Lecture / Ecriture
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Nat Tate de William Boyd

William Boyd
  Le destin de Nathalie X
  La femme sur la plage avec un chien
  Un Anglais sous les tropiques
  A livre ouvert
  La vie aux aguets
  Armadillo
  L'après-midi bleu
  Orages ordinaires
  Solo
  L'Attente de l'Aube
  Les vies multiples d'Amory Clay
  Brazzaville plage
  Nat Tate

William Andrew Murray Boyd est un écrivain britannique né en 1952 au Ghana.

Nat Tate - William Boyd

On passe
Note :

   Disons-le tout de suite, j'ai été bien déçue par ce Nat Tate (comme National Gallery et Tate Museum, par exemple).
   
   L'idée était que William Boyd (dont j'aime bien les livres par ailleurs) avait usé de son imagination fertile et de sa capacité à bâtir un monde fictif crédible, pour donner réalité à un peintre moderne de New-York, Nat Tate, qui aurait créé et exposé dans les années 50. La quatrième de couverture annonçait que Boyd, "avec la complicité de Gore Vidal, David Bowie et d'autres, a concocté une histoire..." et c'est là qu'a commencé le malentendu.
   
   Je ne sais pas vous, mais moi, lisant la phrase précédente, j'avais supposé que nous rencontrerions les deux personnalités citées au fil des pages de cet opuscule où nous les verrions avec l'auteur ou les écouterions à son sujet, et cela a contribué à me le faire acheter puis lire. Les dates étant ce qu'elles sont, j'imaginais que Vidal avait pu le rencontrer et nous livrerait quelques anecdotes sans aucun doute cocasses, et que Bowie avait pu acheter ou admirer les "chefs-d’œuvre" ou autre aventure le mettant en scène dans ce contexte. Je vous le dis tout de suite, il n'en est rien. Nous n'entendrons pas parler des deux co-vedettes de tout le livre. J'ignore s'ils sont cités parce qu'au cours de discussions ou bavardages etc. ils ont fourni quoi que ce soit que Boyd a utilisé, mais en tout cas, on ne les voit pas apparaitre, ils ne sont pas mis en scène ici. J'ai peut-être tort, mais il n’empêche que je me suis sentie (un peu) roulée.
   
   Reste l'invention un peu facile d'un peintre non représentatif, le récit de sa courte vie, avec production de quelques photos jaunies et de quelques artefacts douteux... Le poète Hart Crane est évoqué à plusieurs reprises (ressemblances évidente des morts) ainsi que d'autres célébrités (Braque, Picasso etc.) mais le seul témoin de sa vie qui rapporte plusieurs scènes est Logan Mountstuart, lui-même personnage fictif de William Boyd...
   
   Pour tout arranger, je pense qu'il aurait été jubilatoire pour Boyd et ses complices que quelques commentateurs se laissent piéger et croient sans vergogne à l'existence de l'artiste (comme B. Henri-Levy nous en a fait la joie en France avec Jean-Baptiste Botul). Ce n'est pas arrivé non plus, la supercherie ayant été éventée dès le début n'a pas eu le temps de piéger qui que ce soit. La farce a fait long feu, comme on disait autrefois, un flop, comme on dit maintenant. Reste un exercice assez plat, à l’intérêt incertain. Qu'on n'ait pas ri, c'est une chose, mais l'expérience n'était pas non plus très originale, le livre proposé au-dessous des promesses qui l'accompagnent et l'ensemble pas spécialement intéressant, à mes yeux du moins.

critique par Sibylline




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