Lecture / Ecriture
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Le Monde entier de François Bugeon

François Bugeon
  Le Monde entier

Le Monde entier - François Bugeon

Si émouvant !
Note :

   "La fille mangeait un quignon de pain, finalement."
   
   Lorsque Chevalier rentre ce jour-là de l'usine en Mobylette, il découvre une voiture accidentée au bord de la route. Il fait noir, trois personnes sont à l'intérieur. N'écoutant que son courage, il les sort une à une, deux femmes et un homme, avant que la voiture ne flambe. Dans l'aventure, il se fait très mal à l'épaule et au crâne, mais le célibataire endurci du village a la satisfaction du devoir accompli. Il est seulement un peu chagriné quand on lui raconte qu'il n'y avait qu'une femme sur les lieux de l'accident, et que sa Mobylette, sa veste et ses papiers ont disparu. Chevalier a bonne réputation dans le village, on le sait amoureux secrètement de l'infirmière Claudie, des rituels se sont instaurés entre lui et quelques amis, le voisinage. La découverte d'une jeune fille, noire et mutique, à l'endroit où a été retrouvée finalement sa Mobylette deux jours plus tard, son installation provisoire dans sa maison, vont pour autant fondamentalement changer sa vie... et attirer la curiosité du village.
   
   Voici un petit roman sans grands effets que j'ai beaucoup aimé. J'ai hésité à l'ajouter à ma liste des coups de cœur mais il s'en est fallu de peu, sans doute un peu trop de langueur ressentie avant le bouquet final. Cependant, "Le monde entier" est un très bon roman, délicatement écrit, qui aime ses personnages, une véritable bonne surprise de ce printemps. J'ai apprécié sa galerie de personnages, le fait que chacun sache avouer ses failles autour d'une bottes de haricots à équeuter, dans le silence d'une chambre d'hôpital, ou l'habitacle d'une voiture la nuit, que personne ne soit parfait dans cette histoire, mais un peu lâche, un peu fautif, un peu à côté. En fin d'ouvrage, le cœur est bouleversé, et l'esprit comprend qu'il faut sans cesse se méfier des apparences. Où avions nous donc la tête ? Un livre dont je conseille vivement la lecture, à tous les amoureux des taiseux, des âmes solitaires et des secondes chances.

critique par Antigone




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