n’oubliera jamais le jour, où Peter, pris d’un accès de folie a voulu la jeter par la fenêtre pour la tuer. C’est sa mère qui l’a sauvée.
   
   Mais malgré cela, leur mère reste un mystère. Adèle la benjamine semble à Manon celle qui lui fait le plus de reproches d’être là.
   
   Les jours passent. Le corps maternel se dégrade et l’hôpital lui signifie son congé. A la famille de la prendre en charge.
   
   Manon n'arrive toujours pas à devenir mère à son tour.
   
   Un premier roman qui m’a beaucoup touchée car il pointe ce qu’il y a de plus profond en nous : le lien qui nous rattache toujours et encore à notre enfance que sont nos parents. Ce lien qui se déchire au moment de leur décès, comment l’accepter ? Ce lien que les enfants doivent parfois couper malgré leur volonté en décidant de donner la mort.
   
   Le personnage de Manon en résume toute la complexité.

critique par Winnie




* * *