Lecture / Ecriture
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Marcher sur la rivière de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Marcher sur la rivière - Hubert Mingarelli

La rivière, pas les flots !
Note :

   Dernier opus en date d’Hubert Mingarelli, sorti en mars 2007. Un roman plutôt plus long que ses oeuvres précédentes et qui s’en démarque également du fait que le nombre de personnages ayant partie liée à l’intrigue est supérieur à 3 (plutôt 7_8 là), et que le récit s’étend sur un laps de temps plutôt plus long (évolution déja visible dans « Le voyage d’Eladio »).
   
   Parmi les constantes Mingareliennes, la psychologie passée au microscope, une relation fils-père problématique, une écriture faite de phrases courtes, mais sans sécheresse, dépouillée, vers l’essentiel.
    « Les collines existaient bien, mais pas la rivière. Je veux dire une rivière avec de l’eau, des berges, et tout ce qu’on s’attend à voir autour. Mais il paraît qu’elle avait existé. Je ne savais pas si c’était vrai, j’avais perdu mon opinion. Son existence, on la tenait de gens qui étaient morts maintenant depuis longtemps. Peut-être qu’ils avaient menti. C’était tellement sec là-bas qu’il fallait avoir une grande confiance pour le croire. Il n’y avait pas de différence entre la couleur des collines et ce qui aurait dû être le lit de la rivière. … »
   
   Et où me direz-vous les rivières peuvent-elles bien se comporter ainsi ? Ce n’est pas dit formellement dans le livre mais comme Absalon a le dessein de se rendre à Port Elisabeth, on peut en déduire qu’on est en Afrique du Sud.
   
   Absalon vit seul avec son père. Sa mère est morte et le traumatisme, aussi bien côté mari que côté fils, est l’objet d’une belle description. Absalon a peu d’amis ; Emmeth, le pompiste, et Rosanna, qui pourrait être son amie et qui n’est que … son amie (la langue française serait-elle pauvre ?). Il a décidé de partir. Hubert Mingarelli se révèle particulièrement doué à ce jeu du « je vous explique pourquoi je veux-dois partir même si je ne le sais pas moi-même », (au microscope, on vous l’a dit !).
   Il part et rencontre tout de suite Georges Msimangu. Un personnage qui restera bizarre, qui a mis sur cale son camion, dans le lit de la rivière, et qui recrute Absalon pour lui assurer la manutention des denrées et marchandises dont il a besoin, un coursier en quelque sorte.
   
   Absalon parti revient donc aussi vite, auprès d’Emmeth, de Rosanna, de son père et on va suivre l’évolution du personnage jusqu’au départ final, en bus, vers Port Elisabeth.
    « Je me suis allongé sur les sièges à l’arrière. Le bus filait maintenant dans la nuit et je ne sais pas ce que je pourrais dire de plus. »
   
   C’est donc l’évolution des humeurs d’Absalon qu’il nous est proposé de suivre et ça, c’est très Mingarellien. On pourrait trouver une filiation entre Absalon et le héros de « Une rivière verte et silencieuse », avis personnel. C’était déjà un fils qui se retrouvait seul avec son père et, chez Mingarelli, les relations fils-père sont tout sauf simples et naturelles.
   
   Un roman, au naturel, où les relations entre les hommes sont disséquées, « cohésionnées », dans un monde qui est tout sauf le paradis.

critique par Tistou




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