Lecture / Ecriture
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J'ai renvoyé Marta de Nathalie Kuperman

Nathalie Kuperman
  J'ai renvoyé Marta
  Nous étions des êtres vivants
  Les raisons de mon crime

Nathalie Kuperman est une auteure française née en 1963.

J'ai renvoyé Marta - Nathalie Kuperman

Etrange…
Note :

   En apparence, la trame de ce livre n’a rien d’extraordinaire. Un couple parisien, tout ce qu’il y a de plus banal, une famille recomposée à l’allure bourgeoise engage une femme de ménage d’origine polonaise recommandée par une de leurs connaissances.
   
   L’histoire du roman se construit autour de cette inconnue qui va pénétrer d’assez près l’intimité de la famille. Ce n’est pourtant pas Marta, la femme de ménage, qui est au centre de la narration, mais Sandra, son employeur.
   
   Un certain trouble commence à s’installer dès que le lecteur découvre que Marta est le prénom de la grand-mère et aussi de la fille de Sandra. Assez vite, les rapports que Sandra entretient vis-à-vis de la propreté et du rangement s’avèrent plutôt étranges, ambigus. La voilà qui veille à ce que tout soit propre et rangé quand Marta vient faire son travail car le fait qu’une inconnue s’introduise chez eux déchaîne nombre de tourments chez Sandra. Méfiance, soupçons, mises à l’épreuve, stratagèmes s’installent dans un climat d’angoisse tout à fait perceptible où les stigmates d’une forme de déséquilibre se réveillent.
   
   Parallèlement les réminiscences de la narratrice font resurgir une névrose lancinante qui remonte à son enfance. Ces éclats de mémoire parsèment la narration et permettent ainsi de côtoyer les origines douloureuses de son déséquilibre aux côtés d’une mère atteinte d’une certaine aliénation.
   
   C’est un livre étrange mais néanmoins assez plaisant, qui cache une amertume pour le moins ambiguë derrière une situation tout à fait ordinaire traitée sur le ton de la légèreté.
   
   J’ai fermé ce livre avec des sensations plutôt bizarres, un sentiment d’étrangeté acide.
    ↓

critique par Véro




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Situation déstabilisante
Note :

   Sandra vient d’embaucher une femme de ménage, Marta, qui porte le même nom que sa grand-mère, et qui est d’origine polonaise aussi. Sa grand-mère l’a élevée après quelques années désastreuses passées auprès de sa mère alcoolique et atteinte de psychose. Marta, c’est aussi l’enfant de Sandra, sa petite fille de 14 mois. Dans cette histoire, il y a aussi son mari, plus les deux fils de celui-ci, qui vivent avec eux en garde alternée.
   
   On ne sait si Marta est ou non bonne ménagère. Apparemment correcte et gentille, elle trouble énormément son employeuse. Toutes sortes d’idées délirantes lui viennent. Faire le ménage avant que Marta n’arrive, pour que celle-ci n’ait pas l’occasion de juger une maison négligée! Mettre des objets dans des endroits spéciaux pour voir si Marta ne va pas les voler. Inspecter jalousement tous les endroits où elle est censée nettoyer. Et bien d’autres choses qui donnent des épisodes parfois drôles, parfois absurdes, sinon inquiétants. Rapport à son enfance traumatisante que Marta a fait remonter, Sandra déraisonne.
   
   Monologue, comme dans son dernier roman (les raisons de mon crime), monologue de la narratrice ; mais pas ce genre de monologue pénible où l’on se sent enfermé dans l’univers étriqué de l’autre. A travers les pensées de Sandra, les faits et gestes qu’elle relate, et les scènes familiales, nous connaissons les autres qui vivent autour d’elle, et avons l’impression de les accompagner.
   
   Nous connaissons l’univers de Sandra mais devinons les autres points de vue. Un monologue "ouvert". Une fin ouverte aussi.
   
   Un bon livre. Sans que l’auteur cède le moins du monde au compassionnel, les personnages nous sont tous sympathiques.

critique par Jehanne




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