Lecture / Ecriture
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2011 ou L’inondation de Gérard Delteil

Gérard Delteil
  Chili incarné
  2011 ou L’inondation

2011 ou L’inondation - Gérard Delteil

Plus de jus !
Note :

   Depuis plusieurs jours des trombes d’eau se déversent Paris et la région Ile de France. Un déluge inquiétant, car les inondations se précisent et la population commence à s’inquiéter.
   
   Les services techniques, les services de prévention des crues, la préfecture de région, l’EDF, la RATP, sont débordés, malgré les plans de prévention mis en place. Dans cet affolement général, certains se frottent les mains, n’hésitant pas à mouiller la chemise.
   
   Ainsi Charles Raquet, truand notoire, envisage de dévaliser une célèbre bijouterie de la place Vendôme. L’idée est simple : il suffit de plonger dans la place inondée, de s’introduire et de rafler bijoux et joyaux. Aucun risque du côté des alarmes qui privées d’électricité seront inopérantes.
   
   La Secte du Temple de la Science Mentale, créée par l’idéologue Norbert Bradduh (cela ne vous rappelle rien ?) supervisée pour la capitale par Brignac, un petit homme falot, entend bien elle aussi tirer profit de cette catastrophe immanente. D’ailleurs Sarah Brandt, l’une des exaltées de la secte, enfonce le clou en citant un passage des écrits de Bradduh : “Le jour où les quatre fleuves entreront en crue, l’Apocalypse sera proche… ”.
   

   L’Oise, la Marne, et l’Yonne ne sont que des fleuves mais il existe toujours une part d’approximation dans les prédictions. Mais sait-elle Sarah qu’elle est manipulée par un homme résidant en Suisse ? Un homme qui envisage même, afin de parvenir à ses fins, de faire monter l’eau un peu plus si l’inondation ne suffit pas.
   
   Sarah Brandt suit à la lettre les consignes ainsi que d’autres membres de la secte. Ainsi quatre barrages en amont de Paris sont dynamités. Comme il n’y a pas de petits profits, des plaisantins avides subtilisent dans un entrepôt de la banlieue parisienne des parpaings et des matériaux de construction destinés à construire ou renforcer les digues. Alain Collard, responsable à Europe Télécom, est chargé par son patron d’en négocier le rachat, cinq fois au moins le prix de leur valeur.
   
   Et pas question de payer en liquide, l’argent doit être viré sur des comptes étrangers, dans des pays peu scrupuleux de connaître la provenance des fonds. Deux flics des R .G. enquêtent, l’un sur Sarah Brandt dénoncée comme dangereuse par Brignac, l’autre sur Collard, supposé être à l’origine du vol. Pendant ce temps la Protection civile tente d’aider les particuliers à survivre, à les aider à fuir leurs appartements menacés par les eaux, à réconforter et à soigner.
   
   Gérard Delteil, dans ce roman qui a été publié en 2005 sous le titre "2011", et dont le titre de cette présente réédition est nettement plus explicite, nous entraîne dans une fiction proche qui pourrait très bien survenir, dans un avenir indéfini mais inéluctable si rien n’est concrètement réalisé, si personne ne prend conscience des dangers, si rien n’est fait pour endiguer les risques.
   
   Nous sommes tous conscients que sans électricité, nous nous trouvons démunis dès la plus petite interférence des éléments naturels. Pour quoi que ce soit, nous sommes dépendants. Même si les usines, les hôpitaux, les immeubles, les administrations sont équipées de groupes électrogènes.
   
   Et Gérard Delteil montre du doigt tous les dysfonctionnements qui existent dans l’emplacement de ces groupes qui deviennent inopérants parce que placés par exemple au quatrième sous-sol des immeubles, à la merci des infiltrations par capillarité. Sans électricité, plus d’ascenseurs, plus de téléphones portables, à cause des batteries non rechargées, plus de radio, plus de télévision, plus de chauffage, même à fuel puisque l’allumage est électrique, et j’en passe.
   
   Le captage des eaux, le ramassage des ordures, pour ne citer qu’eux sont également perturbés, et la rue devient le domaine rêvé des rats. Et il ne faut pas oublier l’influence de l’idéologie négative des sectes. Un roman qui devrait être mis entre les mains de tous ceux qui à un échelon ou un autre détiennent les rênes de la société : hauts fonctionnaires, administrations, pouvoirs publics de plus en plus privés.

critique par Oncle Paul




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